Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les différentes mesures que le gouvernement entend promouvoir pour développer le tourisme, important secteur d'activité, Saint-Tropez le 26 septembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les différentes mesures que le gouvernement entend promouvoir pour développer le tourisme, important secteur d'activité, Saint-Tropez le 26 septembre 2002.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : 4ème Rencontre du Tourisme Français à Saint-Tropez le 26 septembre 2002

ti : Monsieur le Député Maire,
Messieurs les Elus,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie, Monsieur le Président, de m'avoir invité à participer à la quatrième édition des Rencontres du Tourisme Français.

Je suis heureux d'être parmi vous, dans ce fleuron de notre économie touristique que représente la ville de Saint-Tropez.

Je vous félicite, ainsi que votre équipe, pour votre démarche annuelle :

Le principe de faire régulièrement un bilan de l'année écoulée et de tracer les perspectives de l'année à venir.

Cette rencontre a lieu exactement un an après les évènements tragiques du 11 septembre.

Je souhaite donc évoquer avec vous la situation du tourisme français depuis cette date.

Je veux également vous faire part des dossiers prioritaires que j'ai ouvert depuis mon entrée au gouvernement.

Globalement, la France a su résister à l'impact du 11 septembre 2001 au niveau de l'activité touristique grâce à la mobilisation de tous les acteurs.

Certes, on observe un ralentissement de la clientèle venue du Nord de l'Amérique et du Japon.

Mais, en revanche, les Français, eux, se sont davantage déplacés, surtout à l'intérieur de notre pays.

La France reste la première destination mondiale, avec 76,5 millions de touristes.

Et nous pouvons en être collectivement fiers.

Le tourisme français, c'est surtout

- 1ère industrie française,
- 17,2 milliards d'euro en chiffre d'affaires en 2001
- 7% du PIB
- 2 millions de salariés dont 1 million d'emplois directs

C'est considérable. On ne le répète jamais assez.

Mais nous devons rester vigilants.

La profession a souffert et j'en ai conscience.

Les principaux secteurs touchés sont ceux qui avaient un lien fort avec le tourisme international : l'hôtellerie de haut de gamme, le secteur du voyage d'affaires, les agences de voyages, les tours opérateurs, les organismes spécialisés dans le tourisme des jeunes, et les compagnies aériennes.

Les principales régions touchées ont été l'Ile-de-France, et la votre ; la Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) essentiellement.

Or, vous avez su faire face aux difficultés avec dynamisme.

Je vous félicite pour cette réactivité et de votre capacité d'adaptation.

C'est vital dans le tourisme.

C'est d'ailleurs cette réactivité qui fait que nous parlons de plus en plus parler d'année touristique au lieu des saisons traditionnelles.

Tout cela va dans le bon sens.

Mesdames et Messieurs,

Nous devons poursuivre nos efforts de promotion de la France, auprès de nos voisins européens, car ils compensent la baisse de la clientèle américaine et asiatique.

Fin août, j'ai sensibilisé nos diplomates sur cette question au cours d'un déjeuner que j'ai eu l'honneur de présider à la Conférence des Ambassadeurs.

Aux côtés de Dominique de Villepin, j'ai sollicité leur soutien dans l'action de valorisation de l'image de la France, de ses régions et de ses produits.

Mais, nous connaissons l'extrême fragilité de notre secteur.

Aucune initiative, aucun effort ne doit être négligé.

Aussi, je tiens à vous assurer que je suis votre partenaire à part entière.

Vous, acteurs professionnels, entreprises et associations, vous devez bénéficier d'une écoute et d'un soutien des Pouvoirs publics pour favoriser la poursuite du développement de l'économie touristique et répondre aux attentes des clientèles française et étrangère.

C'est dans ce cadre que s'inscrit mon action.

Les entretiens que j'ai eu avec beaucoup d'entre vous ces dernières semaines, et que je poursuis, me permettent de définir les grands axes prioritaires de la politique que je compte mener.

Je voudrais maintenant évoquer avec vous les dossiers qui, je le sais, vous préoccupent tous:

- la formation professionnelle
- l'assouplissement des 35 heures
- l'allègement des charges et la baisse de la TVA
- l'amélioration de la loi du 13 juillet 1992

Mon objectif central est de réduire les différentes contraintes qui pèsent sur les entreprises pour leur permettre de mieux répondre aux attentes des consommateurs, et donc satisfaire la clientèle.

Nous devons accompagner les entreprises françaises dans la conception et la réalisation de leurs produits.

Dans cette optique il faut se donner les moyens de rendre les métiers du tourisme plus attractifs et d'adapter la formation professionnelle en valorisant les filières.

Je suis très attentif au phénomène de "pénurie" qui touche des emplois qualifiés comme celui, par exemple, de cuisinier.

De même, les conditions de vie et de travail des saisonniers m'interpellent fortement.

Je demanderai au gouvernement de nommer dans les prochains jours un parlementaire en mission afin de faire un état des lieux et des propositions.

En ce qui concerne l'assouplissement des 35 heures;

Il faut offrir à la profession la possibilité de s'adapter.

On doit pouvoir travailler plus pour gagner plus.

Ces derniers jours, François Fillon a annoncé les mesures gouvernementales.

Je m'attacherai bien sûr, à faire reconnaître les particularités du tourisme dans ce nouveau dispositif.

