Déclaration de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, sur le conseil européen de Copenhague, le projet de constitution européenne et la campagne d'information sur l'Europe, Paris le 16 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, sur le conseil européen de Copenhague, le projet de constitution européenne et la campagne d'information sur l'Europe, Paris le 16 décembre 2002.

Personnalité, fonction : LENOIR Noelle.

FRANCE. Ministre délégué aux affaires européennes

Circonstances : Présentation à la presse du sport télévisé de l'association "Civisme et démocratie" (CIDEM), Paris le 16 décembre 2002

ti : Mes chers amis,

Si nous sommes réunis aujourd'hui, ce n'est pas seulement, vous l'imaginez, pour découvrir ensemble le spot télévisé que le Gouvernement français a commandé au CIDEM dans le cadre de sa grande campagne d'information sur la nouvelle Europe. C'est aussi pour fêter cet événement tant espéré, et malgré tout si extraordinaire, qu'a constitué pour nous tous le Conseil européen de Copenhague. Dans cette belle capitale du Danemark, les chefs d'Etat et de gouvernement de 28 pays rassemblés pour la circonstance se sont montrés sensibles au chant de la petite sirène : un chant de paix, d'unité et de solidarité. Et ils ont bien fait.

L'élargissement de l'Union est en effet plus qu'une étape dans la construction européenne. C'est une date historique comme on en vit peu en un siècle. Je n'hésite pas à le dire : cet élargissement est pour l'Europe une seconde naissance. Bien des fées se sont penchées sur le berceau de cette nouvelle Europe. Je suis fière, pour ma part, d'appartenir à un gouvernement qui - à travers le président Chirac, le Premier ministre et le ministre des Affaires Etrangères - a beaucoup ¿uvré pour que le Conseil européen du 13 décembre 2002 soit un plein succès. Mais parmi toutes ces fées, la présidence danoise a joué un rôle à part que je tiens à saluer ici en votre nom à tous, cher Hans Bruun. Sans le sens du dialogue et la capacité d'écoute dont sont traditionnellement capables nos amis danois, sans l'art de la diplomatie du Premier ministre Rasmussen, les âpres négociations, qui se sont poursuivies tard dans la soirée de vendredi, n'auraient sans doute pu aboutir dans d'aussi bonnes conditions. C'est à dire à la satisfaction de tous les protagonistes. Que le gouvernement danois en soit chaleureusement remercié.

Et maintenant - comme dit la chanson - qu'allons nous faire ? Maintenant ? Eh bien le chantier est immense. Il ne fait que commencer. Certes, depuis plus de dix ans, vous avez déjà déployé, en tant que futurs membres de l'Union, des efforts considérables pour intégrer l'acquis communautaire et vous doter d'une économie de marché viable et solide. Mais chacun est conscient des contraintes qu'entraîne nécessairement l'appartenance à une grande famille comme celle de la nouvelle Europe. Plus le cercle de famille s'agrandit, plus la discipline collective est exigeante. Pour les uns comme pour les autres, nous devrons tous nous y plier. C'est pourquoi, il était indispensable de refonder le pacte européen qui nous unit. Encore une fois, c'est miracle que chaque pays puisse ainsi participer à cette ¿uvre de reconstruction au sein de la Convention sur l'avenir de l'Europe. La Constitution européenne, qui sortira des travaux de la Convention puis de la Conférence intergouvernementale, a vocation à durer. Sans cela, elle manquerait son but qui est de consacrer les valeurs que nous partageons et de fixer le cadre des institutions démocratiques de l'Europe. Bonne chance donc, aux présidences grecque et italienne qui auront la responsabilité de coordonner ces travaux.

L'Europe est un espace multiculturel, le lieu d'élection des civilisations les plus diversifiées et les plus anciennes. Pour tirer partie de cette diversité qui est une richesse, il nous faut, nous Européens plus encore que les autres, faire preuve d'ouverture d'esprit et de tolérance. "Respect de l'Homme, respect de l'Homme, là est la pierre de touche¿", disait Saint-Exupéry, "si le respect de l'Homme est fondé dans le c¿ur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le système social, politique et économique qui consacrera ce respect ", ajoutait-il. C'est pareil système que nous entendons consolider en Europe. Encore faut-il être en mesure de mieux l'expliquer à l'opinion. Car le temps n'est plus où la construction européenne pouvait se réaliser à l'abri des regards "indiscrets" des citoyens qu'elle concerne.

Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a bien conscience que l'information des citoyens français sur l'Europe n'est pas ce qu'elle devrait être. Paradoxe dans un pays qui est pourtant l'un des fondateurs de l'Europe ! Lointaine, bureaucratique, voire abstraite, telle est la façon dont mes concitoyens jugent trop souvent l'Europe. Plus que d'un déficit démocratique de l'Europe, il faut parler à mon sens d'un déficit d'image. D'où la grande campagne de communication et d'information que le Premier ministre m'a demandé d'animer à travers l'organisation de Forums régionaux. Le Premier ministre se rendra dans plusieurs villes de France, comme il l'a déjà fait à Orléans, pour aller à la rencontre des Français et leur parler des grands thèmes que sont, par exemple, la diversité culturelle, la sécurité, le modèle social européen. Quant à moi, j'animerai à partir de janvier prochain des rencontres dans l'ensemble des régions de France pour dialoguer avec les Français sur l'Europe. Je compte d'ailleurs le faire en invitant d'autres Européens, car ce dialogue doit avant tout être européen. Notre but n'est pas de confisquer le débat mais de l'ouvrir au contraire à toutes les composantes de la société et de faciliter à chaque fois les contacts humains et l'échange d'expériences. Rien ne vaut le dialogue et le débat. Car notre avenir commun, nous le bâtirons ensemble.

Outre ces Forums, plusieurs actions ont été ou seront engagées. J'ai ainsi lancé voici quelques semaines au Salon de l'Education, le départ des "caravanes pour l'Europe", une opération organisée par le CIDEM et que nous soutenons financièrement avec la Commission européenne. Pendant tout le mois de décembre, ces caravanes transportent des jeunes aux quatre coins de l'hexagone pour les amener à la rencontre de leurs semblables. Les jeunes s'adressent aux jeunes : voilà l'idée des caravanes pour l'Europe. J'ai par ailleurs décidé, en liaison avec la Commission européenne et le Parlement européen, de lancer une campagne d'affiches que vous pourrez bientôt voir dans les principales gares de France et qui représentent l'Europe en voie d'élargissement. Enfin, le spot télévisé que nous allons voir dans un instant, dans sa simplicité enfantine, dit bien ce qu'il veut dire : à savoir que nous ne construisons pas l'Europe seulement pour nous, mais surtout pour nos enfants et les générations à venir. Si nous voulons en effet que le triste sort qui fut au siècle dernier celui de notre continent ne soit plus qu'un mauvais souvenir, notre devoir est de leur léguer une Europe en état de marche. Une Europe garante de nos libertés et de la solidarité entre nos peuples.

Merci d'être là pour partager ce moment avec nous.


(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 décembre 2002)

Rechercher