Interview de M. Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, dans "L'hebdo des socialistes" le 18 octobre 2002, sur la stratégie du PRG énoncée lors de son congrès, notamment sur la "motion radicale" visant à créer un grand parti avec le Parti socialiste. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, dans "L'hebdo des socialistes" le 18 octobre 2002, sur la stratégie du PRG énoncée lors de son congrès, notamment sur la "motion radicale" visant à créer un grand parti avec le Parti socialiste.

Personnalité, fonction : BAYLET JEAN Michel.

FRANCE. Parti radical de gauche, président

ti : Affirmer l'identité radicale, en offrant un véritable horizon politique à la gauche, assurer les conditions d'un vaste rassemblement et d'une alternative politique, en rassemblant ce qui est épars¿ Dans un entretien accordé à L'hebdo, le président du Parti radical de gauche a livré sa vision de l'avenir d'une opposition en phase de reconstruction.


Le PRG vient de tenir son congrès à Toulouse. Quelle stratégie avez-vous défini pour l'avenir ?

La ligne stratégique sur laquelle se sont rassemblés les radicaux au congrès de Toulouse est celle de la réaffirmation de l'identité radicale, au service de la reconstruction de la gauche. Et ce, dans l'intérêt du pays où la réaction a pris corps depuis les élections du printemps dernier. Mais nous avons d'abord souligné que la reconquête de l'électorat, par la gauche, devait résulter d'une véritable alternative et non d'un improbable mécanisme d'alternance automatique. Pour cela, nous devrons - avec les autres composantes de la gauche - travailler en profondeur sur nos doctrines et nos programmes, en vue de proposer une vision humaniste, moderne, populaire, laïque et européenne qui offre un véritable horizon politique à nos militants, à même de se substituer à la résignation gestionnaire.

Vous avez annoncé votre intention de déposer une " motion radicale " lors du congrès du PS, en vue de créer un grand parti progressiste. Pouvez-vous préciser votre pensée ?

S'agissant de la motion radicale au congrès du PS, j'ai bien noté que les socialistes, unanimes sur ce point, nous disaient avoir parfaitement entendu et compris le puissant appel à la rénovation, lancé par les citoyens après le 21 avril. Ce besoin de changement porte autant, et même davantage, sur les idées, les méthodes de l'action ou sur les cadres d'organisation que sur les dirigeants. Il m'a donc semblé que si les radicaux devaient interpeller leurs amis socialistes, ceux-ci n'allaient sans doute pas se réfugier derrière les règles de leur institution partisane ou leurs rituels statutaires pour refuser d'en débattre. Ceci pour la forme. Quant à l'objectif de notre motion, il est clairement d'énoncer devant le Parti socialiste - nécessaire pièce centrale de tout effort de reconstruction de la gauche -, les conditions d'un rassemblement, dont ni le potentiel politique ni les formes définitives ne sont aujourd'hui connus.

Cette initiative ne fait pas l'unanimité au sein du PRG¿

Je préfère une très large majorité sur une position claire à une forme quelconque d'unanimité qui dissimulerait l'urgence des initiatives à prendre pour l'avenir de la gauche. J'observe, au passage, que le PRG n'est pas la seule formation politique où les positions des dirigeants n'emportent pas toujours l'adhésion. Plus sérieusement, je crois que si le Parti socialiste est en mesure de répondre favorablement à cette initiative, tous - radicaux et socialistes - verront au final qu'elle était féconde.

Vous défendez le principe de l'introduction de la proportionnelle aux élections législatives. N'est-ce pas un moyen efficace d'assurer la représentation du PRG et des diverses sensibilités de la gauche à l'Assemblée ?

Bien entendu. Les renforcements du mécanisme majoritaire, dont Jean-Pierre Raffarin nous menace et à propos desquels je n'entends guère les socialistes protester, ont pour objectif d'étouffer les identités singulières des différentes familles non socialistes de la gauche. Il y a dans notre opposition ferme à ces projets une question de morale et d'équité, bien-sûr, mais également une considération de l'intérêt de la gauche. Si un vaste rassemblement doit s'opérer, il se fera par la qualité des idées et la volonté des hommes. Il ne résultera pas d'une violence opérée par les modes de scrutin. Ce n'est pas le pressoir qui fait le bon vin, c'est le raisin.


B.T.


(source http://www.parti-socialiste.fr, le 6 novembre 2002)

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