Déclaration de M. Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture et de la communication, sur l'industrie musicale et la mise en place du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), Paris le 30 septembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture et de la communication, sur l'industrie musicale et la mise en place du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), Paris le 30 septembre 2002.

Personnalité, fonction : AILLAGON Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Inauguration du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV) à Paris le 30 septembre 2002

ti : Madame la Directrice,
Monsieur le Président du fonds de soutien,
Monsieur le Président du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz,
Mesdames et Messieurs,

C'est avec un grand plaisir que je suis parmi vous pour cette soirée qui consacre la naissance d'un nouvel établissement public : le Centre national de la chanson des variétés et du jazz.

Je veux profiter de ce moment pour vous dire, ou vous redire, toute l'importance que j'attache au développement des industries musicales.

Le ministère de la culture n'a parfois accordé qu'une attention distraite aux industries culturelles, soit parce qu'il était accaparé par la gestion de ses administrations, soit par méfiance à l'égard du secteur privé, associant de façon excessive la lucrativité à la non culture ou même à l'anti-culture, pour ne pas dire au vice. Je me souviens ainsi m'être vu reprocher d'aller à la FNAC le jour de la fête de la musique, au motif qu'il s'agissait d'une entreprise commerciale.


Or c'est oublier que les entreprises culturelles, même commerciales, jouent un rôle très important dans l'accès à la culture et dans l'éducation des publics. Les industries musicales, peut-être parce que leur proximité au discours et à la politique est moins grand que d'autres secteurs, ou parce que les professions musicales sont moins organisées et les relations entre ses acteurs plus conflictuelles, n'ont ainsi eu, pendant longtemps, qu'une place très résiduelle au sein de l'organigramme du ministère.
Je souhaite que cette situation évolue, et la création d'un nouvel établissement public consacré à la diffusion des musiques populaires doit y contribuer. Le Cinéma avait son CNC, le livre le CNL : les musiques populaires auront désormais leur CNV.

Demain, 1er octobre 2002, le CNV commencera à percevoir les recettes de la taxe parafiscale sur les spectacles de variétés. Je salue le travail accompli par l'ensemble des acteurs pour parvenir à ce résultat, depuis le vote par le Parlement de la loi du 4 janvier 2002 jusqu'à la nomination de Daniel Colling comme Président de l'établissement, par le Président de la République.

Cette transformation favorisera l'amélioration des mécanismes qui permettent, grâce au développement de mécanismes de solidarité entre les entreprises de spectacle, d'assurer le développement de la scène française. Je ne vais pas énumérer ici l'ensemble de ces aides, que vous connaissez bien : aides à la production de nouveaux spectacles, aides sélectives à vocation culturelle à destination des jeunes talents, soutien aux festivals et aux petites scènes, aides à l'équipement des salles...

Ces missions de service public sont réaffirmées par la création du CNV, auquel la loi confie de nouvelles activités : prestations de conseil et de services pour l'implantation et l'équipement des salles de spectacles, pour l'amélioration de la rentabilité de la production et de la commercialisation des spectacles de variétés, achat d'espaces communs de promotion des spectacles... Enfin, le CNV aura une vocation patrimoniale car il pourra mettre en place un centre de ressources qui sera un outil de connaissance pour les professionnels, le public et les collectivités publiques.

Le rôle du CNV en faveur des entreprises du secteur se doublera aussi d'une action territoriale, car les collectivités territoriales seront présentes au Conseil d'administration. J'attends beaucoup de leur présence aux côtés de l'État pour amplifier la diffusion du spectacle vivant et des musiques actuelles sur l'ensemble du territoire. J'étais à Toulouse avec mon cabinet, la semaine dernière, et j'ai bien vu l'utilité de la présence et du renforcement des salles de musiques actuelles.

Je souhaite aussi que le comité d'orientation qui sera créé permette de mieux associer les autres acteurs de la filière musicale, je pense en particulier aux représentants des industries phonographiques, qui jouent aussi un rôle essentiel pour la diffusion des jeunes talents grâce à la complémentarité entre la scène et le disque. Comme vous le savez, le Gouvernement s'est engagé dès son arrivée à obtenir la baisse de la TVA sur les disques et les cassettes sonores afin de favoriser la diversité musicale. Je me suis rendu à Bruxelles en juin dernier pour évoquer ce sujet avec les ministres de la culture des quinze Etats de l'Union européenne, nous avons leur avons communiqué un mémorandum qui développe notre position, et le Premier ministre vient de réaffirmer cet engagement auprès du président de la Commission, M.Prodi. J'ai également souhaité que la diversité musicale soit au coeur des discussions entre les producteurs et les médias, que ce soit la radio ou télévision.

Concernant le spectacle lui-même, nous avons consacré beaucoup d'efforts au dossier le plus urgent que nous avons trouvé à notre arrivée au pouvoir, celui de l'intermittence du spectacle. Pour sauver ce régime menacé, j'ai voulu qu'une concertation soit mise en oeuvre avec le ministère des affaires sociales et l'ensemble des acteurs concernés, et que la lumière soit faite sur les utilisations abusives de ce système, qui se font au détriment des professions du spectacles, pour lesquelles ce régime a été conçu. Je suis sûr que nous parviendrons, à l'issue de ce travail, à consolider ce régime en restaurant son équilibre.

Il y aurait, naturellement, d'autres sujets à évoquer, mais ce serait trop long, et nous sommes ici avant tout pour nous réjouir de la création du CNV.

Aussi je réitère mes remerciements à Jean-Claude Camus, Président du Fonds de soutien, ainsi qu'à Daniel Colling, vice président, qui prend sa succession à la tête du CNV, ainsi qu'à l'ensemble des administrateurs du fonds de soutien, et je formule le voeu que nous poursuivions notre fructueuse collaboration sous les mêmes auspices.

Je vous remercie.

(Source http://www.culture.gouv.fr, le 9 octobre 2002)

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