Lundi dernier, un groupe de travail entre nos départements ministériels a été mis en place à cet effet.

De même l'allégement des charges sur les bas salaires aidera à favoriser l'emploi.

La baisse de la TVA est depuis plusieurs années une revendication des restaurateurs.

Cette baisse est une volonté politique du Président Jacques Chirac.

Nous tiendrons promesse.

Le Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN a rencontré Monsieur Romano PRODI, Président de la Commission Européenne le 16 septembre dernier.

Les résultats de ce déplacement sont très bons.

Mesdames et messieurs,

Vous êtes nombreux à souhaiter la refonte de la loi du 13 juillet 1992.

Cette loi a 10 ans, et son évolution représente pour moi un chantier prioritaire.

Il convient maintenant de s'assurer que ces textes répondront mieux aux besoins de l'économie touristique, de disposer d'un cadre de référence permettant aux professionnels d'assurer une sécurité réelle aux consommateurs, mais dans le souci d'une approche raisonnable de leur responsabilité.

De plus, la nouvelle réglementation doit prendre en compte le développement des nouvelles technologies liées à l'information et à la réservation de produits touristiques. Les clients utilisent de plus en plus internet.

Elle doit aussi tenir compte de l'évolution du comportement des consommateurs : le recours de plus en plus fréquent à la vente ou l'annulation de réservations à la dernière minute.

Pour enrichir ces sujets que j'évoque rapidement devant vous, j'ai engagé une large concertation avec l'ensemble de la profession. Vous ne devez pas hésiter à me faire remonter vos réflexions et vos suggestions.

C'est ensemble que nous bâtirons les grandes lignes de la politique touristique de demain.

L'évolution de la réglementation, c'est aussi l'aboutissement rapide du Code du Tourisme. C'est un élément important de la reconnaissance de notre industrie.

Vous l'avez compris, je m'attache à faire prendre en compte la place du tourisme - et toute sa place - dans les textes de lois qui seront soumis à l'approbation du parlement.

Cet axe d'actions réglementaires doit être accompagné d'un meilleur développement de l'information quant à l'observation statistique et économique permettant aux professionnels comme aux Pouvoirs publics de disposer d'indicateurs plus réactifs et plus lisibles.

J'engagerai très prochainement une mission de réflexion à ce sujet.

Il nous revient, ensemble, de veiller à l'adaptation constante de l'offre touristique aux attentes de la clientèle, par des prestations, un accueil, un service et des garanties d'une qualité irréprochable.

C'est dans cet esprit que je suis prêt à ouvrir le chantier de la modernisation et de la simplification des classements.

Pour les labels et certificats, l'Etat a montré que son soutien vous est acquis.

Nous poursuivrons cette démarche.

C'est la qualité qui fait et fera la différence avec nos concurrents, notamment européens.

Je mettrai en place un véritable Plan Qualité France pour le tourisme.

La qualité est une exigence que nous devons partager pour développer durablement le tourisme en France.

De même, les politiques locales doivent veiller à prendre en compte l'environnement, c'est à dire le patrimoine naturel et culturel.

La France doit devenir une référence touristique mondiale en matière de développement durable.

80% de la fréquentation touristique se concentre sur seulement 20% du territoire national, c'est à dire pour l'essentiel le littoral.

Mes actions viseront en priorité l'équilibre des flux touristiques, en renforçant l'attractivité de nouveaux territoires réceptifs.

Car le tourisme ce n'est pas seulement la plage et les palmiers, c'est aussi l'arrière pays et ses richesses à découvrir.

Cette politique fondée sur la qualité et le développement durable ne peut s'appliquer sans décentralisation,

En métropole comme dans nos départements et territoires d'outre mer

Ce vaste débat, voulu par le Premier Ministre,

sera l'occasion de redéfinir les liens entre collectivités territoriales et Etat, entre secteur public et privé pour trouver de nouvelles synergies, mais aussi une plus grande proximité entre professionnels et populations.

Il nous reviendra de définir qui fait quoi, comment et avec qui.

Nous prendrons naturellement toute notre part dans ce débat.

Car le tourisme peut, à bien des égards, être précurseur en la matière :

Plus de modernisation, plus de simplification, plus de cohérence, plus d'efficacité.

Il est prévu que le processus de décentralisation puisse prendre la forme d'une expérimentation limitée dans le temps et à l'échelle de la région.

Mesdames et messieurs,

L'accès de tous aux vacances demeure également une priorité. J'ai l'intention de soutenir le tourisme social et associatif.

A ce titre, je poursuis donc, par exemple, la politique d'élargissement d'accès aux chèques vacances, surtout en faveur des salariés des Petites et Moyennes Entreprises.

De même, vous le savez, nous travaillons depuis quelque temps à l'attribution d'un label "Tourisme et Handicap", pour l'accueil de tous aux loisirs.

(2003 sera l'année européenne des personnes handicapées).

Dans ce contexte d'évolution de l'économie touristique, il est indispensable que tous les acteurs du tourisme, les élus et l'Etat, puissent débattre et faire les choix stratégiques qui s'imposent.

Je vous invite dès à présent à nous faire part de vos réflexions, analyses et propositions.

Votre expérience et votre savoir faire, propres à la ville de Saint-Tropez seront utiles pour faire avancer nos travaux.

Je vous remercie.

(Source http://www.tourisme.equipement.gouv.fr, le 8 octobre 2002)

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