Déclaration de Mme Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies, sur l'éducation à la civilité et à la citoyenneté sur Internet, Paris le 22 novembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies, sur l'éducation à la civilité et à la citoyenneté sur Internet, Paris le 22 novembre 2002.

Personnalité, fonction : HAIGNERE Claudie.

FRANCE. Ministre délégué à la recherche et aux nouvelles technologies

Circonstances : Débat "Citoyenneté sur Internet" lors du salon de l'éducation à Paris le 22 novembre 2002

ti : Mesdames, Messieurs,

Ma présence parmi vous aujourd'hui pour entendre les conclusions de votre débat sur l'éducation à la civilité et à la citoyenneté sur l'Internet, s'explique par l'importance que ce thème me paraît avoir dans la mission qui m'a été confiée de faciliter l'appropriation des nouvelles technologies.

Internet est un outil éducatif car il permet l'accès à la connaissance, mais c'est aussi un outil d'éducation à la civilité, à la citoyenneté. Au même titre que les enfants apprennent la prudence, la politesse et les bonnes manières, ils apprennent aussi les règles de bonne conduite sur Internet.

Internet est un outil d'éducation pour l'enfant à l'école, pour le jeune au lycée, mais aussi pour ce jeune chez lui, pour ses frères et soeurs, pour ses parents. La dimension d'appropriation familiale de l'Internet, et, espérons-le, de ses valeurs de civilité, ne doit pas être oubliée.

Nous sommes ici au salon de l'éducation, et, à mon sens, l'éducation ce n'est pas seulement l'Education nationale, c'est aussi l'éducation que chacun d'entre nous donne à ses enfants. Eduquer ce n'est pas seulement instruire, c'est aussi élever, au sens littéral d'aider à grandir.

Le Président de la République a voulu un grand ministère alliant jeunesse et éducation, et c'est une première qu'avec MM. Ferry et Darcos nous souhaitons pleinement mettre à profit.

Car éduquer ses élèves, élever ses enfants, avoir des enfants éduqués, être soi-même éduqué, c'est un enjeu majeur de notre société à l'heure actuelle.


L'Internet véhicule un certain nombre de valeurs, vous en avez débattu, mais il me paraît important de le rappeler car ces valeurs sont essentielles pour l'équilibre de notre société et je me sens porteuse de ces valeurs au sein de notre Gouvernement.

Liberté d'expression et respect de la liberté d'expression d'autrui. Prohiber la diffamation, l'injure. Respecter la loi, respecter les autres, dans la virtualité bien réelle d'Internet comme dans la réalité.

Respect de la propriété intellectuelle d'autrui. Apprendre à citer ses sources, apprendre à citer, tout simplement, c'est-à-dire apprendre à nourrir sa pensée de celle d'autrui.

Faire l'exercice de sa liberté. N'est-ce pas tout le but d'une éducation réussie que d'amener l'enfant vers l'autonomie et le bon usage de sa liberté ?

La recherche sur Internet apprend aussi à aiguiser son propre discernement : savoir quelles sont les bonnes informations, leur degré de fiabilité.

Chacun doit respecter autrui sur Internet, mais chacun doit être respecté : confidentialité des données personnelles de chacun, droit d'accès aux informations me concernant. La loi "Informatique et Libertés" de 1978 a contribué à renforcer la confiance dans l'informatique, les bases de données, maintenant l'Internet, mais il reste beaucoup à faire.

Depuis six mois, un certain nombre d'initiatives ont été prises dans le domaine qui vous concerne et elles méritent d'être mieux connues.

Une charte-type entre l'établissement d'éducation et son élève, le cas échéant visée par les parents, a été mise à disposition. Le principe même m'en paraît intéressant, étant entendu qu'il ne dégage personne de ses propres responsabilités.

La convention signée en mai 2002 entre le Ministère et le Forum des Droits sur l'Internet sur l'éducation aux valeurs de civilité de l'Internet a pris effet à la présente rentrée scolaire, avec une expérimentation dans une trentaine d'établissements des académies d'Amiens, de Créteil, de Reims et de Rouen. Je suivrai avec intérêt les premiers retours d'expérience.

Un point sur lequel nous devons porter une attention particulière est celui du filtrage de contenus.

J'ai demandé à la Direction de la Technologie de créer, avec le Ministère délégué à l'Enseignement Scolaire et en étroite liaison avec le Ministère délégué à la Famille, un groupe de travail consacré aux logiciels de filtrage.

Ce travail de recensement devra prendre en compte plusieurs aspects : citons la fréquence de renouvellement des sites prohibés, les modes de présentation de ces logiciels, comme l'intégration dans un service éducatif ou culturel, mais aussi la facilité de téléchargement, de paramétrage et d'utilisation, pour un enseignant ou une famille.

Ce groupe remettra ses conclusions au cours du 1er trimestre 2003. Elles seront ensuite rendues publiques et mises en ligne sur le site Educnet consacré aux technologies dans l'éducation.

Par ailleurs le réseau RIAM (réseau de Recherche et d'Innovation en Audiovisuel et Multimedia) d'appui financier à l'innovation dans l'audiovisuel et le multimédia, qui soutient déjà des logiciels ou plate-formes éducatives, examinera attentivement les projets de logiciels de filtrage ou de produits intégrant de tels logiciels.

Entendons-nous bien : l'enfant doit rester curieux et émerveillé sur Internet, il doit garder le plaisir de la découverte, de l'imprévu, de l'inconnu et de la surprise qui sont les ingrédients habituels de l'acte de création et de recherche.

Le filtrage de contenu n'est qu'un outil d'une politique plus globale d'éducation et de discernement. Mais nous devons à nos enseignants, à nos acteurs éducatifs, à nos concitoyens, l'information sur ces outils. Elle est nécessaire pour faire grandir la confiance dans l'Internet.

L'Internet, la technologie, la science : mettre des valeurs, donner du sens, tel est l'enjeu de notre société et le défi qu'avec votre aide à tous je souhaite relever.

Je vous remercie de votre attention.

(source http://www.recherche.gouv.fr, le 25 novembre 2002)

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