Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, lu par M. René Trégouët, sénateur, sur la prospective et la place de la France à l'horizon 2020, Paris le 24 novembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, lu par M. René Trégouët, sénateur, sur la prospective et la place de la France à l'horizon 2020, Paris le 24 novembre 2002.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

Circonstances : Colloque du Groupe de Prospective sur "La place de la France dans le monde en 2020", au Sénat le 24 octobre 2002

ti : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,


N'ayant pu me soustraire à des engagements pris de longue date, j'ai demandé à mon collègue et ami, René Trégouët, de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue.

Croyez bien que je regrette de ne pouvoir être parmi vous aujourd'hui, car j'attache à la prospective la plus grande importance. Je me suis toujours efforcé dans mes différentes fonctions de favoriser le travail législatif en amont, que ce soit par la voie de rapports d'information, ou par le truchement de laboratoires d'idées, tels que Club.sénat.fr centré sur les technologies de l'information et de la communication.

Avec le groupe de prospective, mis en place et présidé par mon ami René Trégouët, nous sommes dans le très long terme. C'est là, bien sûr, que le travail est le plus stimulant, mais aussi le plus difficile. Passée la frontière des vingt ans, l'on braconne sur les terres de l'incertitude.

Et pourtant vingt ans c'est court. C'est la durée de vie d'un programme énergétique. C'est à peine plus de temps qu'il ne faut pour construire un porte-avions. Quant aux grandes révolutions scientifiques et technologiques je n'en connais pas qui n'aient révélées toutes les potentialités de leurs applications en moins de vingt ans. Souvenez vous de 1982. N'était-ce pas hier ?

D'où l'importance de se poser dès maintenant les bonnes questions. Où en sera la France dans vingt ans ? Où en sera notre diplomatie ? Où en sera notre économie ? Notre recherche ? Aurons nous encore de grandes entreprises françaises cotées sur des marchés financiers français ?

Sans me risquer à des conjectures aventureuses, permettez moi simplement d'observer que la question que vous avez choisie me semble très française.

Imagine-t-on un tel débat sur la place de l'Espagne, de l'Italie ou de l'Allemagne dans le monde à l'horizon 2020 ? Sans doute non. A l'évidence la construction européenne poursuit son bonhomme de chemin. Mais nous Français rencontrons toujours des difficultés à nous penser en tant qu'Européens, ou plus exactement, à nous penser comme autre chose que Français.

Peut être parce que la France n'est pas l'Espagne, ni l'Italie, ni l'Allemagne et qu'elle reste convaincue, comme aux temps de la Révolution, de l'universalité de son message et de la nécessité de tenir son rang.

Les hasards de la programmation audiovisuelle ont fait que ce colloque intervient juste après la diffusion du dernier épisode de Napoléon.

Faut-il voir dans cette coïncidence les soupirs d'une Nation qui remue dans un lit que l'Histoire aurait fait trop petit pour elle ?

Car, au fond se poser la question de la place de notre pays dans le monde, n'est-ce pas d'une certaine façon refuser d'envisager qu'il rentre dans le rang ?

N'est-ce pas déjà discuter des voies et moyens à mettre en ¿uvre pour accroître ou maintenir son rayonnement dans le monde ?

En soumettant ces quelques questions à votre sagacité, je vous remercie de votre attention et vous souhaite à tous de fructueux débats.


(Source http://www.senat.fr, le 26 novembre 2002)

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