Déclaration de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de l'écologie et du développement durable, sur l'organisation de la cinquième édition de l'opération "En ville, sans ma voiture !", Paris le 19 septembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de l'écologie et du développement durable, sur l'organisation de la cinquième édition de l'opération "En ville, sans ma voiture !", Paris le 19 septembre 2002.

Personnalité, fonction : BACHELOT NARQUIN Roselyne.

FRANCE. Ministre de l'écologie et du développement durable

Circonstances : Lancement de la 5ème journée internationale "En ville, sans ma voiture !", à Paris le 19 septembre 2002

ti : "Mesdames et Messieurs,


Je suis très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui pour vous présenter la cinquième édition de la journée " En ville, sans ma voiture ! ". Cette manifestation mobilise chaque année davantage de villes en France. A l'origine, en 1998, 34 villes françaises, grandes et moyennes, réparties sur tout le territoire national, s'étaient associées à cette initiative. 99 villes participeront à la journée du 22 septembre prochain, soit un tiers de plus que l'année précédente. De très grandes villes comme Bordeaux, Toulouse, Strasbourg se joignent à l'opération et je m'en réjouis car ces métropoles possèdent un grand savoir-faire en matière de mobilité urbaine.

Je tiens donc à remercier chaleureusement et à féliciter les élus et leurs équipes qui déploient beaucoup d'énergie pour organiser cet événement. Cela représente, j'en suis consciente, beaucoup de temps et de travail.

" En ville sans ma voiture " est une opération qui me tient particulièrement à c¿ur, aussi bien comme Ministre que comme élue de terrain. Elle offre l'occasion, en effet, de réfléchir sur la mobilité en ville et de tester de nouveaux modes de transports, mieux adaptés à la demande des habitants.

Cette dimension de " test grandeur nature " est primordiale. Cette journée doit être mise à profit pour expérimenter des modes de transport en commun innovants, de nouvelles pistes cyclables, un système de livraison de marchandises par véhicules électriques, etc...

L'objectif poursuivi est d'inscrire dans la durée les expérimentations qui se sont avérées être concluantes. J'attache une grande importance à cette notion, car elle suppose la concertation et l'adhésion du plus grand nombre.

Ainsi, " En ville sans ma voiture " s'articule autour de trois types d'actions visant à :

encourager l'usage des modes de transport et de déplacement alternatifs à la voiture individuelle en ville ;

sensibiliser et informer les citadins sur les enjeux de la mobilité durable et sur les risques liés à la pollution ;

montrer la ville sous un autre aspect, grâce notamment à un trafic motorisé réduit au sein des périmètres réservés.

Cette dernière dimension sera particulièrement appréciable cette année, puisque d'un commun accord avec Jean-Jacques AILLAGON, Ministre de la Culture et de la Communication, nous avons décidé de créer un lien avec les Journées du Patrimoine qui se dérouleront dans le même temps. Les promeneurs pourront ainsi profiter d'un environnement plus serein et agréable pour découvrir toutes les richesses patrimoniales de nos villes.

Par ailleurs, la période est propice pour évoquer le thème de la mobilité, puisque cette semaine se déroulent également la semaine des transports publics en France ainsi que la semaine européenne de la mobilité, cette dernière étant une extension de la journée " En ville, sans ma voiture ! ".

Je suis convaincue que cette opération répond à une forte demande de nos concitoyens, et cela explique son succès. Le soir du 22 septembre 2001, l'IFOP a réalisé une enquête pour le compte du ministère et de l'Ademe dans six villes françaises partenaires. 91% des personnes interrogées plébiscitent " En ville sans ma voiture ", 87% se sont déclarées d'accord pour limiter l'usage de la voiture afin d'améliorer la circulation en ville, tandis que 65% ont estimé qu'en ville, les transports en commun étaient préférables à la voiture. Le tiers des personnes interrogées, qui se servent habituellement de leur voiture, l'ont laissée au garage à l'occasion du 22 septembre pour utiliser un autre mode de transport.

Tous, nous sommes conscients - et nos partenaires, constructeurs automobiles au premier chef - que la croissance du trafic automobile et ses conséquences sur les pollutions, le bruit et l'insécurité imposent une réflexion. Le Comité Interministériel pour les Véhicules Propres, présidé par Philippe VESSERON, directeur de la Prévention des Pollutions et des Risques du ministère, est, à cet égard, un lieu d'échanges actif qui permet à tous les acteurs impliqués de mettre en place une stratégie visant à réduire la pollution et la consommation d'énergie.

Il ne s'agit pas de condamner l'usage de la voiture individuelle, mais de reconsidérer la place qui lui a été faite jusqu'à présent en milieu urbain. Tel est bien l'esprit de cette opération, qui comporte une dimension pédagogique forte. En effet, l'évolution progressive des modes de vie, dans un espace urbain de plus en plus éclaté et compartimenté, nous oblige à trouver de nouvelles solutions, notamment en termes de déplacement.

La ville est devenue un lieu de loisirs par excellence. Les citadins sont de moins en moins nombreux à aller chercher le week-end un " poumon vert " à 50 kilomètres ou plus de leur domicile ! Les villes se doivent donc d'être plus accueillantes pour tous, je pense particulièrement aux enfants et aux personnes à mobilité réduite.

La place de la voiture dans la ville pose également question dans de nombreux pays, ce qui explique que la journée du 22 septembre fasse davantage d'adeptes chaque année. Ainsi, dimanche prochain, plus de 1300 villes - 1321 exactement - dans 36 pays, nous rejoindront.

En majorité, ces pays sont dans l'Union Européenne. Mais la manifestation dépasse aujourd'hui ces frontières, puisque les pays d'Europe de l'Est ont réussi à mobiliser plus de 300 villes, et que l'intérêt s'étend au continent américain où 4 villes canadiennes s'impliqueront cette année, dont Montréal et Toronto.

Le 22 septembre prochain sera une occasion de changer le regard que chacun porte sur la ville. Ce dimanche doit être un moment fort de convivialité et d'échanges.

Pour ma part, je serai d'abord à Angers, puis à Bordeaux. Bordeaux organise en effet chaque mois une " journée sans ma voiture ", et nous y fêterons à cette occasion la cinquantième journée. Je vous donne rendez-vous le 22 septembre prochain, pour un dimanche pas comme les autres."

(Source http://www.environnement.gouv.fr, le 25 septembre 2002)

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