Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur le congrès fondateur de l'UMP (Union pour un mouvement populaire) et la ligne politique de la majorité gouvernementale, Le Bourget le 17 novembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur le congrès fondateur de l'UMP (Union pour un mouvement populaire) et la ligne politique de la majorité gouvernementale, Le Bourget le 17 novembre 2002.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Congrès fondateur de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) au Bourget le 17 novembre 2002

ti : Merci, franchement, je vous le dis, j'adore les réunions de famille ! Et la famille aujourd'hui, notre famille est au complet, merci à chacune et chacun d'entre vous.
Merci, madame Chirac, de représenter ici le chef de la famille. Merci aussi de ce que vous êtes et de ce que vous faites. Nous savons tous ce que nous vous devons.

Nous vivons aujourd'hui, en ce 17 novembre 2002, un jour de fête, la fête de l'union. Nous vivons l'union après la victoire que nous avons vécue, la victoire conquise grâce à l'union, avec Jacques Chirac.
Nous n'oublierons jamais nos années de division, source de nos échecs, ces soirées dans des permanences pour des élections perdues parce que nous n'avions pas surmonté nos divisions. L'union c'est pour nous le grand espoir des victoires futures.

Oublier son passé, c'est se condamner à le revivre. C'est pour cela qu'il nous faut sans cesse nous battre pour l'union.
Il suffit d'ailleurs de regarder les voisins de la gauche. Ils sont aujourd'hui divisés. La division est chez eux. Laissons-la leur ! Les socialistes ont été victimes de l'arithmétique politique. L'addition des divisions, c'est la multiplication des échecs. Les ambitions plurielles font les échecs singuliers.

L'UMP, vous tous mes amis, vous êtes l'union, vous êtes les gardiens de l'union. Et entre le gouvernement que j'ai l'honneur de diriger et chacune et chacun d'entre vous, ce doit être en permanence l'entente, l'alliance, l'alliance de l'union et de l'action.

Evidemment, l'union n'exclut pas le débat. Je me réjouis que dans cette élection pour diriger notre famille politique, cinq candidats aient pu présenter leur candidature. Et je salue donc Nicolas Dupont-Aignan, Mourad ¿, Rachid¿ , Brigitte ¿. Et Alain Juppé.

Chacun connaît ici ma proximité et mon attachement à Alain Juppé, à Jean-Claude Gaudin et à Philippe Douste-Blazy. Ils peuvent compter sur moi. Mais je peux dire à tous ici que je souhaite que notre grande famille soit une famille démocratique et que la légitimité de nos dirigeants aujourd'hui et demain sorte toujours de l'élection des militants.

Notre goût de l'union doit se prolonger par notre attachement à l'unité de la France et des Français. Unité face aux menaces, unité face aux défis. Nous voyons bien aujourd'hui que les menaces du terrorisme cherchent partout dans le monde à déstabiliser les démocraties. N'ayons pas peur du terrorisme, mais sachons lui opposer l'unité de la France et l'unité des Français.

Vous êtes donc les militants de l'union, ces compagnons de l'union et depuis ce dernier printemps, vous êtes devenus la droite de mai. Nous sommes tous marqués par cet esprit de mai 2002, qui a marqué notre démocratie, qui a marqué notre République. Ces Français qui nous disent avec force le 21 avril combien ils jugent que la politique n'est pas à la hauteur de la République, que l'impuissance politique est condamnable et que la politique ne tient pas ses promesses.

Ils veulent pourtant, et ils nous l'ont dit le 5 mai, se rassembler autour des valeurs de la République et faire en sorte que Liberté, Egalité, Fraternité, ça ne soit pas seulement écrit sur le sommet de nos édifices mais que ce soit vécu pour chacune et chacun des Français dans leur vie quotidienne.

C'est cela l'esprit de mai. Pourquoi donc les valeurs de la République sont-elles si peu accessibles pour tous ? Où est aujourd'hui la liberté pour l'entrepreneur, où est l'égalité quand on parle de nos retraites et où est la fraternité dans grand nombre de nos villages, dans grand nombre de nos quartiers ?
Il faut se battre pour partager la République. L'esprit de mai, c'est la République en partage. C'est ce qui nous a rassemblé et c'est pour ça que la France s'est placée le 5 mai derrière Jacques Chirac.

