Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur le projet de réforme des systèmes de retraite, au Sénat le 5 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur le projet de réforme des systèmes de retraite, au Sénat le 5 décembre 2002.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réponse à une question posée par M. Claude Domeizel, sénateur PS, lors de la session des questions au gouvernement au Sénat le 5 décembre 2002

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Monsieur le sénateur,

Je remercie monsieur Mer de me laisser la possibilité de vous répondre. Puisque vous m'avez mis en cause, il est normal que je m'adresse [à vous], et le respect que je dois à la Haute assemblée mérite que je vienne moi-même apporter les réponses que vous attendez. Et donc, comme il s'agit d'un sujet d'une extrême clarté, je n'ai vraiment aucune difficulté à m'exprimer devant vous. Vous avez dit qu'il ne fallait pas faire référence aux gouvernements du passé. Je suis bien d'accord avec vous, nous ne regardons d'ailleurs que l'avenir.

Sur ces sujets-là, je voudrais vous dire que nous sommes dans une situation particulièrement préoccupante. Vous savez comme moi, qu'en 2006, les classes nées après la guerre vont partir à la retraite, et que donc on va avoir un gonflement statistique très important des retraités, à un moment où la population active, elle, va aller vers un rétrécissement de ses effectifs particulièrement important. Donc, nous sommes devant une vraie équation nationale difficile qu'il faut regarder en face.

Je dois dire qu'il est très important que, dans le pays, on prenne conscience de cette réalité : aujourd'hui, l'avenir de notre système de retraites par répartition n'est pas assuré. Le Gouvernement que j'ai l'honneur de diriger entend bien assurer un avenir au système de retraites par répartition. C'est un engagement que nous avons pris, mais je dois vous dire qu'aujourd'hui, les éléments statistiques et financiers qui sont en ma possession ne me permettent pas de dire que cet avenir est assuré. Et j'entends bien faire en sorte que l'action que nous engagerons nous permette d'assurer cet avenir. Alors, qu'allons-nous faire ?

Nous allons faire en sorte que, d'abord, sur ces sujets, une information nationale soit particulièrement diffusée et répartie pour que les Françaises et les Français participent à ce débat. Je vois, ici ou là, quelquefois, des tentations d'opposer le privé au public. Je ne souhaite pas qu'on oppose les Français les uns aux autres. Notre Gouvernement n'oppose pas les Français. Il cherche, au contraire, à les rassembler. Et donc, nous expliquerons. Nous expliquerons le statut des uns et des autres, l'histoire de ces statuts, pourquoi nous en sommes là, et donc les Français ont droit à l'explication, à l'information, sur le système de retraites tel qu'il a été, par l'histoire, construit. Donc, nous ferons ce travail d'information pour les uns et pour les autres. Nous ferons ensuite une grande concertation nationale avec tous les partenaires sociaux. Il est clair que nous voulons être attentif à ce que disent les uns et les autres, sur ce sujet.

Le dialogue, il ne faut jamais le regretter. Vous savez, à chaque fois qu'on a bousculé le dialogue, on a eu à s'en mordre les doigts. Moi, je prends le temps du dialogue et de la concertation. Cela fait partie de notre nature et de notre conviction. Et donc, nous prendrons le temps de la concertation. J'en connais beaucoup qui se sont mordu les doigts de ne pas avoir donné ce temps à la concertation nécessaire. N'allez pas chercher ailleurs les exemples que vous avez en vous-mêmes.

Sur le fond, concertation. Ce que je vous propose, c'est que, globalement, le Gouvernement va achever son travail interministériel au cours du mois de janvier. Et, en février, mars, avril, nous pourrons avoir une concertation approfondie avec l'ensemble des partenaires sociaux. Et là, l'ensemble des partenaires pourront exprimer leurs souhaits, leurs visions des sujets. Et puis, nous viendrons devant le Parlement vous proposer de faire face à vos responsabilités, tous ensemble. Nous vous proposerons les réformes nécessaires. Ces réformes, elles seront inspirées, d'abord, de la volonté que nous avons de sauver le système des retraites par répartition, et d'autre part, de faire en sorte que dans la société française, il y ait davantage d'équité.

Je tiens à le dire, clairement : le combat qui est le nôtre, c'est le combat de la justice, c'est le combat de l'équité, ce n'est pas le combat des privilèges. Et donc, dans ce sujet-là, il est clair que nous ferons en sorte les Françaises et les Français puissent se prononcer dans ce débat-là, un débat national, avec de multiples conférences régionales, avec une vraie ouverture sur le choix qui saura être celui de la représentation nationale, et c'est donc au printemps prochain, tel que je m'y suis engagé devant vous, à l'occasion du discours de politique générale, que nous appellerons le Parlement à trancher les travaux que nous aurons animés.

Voilà qui me paraît de bonne démocratie : un gouvernement réfléchit et instruit, engage une concertation, et un Parlement qui décide. Vous pourrez le faire et, ce, dans le calendrier tel qu'il a été annoncé par monsieur le président de la République, et dans le discours de politique générale que j'ai eue l'occasion de tenir devant vous.

(source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 6 décembre 2002)

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