Point de presse conjoint de MM. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, et Benjamin Netanyahou, ministre israélien des affaires étrangères, sur les relations entre la France et Israël, la situation au Proche-Orient, la question de l'adhésion de la Turquie à Union européenne, et la réaction française au rapport de l'Irak sur son armement, Paris le 19 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse conjoint de MM. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, et Benjamin Netanyahou, ministre israélien des affaires étrangères, sur les relations entre la France et Israël, la situation au Proche-Orient, la question de l'adhésion de la Turquie à Union européenne, et la réaction française au rapport de l'Irak sur son armement, Paris le 19 décembre 2002.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie

Circonstances : Visite en France de M. Benjamin Netanyahou, ministre israélien des affaires étrangères les 19 et 20 décembre 2002 : entretiens avec M. de Villepin le 19 et M. Sarkozy le 20

ti : Laissez-moi tout d'abord vous dire combien je suis ravi de recevoir le ministre des Affaires étrangères, M. Benjamin Netanyahou, à l'occasion de sa tournée en Europe.

Cette première rencontre m'a donné l'occasion de lui redire l'amitié ancienne et profonde que la France éprouve pour Israël.

Je lui ai dit par ailleurs la volonté très forte et très déterminée qui était celle de la France, du président de la République, de développer, d'intensifier les relations bilatérales entre nos deux pays.

Il y a trois mois, nous avons pris ensemble l'initiative de créer un groupe de travail, pour faire des suggestions, des propositions sur la façon de développer ces relations. Du côté français, nous avons choisi le professeur Khayat, l'éminent cancérologue qui s'est déjà mis au travail et qui m'a remis un premier rapport de propositions que nous allons examiner et du côté israélien, je crois que c'est le grand écrivain, M. Jeoshua, qui a été chargé de la même mission.

Qu'il s'agisse du dialogue politique, qu'il s'agisse des relations culturelles, qu'il s'agisse des relations économiques, nous attendons des propositions qui permettent d'intensifier les relations entre nos deux pays dans les différents domaines de coopération.

J'ai bien sûr abordé avec le ministre israélien des Affaires étrangères la situation du Proche-Orient, pour lui dire à quel point nous étions déterminés et mobilisés pour condamner le terrorisme, sous quelque forme que ce soit.

Pour la France, la sécurité d'Israël est un impératif et nous ne transigerons jamais sur cette question de sécurité.

Bien évidemment, le cycle de la violence dans cette région est une source profonde de préoccupation pour la France. Nous pensons à la situation du peuple israélien, confronté à ce terrible défi du terrorisme. Nous pensons également à cette situation du peuple palestinien, confronté à l'absence de perspectives et au sentiment d'injustice ; il est urgent, pour la France, de reprendre le chemin de la Paix, de retrouver de nouvelles initiatives.

La communauté internationale s'est mobilisée et vous savez que le Quartette a préparé une feuille de route. Il se réunira à nouveau le 20 décembre et il a prévu un plan de règlement sur trois ans ; il s'agit d'une opportunité à saisir rapidement et la conviction française, c'est qu'il faut aller vite, peut-être encore plus vite.

Nous avons bien sûr enfin évoqué la situation de l'Iraq, la perspective de la réunion ce matin à New York du Conseil de Sécurité et évoqué les perspectives pour l'ensemble du Moyen-Orient.


Q - (A propos de la Turquie)

R - La position de la France, dites-vous, est bien connue sur la Turquie, c'est la position de l'Union européenne. C'est celle qui a été adoptée à Copenhague et qui fixe la fin 2004 pour examiner la situation de la Turquie à ce moment-là et sa compatibilité avec les critères qui ont été posés.

La question de l'identité européenne, de l'identité de l'Union européenne et des frontières de l'Europe fait aujourd'hui l'objet d'un très grand débat. J'ai eu l'occasion il y a quelques jours à Marseille d'esquisser ce que pourrait être, à mon avis, l'identité de cette union européenne, sachant que c'est un grand débat qui doit avoir lieu. Cette union européenne doit être ouverte, forte d'une identité caractéristique et originale puisqu'il s'agit d'une construction originale ouverte. Pour cela, elle doit être capable d'inventer avec ses voisins, des formes d'action originales. Il y a, vous le savez de longue date, l'accord d'association qui a été noué avec beaucoup de pays de la Méditerranée. Il y a aussi l'idée d'avoir un partenariat avec les pays de la Méditerranée, les pays proches qui devraient pouvoir profiter des relations pour avoir le bénéfice de l'ensemble des politiques de l'Union européenne sans pour autant participer aux institutions.

Je crois qu'il s'agit là d'une réflexion d'ensemble ; il est important que cette réflexion et que ce débat ait lieu en Europe dans les mois et les années qui viennent, sachant que nous devons relever un défi important, dix nouveaux Etats qui rejoignent aujourd'hui l'Union européenne, qui la rejoignent avant que deux autres Etats, la Roumanie et la Bulgarie ne rentrent à leur tour en 2007. La question de la Turquie se posera à la fin 2004, vous voyez que nous avons du "pain sur la planche" en attendant.

Q - (A propos du Proche-Orient)

R - Le Quartette a montré depuis des mois qu'il était un outil nécessaire pour faire avancer la paix. Le fait que les Nations unies, l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis puissent se réunir à des intervalles réguliers pour essayer d'avancer, pour essayer de proposer ensemble un certain nombre de pistes, est un élément essentiel. Se pose la question de l'attitude à tenir pour cette prochaine réunion du 20 décembre et en particulier de la publicité à donner à la feuille de route qui pourrait être adoptée. Certains Etats, c'est le cas des Etats-Unis, estiment que, dans le contexte politique et en particulier en raison de la perspective électorale en Israël, il convient d'adopter une certaine retenue. Vous savez que la France, que l'Europe, aurait souhaité que cette feuille de route puisse être adoptée et publiée. C'est notre sentiment, nous l'exprimons en souhaitant que cela soit possible. En tout état de cause, il est important de préserver cette capacité, ce forum essentiel qui permet de rapprocher les points de vues, de faire des propositions et d'avancer. La paix est urgente et le travail ne doit pas cesser.

Q - (A propos de l'Iraq)

R - Il y a, dans la déclaration iraquienne, des zones d'ombre et nous faisons confiance au président de la Commission de contrôle, M. Hans Blix, au directeur de l'Agence internationale de l'Energie atomique pour éclaircir ces zones d'ombre, pour vérifier les informations qui figurent dans la déclaration, et pour avancer dans la voie qui guide la diplomatie française comme d'ailleurs la communauté mondiale, le désarmement de l'Iraq. Nous l'avons dit et je le répète, l'objectif et l'exigence c'est de vérifier la volonté de coopération de l'Iraq pour avancer dans la voie du désarmement. Nous estimons que les inspections qui se sont déroulées au cours des dernières semaines, - une centaine d'inspections sur environ 80 sites -, se sont déroulées dans de bonnes conditions. Il est essentiel que cette tâche puisse se poursuivre, que le travail de la communauté internationale puisse être mené à bien.

S'il devait y avoir des manquements graves, des difficultés sur la route, vous connaissez alors la procédure, telle qu'elle a été définie par la résolution 1441, le Conseil de sécurité, sur la base du rapport de M. Blix, devrait être saisi, examiner l'ensemble des options, y compris bien sûr, le recours à la force.

Vous voyez bien que la France, de ce point de vue-là, a une position claire et assumera à chaque étape toutes ses responsabilités.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 décembre 2002)

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