L'esprit de mai, c'est aussi la modestie, sans suffisance ni arrogance. Il suffit de voir nos prédécesseurs. Ils ont fait une mauvaise chute. Ils sont tombés de l'idée qu'ils se faisaient d'eux-mêmes. Restons proches des citoyens. Restons attentifs aux réalités du terrain. Affirmons cette modestie de l'action politique qui fait que nous sommes les uns et les autres au service des Français.

Cette droite de mai a des ambitions importantes pour redonner des chances à chacun, pour rétablir le droit à la sécurité et à la tranquillité, pour faire de la responsabilité et de l'équité les fondements de notre République.

Ce grand parti, ce grand mouvement aujourd'hui constitué, il doit porter notre projet. Notre projet, votre projet porte le plus beau de tous les noms, notre projet, c'est la France. C'est de faire en sorte que la France en grand, la France ensemble, assume les défis du XXIème siècle, qu'elle puisse faire face à sa modernisation et qu'elle puisse rendre heureux chacune et chacun des Français.

La " maison France " est une maison à trois étages. L'étage central, c'est l'étage de la République, l'étage de notre Etat, Etat garant des valeurs de la République. Nous y sommes attachés, nous voulons que l'Etat puisse être pour tous les Français le garant de la liberté, de l'égalité, de la fraternité.

Et nous voulons que l'Etat se concentre sur une mission principale pour qu'il évite de se disperser car quand l'Etat doit être partout, il finit par être nulle part. Nous avons besoin d'un Etat fort, recentré sur ses missions essentielles, qu'il nous fixe les normes, qu'il assume les valeurs régaliennes, qu'il affirme sa capacité stratégique et sa défense des solidarités, qu'il permette à tous d'avoir confiance dans la République, et ainsi qu'il soit ce lien entre tous les Françaises et les Français, ce grand lien républicain, ce pacte français auquel nous sommes tous très attachés.

C'est pour cela qu'avec un Etat recentré, il nous faut dans notre pays reconnaître la place de la fonction publique, de ces fonctionnaires qui doivent retrouver confiance en eux-mêmes, non pas pour vivre des paperasses et des procédures mais pour défendre l'esprit républicain et affirmer que la République est égale pour tous et qu'ils en sont les premiers militants.

La modernisation de la République, c'est notre étage central. Au-dessus, cet horizon pour demain matin qu'est l'élargissement de l'Union Européenne. Chers amis, nous allons devoir dans les semaines qui viennent mener le combat de cette grande Europe, de cette nouvelle Europe élargie qui va bientôt rassembler 25 pays.
Nouvelle géographique mais aussi nouvelles institutions. Nouvelle Europe avec moins de bureaucratie mais plus de démocratie. Une Europe avec plus de défense, plus de solidarité internationale et plus de place dans le monde, capable d'opposer dans le monde entier à tous ceux qui se battent contre nos idées de démocratie la réalité de l'histoire européenne, de nos valeurs et de nos convictions.

Nous voulons construire cette Europe-là. Ce sera, chacun le sait, difficile. Nous devons préparer l'élargissement. Nous devons aussi faire en sorte que nous puissions, avec la convention des institutions européennes que préside Valéry Giscard d'Estaing, définir de nouvelles institutions et faire en sorte que cette nouvelle Europe soit la nôtre, soit celle de la France, qu'on n'oppose pas Paris à Bruxelles mais que l'Europe ce soit pour tous et pour tous nos enfants l'horizon de demain, l'espace dans lequel nous puissions multiplier notre influence. Cette Europe sans laquelle la France n'aurait pas dans le monde toute sa force et tout son rayonnement.

C'est pour nous tous aujourd'hui une grande satisfaction de voir à notre congrès fondateur le Président du parti majoritaire espagnol, le premier Ministre portugais, le leader de la CDU qui va s'exprimer devant nous tout à l'heure et nos amis grecs, et l'ensemble des délégations européennes qui, avec nous, portent ce message de la démocratie européenne.

Un étage républicain, un étage européen et le troisième étage, celui de l'intérieur, l'étage des proximités locales, l'étage des territoires, cette diversité des territoires de France à laquelle nous sommes très attachés.

Cette décentralisation nécessaire pour qu'on rapproche les décisions du terrain et que notre République arrête de se décider par le sommet, et qu'on écoute la France par ses territoires, celle qui veut prendre la parole, celle qui veut conduire le changement, celle qui croit en elle-même.

