Déclaration de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, sur la construction européenne, Orléans le 6 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, sur la construction européenne, Orléans le 6 décembre 2002.

Personnalité, fonction : LENOIR Noelle.

FRANCE. Ministre délégué aux affaires européennes

Circonstances : Réunion de lancement des forums régionaux dans le cadre de la campagne d'information sur l'Europe à Orléans le 6 décembre 2002

ti : Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre,
Madame la Ministre,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs,


Permettez-moi à mon tour de saluer la présence ici de Madame Kalniete. J'ai déjà eu le plaisir de l'apprécier en tant qu'ambassadrice à Paris. Et je la félicite de sa belle promotion.

Dans une semaine à Copenhague, l'injustice dont vous avez souffert, Madame la Ministre, sera réparée.

Cette Europe qui se construit avec votre peuple et avec nos autres futurs partenaires était-elle si inattendue ? Non, car déjà les "pères fondateurs" - Monnet, Schuman, Adenauer ou de Gasperi - avaient prédit que l'Europe accueillerait un jour ces pays. Ce jour est venu.

L'élargissement n'est donc pas une rupture, mais l'accomplissement même du projet européen : un projet de justice, de paix, et de progrès social et humain. C'est le projet du Président de la République et du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Ces nations qui nous rejoignent sont le ferment d'une nouvelle ambition. Pour avoir attendu si longtemps, elles ne veulent pas d'une Europe impuissante, d'une Europe qui se déferait en se faisant.


Elles veulent une Europe plus forte, à l'image de celle dont Dominique de Villepin a tracé les contours. Quant à la "Constitution européenne" sur laquelle travaille la Convention présidée par le président Giscard d'Estaing, c'est une expérience unique dans l'histoire.

Qui aurait pu en effet seulement imaginer qu'un consensus entre les Etats se forme ainsi autour de l'idée d'une Constitution européenne ?

Qui aurait pu penser que les Français se déclarent déjà largement favorables à cette idée neuve en Europe ?


Il existe donc en France une attente pour une Europe proche de nos préoccupations et qui répond à nos problèmes. Une Europe qui est l'expression de nous-mêmes.

Sécurité et solidarité sont les deux priorités que les Français assignent à l'Europe.

Sécurité publique, d'abord, avec la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Contre ces fléaux, l'Europe a marqué des points avec le gel des avoirs terroristes, la coopération entre les polices ou encore la mise en place d'un mandat d'arrêt européen.

Sécurité alimentaire, ensuite, avec le renforcement des contrôles vétérinaires et sanitaires.

Sécurité maritime, enfin, avec le bannissement des pétroliers vétustes qui mettent en péril nos côtes, avec à chaque naufrage leur lot inadmissible de drames humains. Le président de la République l'a fortement rappelé, l'Europe en ce domaine doit assumer toutes ses responsabilités.

Car les Français ne veulent pas moins d'Europe. Ils veulent plus d'Europe, c'est-à-dire une Europe plus efficace et donc plus responsable.

Seconde priorité de nos concitoyens : la solidarité.

Solidarité, avec la lutte contre le chômage et l'exclusion sociale d'abord. C'est à cette exigence que doit répondre l'Europe sociale que la France promeut à Bruxelles.

Solidarité ensuite avec le Sud, en particulier l'Afrique frappée dans ses forces vives par la pandémie du Sida. Là encore, le président et le gouvernement entendent que l'Europe soit l'avant-garde du combat pour l'accès aux médicaments et aux soins.


En 1849, Victor Hugo écrivait :

"Un jour viendra où [¿] toutes les nations du continent, sans perdre leurs qualités distinctes et leur glorieuse individualité, se fondront étroitement dans une unité supérieure et constitueront la fraternité européenne.

Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant aux idées.

Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes".

Comme l'avait prophétisé Hugo, l'Europe se construit aujourd'hui selon ces mêmes principes de la démocratie, dans l'échange et le respect de l'autre.

Ecouter et non imposer. Débattre et convaincre. Tel est le sens de notre réunion ce soir avec Dominique de Villepin autour de Jean-Pierre Raffarin. Tel est le sens du dialogue engagé ce soir avec les citoyens sur l'Europe.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 décembre 2002)

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