Interviews de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à "La Nouvelle république du Centre" le 12 et dans "Le Parisien" du 13 décembre 2002, sur les mesures gouvernementales en faveur des conditions de travail et du recrutement des militaires et sur la coordination entre la police et la gendarmerie pour la sécurité intérieure. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à "La Nouvelle république du Centre" le 12 et dans "Le Parisien" du 13 décembre 2002, sur les mesures gouvernementales en faveur des conditions de travail et du recrutement des militaires et sur la coordination entre la police et la gendarmerie pour la sécurité intérieure.

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle, ECHKENAZI Alexandra.

FRANCE. Ministre de la défense

ti : Nouvelle République : Recrutement important de sous-officiers dans la gendarmerie, amélioration de leurs conditions de travail et de leurs rémunérations, avez-vous d'aussi bonnes nouvelles à annoncer aux sous-officiers de l'armée de terre ?

Mme Alliot-Marie : L'amélioration du cadre de l'activité des personnels militaires, de leur environnement professionnel et de leur condition constitue un des trois axes d'effort majeur de la loi de programmation militaire. Les conditions dans lesquelles les militaires des trois armes et les gendarmes vivent au quotidien leur vie professionnelle et familiale, leur entraînement constituent pour le gouvernement et pour le ministre de la défense une priorité.

Il s'agit en effet de rendre à nos forces armées toutes leurs capacités opérationnelles et de reconnaître leur valeur. Nous devons nous attacher aussi à rétablir la disponibilité des matériels, largement dégradée au cours des cinq dernières années, et à les doter d'équipements modernes et performants.

Pour ne citer que quelques chiffres concernant l'armée de terre, la loi de programmation militaire prévoit ainsi un accroissement des effectifs d'engagés volontaires de 2 500 personnes, avec dès l'année 2003 un recrutement de 1 000 engagés volontaires.

Pour l'entraînement, la condition de leur efficacité, mais aussi de leur sécurité, les crédits dévolus à cette activité dans le prochain budget de la défense atteindront, pour la première fois depuis 1997, le milliard d'euros. Enfin, en ce qui concerne les rémunérations, non seulement le plan d'amélioration de la condition militaire annoncé en 2002 sera intégralement financé en 2003, mais un certain nombre de mesures complémentaires dans le domaine social ont été inscrites au budget - aides au logement des engagés militaires du rang chargés de famille, aides à l'éducation notamment - pour un montant total de près de 40 millions d'euros.

L'ENSOA accueille chaque année trois mille élèves sous-officiers. Entendez-vous faire évoluer la formation qui y est aujourd'hui dispensée ?

L'armée de terre compte aujourd'hui 49 700 sous officiers, qui sont tous passés par Saint Maixent. Les qualités de rigueur, de professionnalisme, de maîtrise dans des situations souvent complexes dont ils font quotidiennement preuve sur les théâtres d'opérations extérieures sont unanimement reconnues, y compris par nos alliés. Elles démontrent, s'il en était besoin, l'excellence de la formation délivrée à l'ENSOA, qui répond aux besoins de l'armée de terre.

J'aimerais attirer votre attention sur un point : la promotion dont je vais présider le baptême se dénomme " Adjudant Saïmi Abdallah Ben Ahmed ", du nom d'un tirailleur marocain né en 1916 au Douar Tagrourt au sein de la tribu des Ben Azra, et mort au champ d'honneur le 31 mars 1954 en Indochine lors des combats de Dien Bien Phu.

Je trouve que le choix fait par les élèves est particulièrement fort et très symbolique au lendemain de l'hommage national rendu par le Président de la République, lors de l'inauguration quai Branly à Paris du mémorial national de la guerre d'Algérie, aux soldats de métier, combattants volontaires, Français musulmans engagés dans les forces supplétives, appelés et rappelés du contingent morts pour la France en Afrique du Nord.

Depuis la professionnalisation, l'Armée de terre multiplie les campagnes de recrutement dans les galeries marchandes des hypermarchés ! Y a-t-il suffisamment de vocations ?

L'armée de terre recrute plus de 16 000 jeunes par an. En se professionnalisant, elle est devenue l'un des premiers employeurs de notre pays, notamment lorsqu'il s'agit d'offrir une première expérience professionnelle. Elle développe cette action en utilisant tous les moyens à sa disposition. L'expérience montre cependant que rien ne remplace le contact direct avec les jeunes ; c'est pourquoi elle va à leur rencontre, aussi bien dans les salons que sur les plages ou dans les centres commerciaux.

Je peux vous rassurer. A l'heure actuelle, l'armée de terre suscite suffisamment de vocations - il y a en effet près de trois candidats pour un poste. Nous devons toutefois rester très vigilants sur ce sujet en fonction des évolutions du marché du travail.

C'est la raison pour laquelle la loi de programmation a institué un fonds qui vise en particulier à améliorer l'attractivité du recrutement dans les armées. En 2003, 11 millions d'euros seront consacrés à ce dispositif.

(source http://www.defense.gouv.fr, le 16 décembre 2002)
Le Parisien : Le projet de redécoupage police-gendarmerie provoque des remous. Que pouvez-vous dire aux maires qui, comme celui d'Othis, préfèrent garder leur poste de police et pensent que les gendarmes sont moins disponibles ?

Mme Alliot-Marie : Ces craintes ne sont pas fondées : policiers et gendarmes seront parfaitement et identiquement disponibles. Pour assurer la sécurité de nos concitoyens, il s'agit de tenir compte des réalités locales. Je tiens à souligner que, pour mener à bien cette action, le gouvernement a engagé un effort budgétaire sans précédent. Ainsi, le ministère de la défense créera 7 000 emplois de gendarmes entre 2003 et 2008.

A contrario, d'autre élus comme le maire de Lagny, ont peur de perdre leur caserne...

La réforme ne se fera ni contre les policiers ou les gendarmes, hommes et femmes qui assurent la sécurité de nos concitoyens au quotidien, et à qui je tiens à rendre hommage, ni contre les élus. Je rappelle que le maillage territorial de la gendarmerie date de 1850... Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la France a beaucoup changé depuis, que la délinquance et la criminalité ont beaucoup évolué. Il faut aujourd'hui mieux répondre à l'attente de nos concitoyens.

Depuis que le Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a en charge la responsabilité de la gendarmerie en ce qui concerne la sécurité intérieure, quel est votre rôle exact ?

Le ministre de l'Intérieur est effectivement désormais responsable de l'emploi des gendarmes pour l'exercice de leurs missions de police. Pour leurs missions de défense, ils relèvent du ministre de la Défense. Nous menons, le ministre et moi-même, cette action en parfaite coordination. Les derniers résultats relatifs à l'évolution de la délinquance sont là pour démontrer la pertinence du choix effectué.

Les uniformes devraient bientôt changer. Est-ce une façon d'annoncer une nouvelle ère pour la gendarmerie ?

Effectivement, dans leurs activités quotidiennes, les gendarmes vont changer d'apparence. Il est devenu nécessaire de les doter d'une tenue adaptée aux conditions d'exercice de leur métier. Je fais pleinement confiance à ce corps d'élite pour réussir cette nouvelle mutation.

(propos recueillis par Alexandra Echkenazi)


(source http://www.defense.gouv.fr, le 17 décembre 2002)

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