Je suis sûr que c'est par la proximité que nous simplifierons la vie des Français. Si on leur demande davantage de responsabilités, c'est en faisant en sorte qu'ils puissent être davantage maîtres de leur destin que l'on pourra simplifier notre vie démocratique et faire en sorte que les Français soient eux-mêmes acteurs de leur devenir. C'est ça notre ambition, c'est cet étage du territoire qu'il nous faut renforcer pour la France.

La France en grand avec l'Europe, la France ensemble avec la République, la France toujours avec ses territoires.

L'union pour notre projet, l'union aussi pour l'action.
Chers amis, je suis venu vous dire aujourd'hui, franchement, du plus profond de mon c¿ur, j'ai besoin de vous, j'ai besoin de votre force, j'ai besoin de votre enthousiasme, j'ai besoin de votre confiance. Je mets toutes les forces dans l'action du gouvernement, avec tous les membres du gouvernement.

Mais la force d'un seul homme n'y suffit pas. Nous devons tous ensemble ¿uvrer pour moderniser notre pays dans la direction indiquée par le Président de la République.

Le danger, je le sais, guette tout gouvernement. La coupure avec les Français quand le pouvoir s'entête dans ses certitudes, l'impuissance quand le gouvernement se disperse dans ses procédures. Je veux éviter avec vous à la fois l'isolement du dogmatisme et l'incohérence de la technocratie.

La force politique qu'ensemble nous devons constituer réside dans notre capacité à affirmer l'unité de notre pensée, de nos convictions et de notre action.

Pour cela, nous avons besoin que notre union muscle la pensée de notre majorité, que nous assumions les réponses de l'humanisme face au matérialisme, que la France du 21ème siècle tienne sa place comme c'est sa mission à la recherche des lumières du monde nouveau.

Quand la pensée est confuse en amont, il y a peu de chances que l'action soit claire en aval. Nous avons besoin de ce travail sur la pensée politique pour les vingt prochaines années. Cette clarification dans nos idées, dans nos perspectives, c'est cela le travail qui doit se faire ici, dans l'union.

En participant aussi à l'action du gouvernement, en étant ce que vous êtes toutes et tous, des militants du réel, je vous demande de veiller à la cohérence de notre pensée et de notre action, et de faire en sorte que notre action ne déçoive jamais tous ceux qui mettent de l'espoir en elle et qui partagent notre pensée.

C'est notre mission collective, faisons en sorte que l'action qui est la nôtre puisse répondre aux attentes des Français. Votre confiance, leur confiance, c'est notre devoir.

Pour cela, il nous faut partager une haute idée de la politique. Il ne faut pas confondre, chers amis, les intérêts catégoriels, les égoïsmes communautaires, les individualismes sectoriels avec ce que nous représentons tous : l'intérêt général, l'intérêt des Français et l'intérêt de la France.

Mon gouvernement est en mission, gouvernement de mission a dit Jacques Chirac, pour mettre nos convictions communes, notre pensée en action. Nos convictions, vous les connaissez. Je voudrais simplement articuler les différentes décisions que nous prenons en fonction de ces convictions que nous partageons.

D'abord, disons clairement que pour la liberté des Français, nous avons choisi de renforcer l'autorité de la France. Notre pays a souffert de la cohabitation, a souffert de ces réunions où la France quelquefois devait s'exprimer avec deux chaises différentes. La France retrouve son unité, retrouve sa force de parole et cela s'est senti très vite, à l'ONU, au conseil de sécurité, à Johannesburg, à Bruxelles.
La France est de retour, l'autorité de la France, avec la voix du Président aujourd'hui, peut s'affirmer partout dans le monde.

Je veux saluer cette action qui profite à chacun des Français, je veux saluer aussi l'action de l'ensemble de ceux qui, au côté de Jacques Chirac, et notamment Dominique de Villepin, font en sorte qu'on a pu faire que la position de la France fasse que nous puissions affirmer sur le difficile dossier de l'Irak, qu'il valait mieux faire les pressions d'abord plutôt que la guerre. Il n'y a pas de guerre heureuse, il n'y a pas de guerre rapide. La guerre, c'est l'ultime recours quand on a tout essayé par ailleurs.

