Déclaration de M. Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales, sur la filière cheval et la responsabilité donnée aux Haras nationaux en terme de politique d'élevage, Paris le 3 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales, sur la filière cheval et la responsabilité donnée aux Haras nationaux en terme de politique d'élevage, Paris le 3 décembre 2002.

Personnalité, fonction : GAYMARD Hervé.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales

Circonstances : Inauguration du Salon du cheval à Paris le 3 décembre 2002

ti : Monsieur le Président, cher Christian PATRIA,
Monsieur le Président, cher Jean LESNES
Madame la Directrice, Madame LE PAUTREMAT,
Madame la Directrice Générale, chère Emmanuelle BOUR,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


" La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats ". Qui n'a jamais entendu cette belle citation de l'Histoire naturelle de BUFFON ? Très peu d'entre nous en fait, car le cheval est fortement associé à la projection des rêves que l'homme se fait de lui-même. Il nous habite dès l'enfance et nous offre la possibilité d'échapper à la monotonie de notre condition. Le secteur du cheval est sans doute, je dois le dire, parmi les plus attachants de mes attributions de Ministre de l'Agriculture et des Affaires Rurales. Aussi est-ce, quelques semaines après mon premier contact avec le monde des courses lors du Prix de l'Arc de Triomphe, avec un très vif plaisir que je viens aujourd'hui vous rencontrer. Permettez moi, Monsieur le Président, de vous remercier pour votre accueil chaleureux et de vous dire combien j'y ai été sensible.

Mais il est avant tout, on l'oublie trop souvent, un secteur dynamique qui génère de nombreux emplois. Ancrée dans le monde agricole, votre filière constitue également une dimension importante des affaires rurales, dont j'ai la charge. Elle participe, d'une part, à la diversité des exploitations et à la préservation de l'environnement. Elle constitue, d'autre part, un lien bienvenu entre le monde des villes et celui des campagnes qui trop souvent s'ignorent.

Votre filière a été marquée en septembre par deux événements : la victoire éclatante de nos équipes aux Championnats de Jerez de la Frontera et la nomination d'Emmanuelle BOUR à la tête de l'établissement public de nos Haras Nationaux, et vous comprendrez que je souhaite vous en parler sans attendre. * * * Les succès remportés à Jerez de la Frontera viennent récompenser les efforts patients de la filière, mais aussi son génie, auquel COCTEAU, vous le savez, associait l'image puissante d'un " cheval emballé qui gagne la course ".

Je voudrais profiter de cette occasion pour vous adresser à tous, mes plus sincères félicitations pour ces remarquables résultats. C'est l'alliance que vous formez entre les mondes de l'élevage et du sport qui a permis à la France de galoper en tête. Ce succès est avant tout celui d'une équipe et je voudrais, à cet égard, saluer l'opiniâtreté de Madame REVERDY, à la tête de la Fédération Française d'Equitation, et lui adresser mes plus sincères félicitations pour le travail qu'elle accomplit. Je souhaiterais également rendre hommage au travail inlassable de notre Directeur Technique National et des entraîneurs. Je voudrais, enfin, féliciter nos cavaliers pour leur adresse, nos soigneurs pour l'attention qu'ils portent aux chevaux, et tous les propriétaires pour leur persévérance et leur passion.

C'est précisément pour conforter cette vitalité de nos élevages, que j'ai voulu confier aux associations de races la responsabilité de la politique de l'élevage et faire des Haras Nationaux un établissement d'experts et de partenaires. * * * J'en viens ainsi au second événement que fut la nomination d'Emmanuelle BOUR, que je salue, à la tête de notre établissement public des Haras nationaux.
Je sais que, comme tous les éleveurs, vous attendez beaucoup de nos Haras. Je veux remercier Emmanuelle BOUR pour l'ardeur qu'elle mettra à réformer leur fonctionnement et lui fais confiance pour répondre aux attentes de la profession et des collectivités locales réunis autour des projets cheval, et mettre en ¿uvre les priorités que je lui ai assignées.
Sous votre impulsion, chère Emmanuelle BOUR, les Haras deviendront, avec la participation des socioprofessionnels, un organisme à vocation économique et technique permettant de structurer la filière. Vous travaillerez toujours en étroite concertation avec les collectivités locales, et en particulier les régions, en faveur du développement économique et territorial. Vous contribuerez également à l'ambitieux mouvement de décentralisation voulu par le Premier ministre. A l'écoute des expérimentations des collectivités locales, vous trouverez, en lien avec les professionnels du cheval, une organisation décentralisée de l'établissement, de façon à en faire un outil de proximité au service du développement local.
Vous participerez, par ailleurs, à la réorganisation de la filière. Dans ce cadre, j'ai bon espoir que l'accord interprofessionnel FIVAL soit déposé rapidement et que la procédure officielle d'extension aboutisse à brève échéance. Vous concourrez également au recadrage des missions régaliennes qu'elle assume, à la clarification de ses compétences et à la simplification de ses procédures administratives. Vous veillerez à bâtir la nouvelle identité de l'établissement, avec la participation de son personnel, dont la compétence est unanimement reconnue, le souci d'une communication interne et externe accrue, et la démarche d'inscrire l'évolution de l'établissement dans la perspective du contrat d'objectif qui sera bientôt signé. Vous remplirez ainsi efficacement, au service des socioprofessionnels, votre rôle de soutien économique et technique de la filière.


Notre filière d'élevage, je vous l'ai dit, fait également partie intégrante des affaires rurales, dont j'ai la charge. Vous le savez sans doute, j'entend présenter au Parlement un projet de loi sur les affaires rurales, avant la fin du premier semestre 2003, et apporter ainsi une réponse aux difficultés que traversent nos campagnes.

L'espace rural est, en effet, confronté à des évolutions contrastées. Comme l'a fortement souligné le Président de la République, lors d'une intervention à Ussel, le 13 avril dernier, la politique d'aménagement du territoire a trop souvent délaissé le monde rural.

Notre espace rural mérite pourtant une véritable ambition. Il est temps pour l'Etat de définir une nouvelle politique, reposant sur une articulation plus efficace entre les échelons communautaire, national et local. Il y va de l'équilibre de notre pays et de sa cohésion, et votre filière pourra jouer un rôle précurseur dans ce rapprochement.

Lors du Conseil des ministres du 20 novembre j'ai présenté les quatre axes de cette nouvelle politique rurale que j'entends mettre en place :

- le développement économique des territoires ruraux, qui suppose un accès à des services aux publics de qualité ;

- un partenariat renforcé entre les agriculteurs et la société ;

- la mise en valeur du patrimoine naturel ;

- enfin la rénovation et une meilleure mise en valeur du patrimoine bâti.

Vous le voyez, la filière cheval occupera une place importante dans mon projet de loi, et je veux vous inviter à prendre une part active à sa préparation.

Voilà, Mesdames, Messieurs, quelques mots sur la réorganisation de notre filière. Mais, je voudrais, pour conclure reitérer aux lauréats mes plus vives félicitations pour leurs brillantes victoires.

Bravo encore à vous tous qui faîtes l'honneur et l'excellence de nos élevage !
Je vous remercie.

(Source http://www.agriculture.gouv.fr, le 5 décembre 2002)

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