Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, en hommage aux sapeurs-pompiers et aux victimes des inondations du Sud de la France, au Sénat le 1er octobre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, en hommage aux sapeurs-pompiers et aux victimes des inondations du Sud de la France, au Sénat le 1er octobre 2002.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

Circonstances : Ouverture de la session ordinaire 2002-2003 du Sénat le 1er octobre 2002

ti : Madame la Ministre de l'Outre-mer,
Mes Chers Collègues,


J'ai le regret de vous faire part du décès de notre ancien collègue Louis VIRAPOULLÉ, qui est décédé le 14 septembre dernier dans des circonstances dramatiques.

Sénateur de La Réunion de 1974 à 1992, vice-président de la commission des Lois, il a été un parlementaire d'une grande générosité et un avocat brillant qui a défendu avec talent, force et conviction les droits des personnes et notamment le dossier de l'abolition de la peine de mort.

Nul n'oubliera également son vibrant plaidoyer devant le Sénat pour le maintien du statut départemental de La Réunion et des autres départements d'outre mer.

Au nom du Sénat tout entier, je voudrais dire notre émotion à tous les siens, et en particulier à son frère cadet, Jean-Paul VIRAPOULLÉ, sénateur de La Réunion, ainsi qu'à tous les membres du groupe de l'Union centriste.

Madame la Ministre, je vous remercie d'avoir tenu à être présente en cet instant.


Mes chers collègues,

Vous comprendrez que je ne puis ouvrir cette séance sans évoquer la catastrophe naturelle qui s'est abattue, les 8 et 9 septembre derniers, sur le Sud de la France.

Au nom du Sénat tout entier, je voudrais exprimer notre profonde sympathie aux populations des départements les plus durement touchés par les inondations : le Gard, l'Hérault et le Vaucluse.

Le cruel bilan de ce brusque déluge, aux effets dévastateurs et meurtriers, s'établit à 23 morts.

Nos premières pensées vont aux familles endeuillées. A ceux qui ont perdu l'un des leurs, le Sénat adresse ses plus vives condoléances. A ceux qui ont vu leur maison ou leur outil de travail dévastés, j'exprime notre sympathie, notre compassion et notre solidarité. Comment ne pas ressentir la terrible injustice de ces événements ? Brutalement, en quelques heures, des vies ont été bouleversées, des activités ruinées, des espoirs brisés. Pensons aux viticulteurs qui ont perdu le fruit du travail de toute une année !

Malgré la mobilisation et le dévouement des services d'urgence, nombre de nos concitoyens ont vécu des situations de grande détresse, souvent privés de moyens de communication, ayant le sentiment d'être abandonnés face au désastre.

Depuis la terrible tempête de décembre 1999 qui avait ravagé nos massifs forestiers, je crois nécessaire de réfléchir à l'amélioration de notre réponse à ce type de situations d'urgence.

A cet égard, je salue la mobilisation et la générosité des collectivités territoriales. Une fois de plus, les élus locaux se sont retrouvés en première ligne sur le front de l'urgence.

Le temps est aujourd'hui venu de panser les plaies et de soigner les blessures.

Souhaitons que le déblocage de fonds d'urgence, la reconnaissance de l'état de " catastrophe naturelle " et l'instauration d'un guichet unique de demande d'indemnisation apportent rapidement un réconfort aux sinistrés. Devant l'ampleur des dégâts matériels et le désarroi moral de certaines victimes, il nous faut souhaiter que les mécanismes de solidarité - mais aussi d'assurance - interviennent le plus rapidement possible.

Au-delà, je souhaite que les politiques de prévention et les dispositifs d'alerte soient renforcés, améliorés et amplifiés, par une collaboration active entre l'Etat et les collectivités locales.

Nos collègues sénateurs des départements concernés voudront bien se considérer comme nos porte-parole auprès des sinistrés pour leur manifester la compassion des représentants de la Nation.

Sur ma proposition, le Bureau du Sénat a décidé d'accorder un secours financier aux départements du Gard, de l'Hérault et de Vaucluse. Je remercie MM. les Questeurs pour leur accord. Les chèques représentatifs de notre aide ont été remis ce matin même au Petit Luxembourg. Pour modeste qu'il soit, ce secours a valeur de symbole et apporte le témoignage sincère de la solidarité du Sénat envers les victimes.


Je voudrais également exprimer, en notre nom à tous, la vive émotion du Sénat après le terrible drame qui a coûté la vie à cinq sapeurs-pompiers le 14 septembre dernier à Neuilly-sur-Seine.

J'ai tenu à assister personnellement à la poignante cérémonie en l'honneur des victimes, le mercredi 18 septembre aux Invalides.

Au cours de cette cérémonie solennelle, particulièrement émouvante, M. Jacques CHIRAC, Président de la République, leur a rendu hommage au nom de l'ensemble des Français. Il a souligné qu'une fois encore, la prestigieuse Brigade des sapeurs-pompiers de Paris venait d'honorer douloureusement sa magnifique devise : " Sauver ou périr ".

Au nom du Sénat tout entier, je salue une nouvelle fois le courage et le très grand dévouement de ces " soldats du feu ", de ces héros de tous les jours, qui s'exposent quotidiennement au danger pour porter secours à nos concitoyens.

Au sein de nos collectivités territoriales, nous sommes bien placés pour apprécier leur action si efficace au service de la sécurité civile.

Je tiens donc à exprimer notre solidarité et notre compassion aux familles et aux proches de ces cinq sapeurs-pompiers frappés dans l'enthousiasme de leur jeunesse. A cet hommage du Sénat, je tiens à joindre le souvenir de l'adjudant tragiquement disparu en portant secours aux victimes des intempéries dans le sud de la France.


Enfin, comment ne pas évoquer l'effroyable naufrage du ferry sénégalais " Joola " survenu le 26 septembre au large de la Gambie. Le bilan encore provisoire de cette catastrophe est d'ores et déjà terrifiant : 970 morts ou disparus, dont une dizaine de Français, pour 64 rescapés seulement.

Au nom du Sénat tout entier, je voudrais exprimer nos condoléances attristées aux familles des victimes et notre solidarité au peuple sénégalais aujourd'hui en deuil.


En mémoire de l'ensemble des victimes de tous ces événements dramatiques que je viens successivement d'évoquer, je vous propose maintenant, messieurs les ministres, mes chers collègues, d'observer un moment de recueillement.

(source http://www.senat.fr, le 7 octobre 2002)

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