Le message de la France comme ce message de l'aide au développement, comme ce que nous développons aujourd'hui quand nous parlons des flux migratoires, quand Nicolas Sarkozy parle des filières positives, croyons-nous qu'on pourra multiplier longtemps les terres d'accueil dans l'ensemble de nos démocraties ? Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Et pour cela, il faut faire de l'aide au développement une priorité de la France et de son étage universel.

Et ce grand discours de notre Président à Johannesburg pour convaincre la France, et pour convaincre le monde que la planète aujourd'hui est en danger et que la politique, ça ne consiste pas seulement à gérer le quotidien mais à faire en sorte que nos enfants trouvent un monde capable de leur donner le bonheur et que cette planète aujourd'hui ne pourra pas assumer son avenir si nous ne prenons pas tous conscience qu'il nous faut faire des efforts, changer des politiques pour protéger cet espace que nous avons en commun pour notre avenir.
Ce grand discours de Johannesburg, ce développement durable qui est au c¿ur de la stratégie de la France, que défend Roselyne Bachelot, cela fait partie aussi du message universel de notre pays.

C'est ce que nous avons fait et ce que nous ferons dans les semaines ou les mois qui viennent. D'abord, nous redonnerons à nos armées confiance et puissance, avec une loi de programmation militaire que prépare Michèle Alliot-Marie. Quelle peut être la fierté de la France quand quatre bateaux sur dix ne peuvent pas quitter le port ?
Quand un hélicoptère sur deux ne peut pas décoller parce qu'on manque de pièces de rechange.
Est-ce que nous croyons que nous garderons durablement notre place comme membre permanent au Conseil de Sécurité si nous ne sommes pas nous-mêmes capables de faire les efforts d'abord en assurant la défense de La France mais aussi la défense européenne ?


Nous allons mener cette rénovation de nos armées, avec la loi de programmation. Nous avons de nombreuses décisions sur lesquelles nous pourrons affirmer cette autorité de la France. C'est pour ça que nous fermerons en effet dès le printemps prochain Sangatte, tel que Nicolas Sarkozy l'a dit. La France ne peut pas être fière quand elle propose au monde des hangars et des grillages. Oui, il faut faire preuve à la fois d'autorité et aussi d'humanité.
Nous accueillerons ceux que nous pourrons accueillir, mais la France a d'autres destinées dans le monde que d'offrir des lieux d'accueil comme Sangatte qui sont plutôt les humiliations de la condition humaine.

Deuxième conviction importante pour notre pacte Républicain. Nous avons choisi d'affirmer la sécurité comme priorité. J'ai cru comprendre que ça n'avait échappé à personne.

Des textes, des décisions, des attitudes, des changements importants, le conseil de sécurité intérieure sur l'autorité directe du chef de l'Etat, le rapprochement de la gendarmerie et de la police, de nombreuses initiatives, une loi de programmation et d'orientation pour cinq ans, pour donner de la perspective à notre action.
Voilà ce que nous avons fait, ce que nous faisons et ce que nous ferons, l'augmentation des effectifs, la meilleure organisation des moyens, actuellement au Sénat un débat législatif, le souci quotidien de la sécurité, car la sécurité chers amis, vous le savez, c'est un travail quotidien. Rien n'est jamais acquis face à la délinquance.

Restons en permanence mobilisés, c'est pour ça que nous voulons faire en sorte à la fois que les élus soient davantage associés mais aussi que s'installe dans notre lutte contre la délinquance la culture du résultat.

Pour l'emploi des Français, troisièmement, nous avons fait le choix de revaloriser le travail. Nous avons engagé l'allègement des charges sociales qui pénalisent notre pays et qui fait que dans ces dernières années, nous avons reculé au hit parade de la compétitivité internationale. Nous allégeons les charges et nous voulons alléger les impôts.

Nous avons réussi sans drame à assouplir les 35 heures et les procédures paralysantes qui gênent le développement économique. Nous affirmons la priorité pour accueillir dans les entreprises, avec de vrais emplois, les jeunes. Nous développerons les contrats d'alternance, les contrats d'apprentissage et nous voulons multiplier les initiatives pour intégrer davantage la France à la société de l'information.

