Déclarations de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à des questions sur l'étude du Forum économique mondial plaçant la France au 30e rang dans le classement mondial de la compétitivité, à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2002 et au Sénat le 14 novembre. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclarations de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à des questions sur l'étude du Forum économique mondial plaçant la France au 30e rang dans le classement mondial de la compétitivité, à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2002 et au Sénat le 14 novembre.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réponses aux questions de M. Richard Mallié, député UMP, et de M. Jean-Claude Carle, sénateur RI, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2002 et au Sénat le 14 novembre

ti : Réponse faite à M. Richard Mallié

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,


La question de la compétitivité de la France est un sujet grave. Je ne polémiquerai pas avec l'emploi et le revenu des Français. Car la compétitivité de la France, c'est l'emploi et le revenu des Français. Alors observons ce qui s'est exactement passé pour essayer de tracer les lignes d'avenir.

Nous avons en effet perdu une dizaine de places entre 2000 et 2001 par rapport à l'ensemble des autres pays comparables au nôtre. Nous avons perdu plus de 17 places depuis 1988. Et vous connaissez le dicton : "Quand on s'analyse, on s'inquiète, quand on se compare, on se rassure". Là, la comparaison est inquiétante, parce qu'aujourd'hui on voit la compétitivité de la France et donc la valeur du travail des Français être affaiblis par rapport aux autres pays.

Il est évident que, sur ce sujet, il y a des causes objectives qu'il nous faut observer. L'ensemble de notre bureaucratie - de notre impôt-paperasse, de nos lourdeurs et de nos lenteurs - pèse évidemment sur toutes les forces vives de notre pays. Il est aussi évident que le niveau des charges et des prélèvements est trop lourd pour faire en sorte que la valeur du travail des Français soit performante au niveau international. Et aussi, c'est très important, le retard que nous avons pris pour ce qui concerne la société de l'information. Quand je vois l'équipement en ordinateurs, quand je vois l'usage d'Internet, quand je vois tout ce qui avait été promis et qui n'a pas été tenu sur ce sujet de la société de l'information, je dis que la France a pris du retard et qu'il faut rapidement le rattraper.

Pour cela, nous avons engagé une action en profondeur. D'abord, et nous ne changerons pas de cap, nous continuerons à alléger les charges qui pèsent sur le travail des Français et sur la performance des entreprises. Nous assouplirons également l'ensemble des dispositifs, de manière à permettre à ce que notre droit du travail, tout en respectant évidemment le droit des salariés, puisse faire en sorte qu'il n'y ait pas d'écart majeur entre la capacité de travailler en France et ailleurs.

Pour la première fois, un très grand équipement industriel est en cours de préparation et d'installation au niveau européen. Pour la première fois, c'est un investissement automobile, la France n'est même pas consultée, parce que nous sommes exclus des critères de la compétitivité avant-même la consultation. Et tout cela... - soyez prudents dans les attaques car le dossier a été déposé au cours du premier semestre de l'année 2002 ! - soyez prudents.

Nous allons donc alléger les charges, assouplir l'ensemble des contraintes et faire en sorte, également, qu'on puisse dans notre pays alléger les impôts qui pèsent sur les créateurs, qui pèsent sur tous ceux qui veulent créer des richesses.

Voilà, monsieur le député, avec la sécurité financière dont a parlé F. Mer hier, avec la création d'entreprises dont a parlé récemment R. Dutreil, nous allons nous donner les moyens de faire en sorte que le travail des Français puisse être valorisé à son juste prix. Et que l'on puisse faire en sorte que la compétitivité de la France soit, pour les Françaises et les Français, un atout. C'est pour cela que je vous invite à tous vous mobiliser sur ce sujet, et à ne pas prendre à la légère ce qui concerne d'abord le travail et le revenu de nos compatriotes".

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 18 novembre 2002)
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Réponse faite à M. Jean-Claude Carle

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs
Monsieur le sénateur,


Je sais que dans votre département de Haute Savoie - je pense notamment à la Vallée de l'Arve - la compétitivité de la France, cela veut dire des choses très concrètes. Cela veut dire de l'emploi, cela veut dire des revenus et c'est la comparaison avec les pays voisins immédiats. Et donc, c'est vrai que ce déclin de la France relevé par cette étude qui montre qu'en 2001, nous avons perdu dix places par rapport à 2000 et que nous avons perdu 17 places depuis 1988 - ne faisons pas de polémique sur ces sujets là ; il s'agit du travail et du revenu des Français - moi, je prends cette nouvelle comme une mauvaise nouvelle, et je ne cherche à accuser personne. Ne prenez pas l'action économique et l'action sociale comme une action partisane. Pensez aux Françaises et aux Français dont il s'agit, dont le travail est en cause et dont le revenu est en cause. Donc, il ne s'agit pas de polémique. La politique que nous voulons mener sur ces sujets n'est pas partisane. La politique que nous voulons mener, c'est pour tous les Français. Elle est de faire en sorte que notre pays puisse retrouver l'attractivité économique qu'il a perdue pour des raisons complexes, et qu'on ne peut pas résumer, ni avec des slogans ni avec simplement des idées sommaires.

Notre problème majeur est que, globalement, nous sommes dans une économie nationale qui souffre de trop de bureaucratie, de lourdeurs et de pesanteurs qui pénalisent notre dynamique économique, que globalement, nous sommes dans une économie pour laquelle il y a trop de charges sociales et trop d'impôts. Quand on compare aujourd'hui la mobilisation économique de la France par rapport à d'autres pays, on voit que nous avons du retard. Prenons par exemple, l'exemple de la société de l'information, prenons l'usage d'Internet, prenons l'équipement en informatique, prenons l'ensemble des difficultés que nous avons, enfin, et l'ensemble des crédits qu'il faut mettre au service de cette société de l'information. Je me souviens des engagements qui avaient été pris à Limoges. Je ferai tout ce que je peux pour tenir les engagements du gouvernement précédent qui, à ce jour, n'ont pas été tenus.

Pour ce faire, et monsieur Carle, pour répondre à votre question, premièrement, nous poursuivrons la baisse des charges, car fondamentalement c'est là le premier critère d'implantation de l'emploi. Deuxièmement, il faut poursuivre la baisse des impôts. Troisièmement, il faut alléger les procédures. Quatrièmement, il faut moderniser nos dispositifs de formation et cinquièmement, il faut dire clairement quel est le message de la France.

Quel est le message de la France dans l'économie mondiale aujourd'hui ? Le message de la France, ce n'est pas le message de la concentration, ce n'est pas le message du gigantisme, ce n'est pas le message de la banalisation, ce n'est pas le message de la standardisation. C'est le message de l'intelligence, de la valeur ajoutée, de la créativité, de tout ce qui fait aujourd'hui qu'on peut injecter de l'humain dans l'économie. C'est cela le message de la France. C'est cela que nous devons défendre. Notre économie nationale, elle, se défendra si nous sommes capables de faire le choix de la valeur ajoutée, c'est à dire le choix du talent des Français.

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 18 novembre 2002)

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