J'attire votre attention parmi de nombreuses actions qui sont en projet, sur deux textes prochains que le Parlement aura à débattre, l'un sur la création d'entreprise. Comment se fait-il que pendant les cinq dernières années, pendant la période de croissance, alors que la croissance mondiale était là, notre pays a vu son taux de création d'entreprise diminuer ?
C'est inacceptable. Nous voulons faire en sorte que pour toute forme de création d'entreprise, on puisse développer l'initiative, libérer les contraintes et permettre aux talents et aux énergies, notamment des jeunes Français, de s'engager dans l'entreprise pour qu'ils soient eux-mêmes créateurs de leur avenir.

Toute l'équipe de Bercy, autour de Francis Mer, est mobilisée sur ce projet, avec des sujets très importants comme la reprise d'entreprise. Faisons en sorte que dans notre pays, on considère vraiment l'entreprise comme le lieu de l'emploi, comme la source de l'emploi et qu'il n'y a rien de bon à attaquer les entreprises, car ce sont elles qui donnent aux Françaises et aux Français les emplois dont ils ont besoin.

L'autre projet très important en discussion prochaine, qui est mené par Luc Ferry et Xavier Darcos, c'est toute la valorisation de l'enseignement professionnel. Pouvons-nous être satisfaits de voir 160 000 jeunes chaque année quitter l'Education Nationale sans aucune qualification, sans aucune destination, sans aucune perspective ?
Il y a dans l'Education Nationale beaucoup de gens qui se battent avec courage. Il faut leur donner la possibilité de faire en sorte que l'on puisse développer des filières d'éducation aux métiers, que l'on commence très jeune, dès 14 ans au collège, avec l'orientation et que dans l'orientation au collège on puisse aider les jeunes à s'orienter.

Et celui qui a des difficultés avec l'arithmétique ou avec la dictée, qu'il puisse aller au contact des métiers, y découvrir ses talents, reprendre confiance en lui-même et progressivement, d'abord au collège par le premier contact avec l'alternance, puis ensuite dans le lycée des métiers, puis après dans l'enseignement supérieur, au lycée avec les BTS, avec les licences professionnelles, de 14 à 21 ans, une vraie filière professionnelle qui donne à nos enfants les métiers dont ils ont besoin.

Nous sommes mobilisés pour l'emploi. François Fillon met toute son ardeur sur ces sujets, l'ensemble du gouvernement fait du chômage notre véritable adversaire. Nous sommes mobilisés sans esprit partisan sur cet adversaire numéro un du gouvernement qu'est le chômage.

Quatrième forte conviction de notre action, cette participation des Français que nous voulons privilégier dans les décisions de proximité. Je vous l'ai dit tout à l'heure, nous avons engagé une réforme de la Constitution, nous allons faire en sorte que nous puissions prochainement par des lois organiques transférer des compétences aux collectivités territoriales.

Je vous donne un exemple des progrès possibles en la matière. Nous avons tous été blessés, meurtris par ces terribles inondations qui ont récemment affecté le Gard. De nombreuses d'entreprises, des centaines et des centaines d'artisans avaient besoin de moyens financiers pour pouvoir faire face au redressement de leur activité. Et bien nous avons transféré les moyens de l'Etat à la collectivité régionale.

Au préalable, il fallait des dossiers d'instruction au Département, des dossiers d'instruction à la Région, des dossiers d'instruction à la Préfecture, et pendant ce temps-là, le temps passe et le chiffre d'affaires manque.

Et bien nous avons fait en sorte qu'un seul acteur, un seul guichet mobilise tous les moyens pour être au plus près des artisans et les aider rapidement.

C'est ça le besoin de simplification dont notre pays a besoin.

C'est aussi sur des sujets très importants. Dominique Perben est engagé dans une réforme essentielle qui fera l'objet d'un projet de loi prochainement également. Trois mille trois cents juges de proximité sur le terrain, de vrais magistrats qui pourront dégager la justice trop encombrée et faire en sorte que les efforts de la police puissent être prolongés par ceux de la justice et qu'on ne retrouve pas les délinquants saisis par la police libérés par la justice.

Nous avons besoin de cette justice proche, justice juste que les Français attendent. Ca fait partie de ces besoins que nous avons les uns et les autres à pouvoir donner aux Français.
Nous avons de nombreuses initiatives dans la proximité, avec le mécénat culturel, nous soutiendrons les initiatives, car la culture est un élément essentiel de la cohésion sociale.

Tout comme je veux dire un mot sur toutes les décisions que nous préparons pour les tous prochains mois pour nos amis de l'Outre-mer que je salue avec affection. Vous aurez vous aussi non seulement votre place dans la Constitution, dans la réforme constitutionnelle, mais vous aurez aussi, tel que le Président Jacques Chirac vient de s'y engager, la loi de programmation pour votre développement. Cela fait partie des priorités de mon gouvernement.

Enfin, je voudrais terminer en saluant l'ensemble des efforts qui sont faits pour que la cohésion sociale de notre pays soit aujourd'hui davantage renforcée. C'est ce que nous avons fait quand nous avons défendu la prime pour l'emploi. Nous avons allégé les impôts.

Alors, naturellement, j'entends ici ou là les esprits malveillants, notamment à l'assemblée Nationale le mardi et le mercredi, sur le côté gauche, heureusement le côté gauche est assez limité ! je les entends dire " vous avez baissé les impôts pour ceux qui en payent " Evidemment¿

C'est par là qu'il faut commencer. Et nous avons en effet allégé les impôts de ceux qui en payent. Ca, je le reconnais ! Et d'ailleurs, j'ai même l'intention de continuer¿

Mais au-delà de ça, on a aussi donné la prime pour l'emploi, pour deux milliards d'euros, pour ceux qui ne payent pas d'impôt. C'est-à-dire que nous sommes les vrais militants de la cohésion sociale et nous n'opposons pas les Français les uns aux autres. Nous faisons en sorte que l'unité nationale, sur cette politique comme sur les autres, puisse s'affirmer. C'est ce que nous faisons avec l'harmonisation des Smic.

Nous avons devant nous des sujets très importants et très difficiles. Avec Jean-François Mattéi notamment, nous travaillons avec toute son équipe sur l'hôpital 2007. On voit bien aujourd'hui combien la France a besoin qu'on soutienne ses hôpitaux, qu'on soutienne ses personnels si engagés fortement, dont nous voyons bien aujourd'hui qu'ils souffrent de difficultés importantes parce qu'ils n'ont pas maîtrisé le virage des 35 heures qui a pénalisé l'organisation des hôpitaux et de notre santé.

Nous devons faire les efforts nécessaires et nous allons investir pour que la France garde son système de santé, l'un des meilleurs d'Europe. C'est pour ça que nous voulons faire en sorte que nous puissions investir dans ce programme 2007 pour donner à notre système de santé les moyens nécessaires.

J'aurai aussi besoin de vous sur le dossier prioritaire de notre premier semestre 2003. Nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos au problème des retraites. Nous devons nous engager. Nous ne pouvons pas nier cette inflexion démographique en 2006 qui fait que nous ne pourrons plus assurer les retraites dans l'avenir.

Nous devons sauver notre système de retraite. Nous devons le sauver avec équité. Nous devons le sauver avec le souci de penser à l'avenir de notre pays, de penser à nos enfants, de penser à tous ceux aujourd'hui qui demandent à ce qu'est leur patrimoine, leur retraite puisse être observé, jugé par la société avec davantage d'équité et aussi de liberté.

Nos chantiers sont nombreux. Je pense aux contrats d'intégration pour valoriser tous ceux qui ont la nationalité française et qui aujourd'hui ne se sentent pas des Français à part entière. Je pense à tous les grands chantiers qu'il faut aujourd'hui assumer pour que notre France puisse défendre sa cohésion nationale, les chantiers dont le président de la République a récemment parlé. Je pense au scandale de l'insécurité routière. Je pense à la nécessaire mobilisation contre le cancer et je pense aussi à tous ces sujets qui sont aussi importants qui concernent l'ensemble des handicaps et cette loi de 75 qu'il nous faut rénover.

Vous voyez chers amis, la tâche est rude. Nous avons beaucoup de travail, mais vous comme nous, vous, militants de l'union, nous au gouvernement nous devons sans cesse travailler ensemble, travailler ensemble au service des Français, ministre égale serviteur. Nous sommes là pour servir la France, nous sommes là pour apporter aux Français le bonheur qu'ils ont le droit d'attendre de leur pays.

C'est au service des Français que nous nous sentons les uns et les autres en mission. C'est pour cela que je vous dis franchement, sincèrement et avec affection : Pour l'union, pour la République et pour la France.

(Source http://www.u-m-p.org, le 28 novembre 2002)

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