Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, sur le rôle du Haut représentant dans la mise en oeuvre de la politique étrangère de l'Union européenne et la recherche d'une Union de sécurité et de défense, Bruxelles le 20 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, sur le rôle du Haut représentant dans la mise en oeuvre de la politique étrangère de l'Union européenne et la recherche d'une Union de sécurité et de défense, Bruxelles le 20 décembre 2002.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie

Circonstances : Session plénière de la Convention européenne Action extérieure de l'Union et Défense à Bruxelles le 20 décembre 2002 : intervention de M. de Villepin au titre de membre de la Convention

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


Je remercie M. Dehaene pour la conduite des travaux du groupe "action extérieure". Je formulerai quatre observations sur ses résultats.

En premier lieu, chacun reconnaît la responsabilité essentielle qui incombe au Conseil européen et au Conseil pour la politique étrangère de l'Union européenne, et le rôle central que le haut représentant doit jouer dans sa mise en oeuvre.

C'est pourquoi celui-ci doit devenir un véritable ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne, placé auprès du président du Conseil européen, assumant à la fois les fonctions de haut représentant et celles exercées aujourd'hui par le commissaire chargé des relations extérieures. Il présiderait le Conseil chargé des relations extérieures.

A cet égard, je m'interroge sur la pertinence de la formule du "double chapeau" telle que la recommande le rapport. Comment, dans cette hypothèse, éviter la confusion des responsabilités et des rôles entre les institutions ? Comment assurer la nécessaire continuité entre la politique étrangère et la défense ?

Deuxièmement, la politique étrangère de l'Union définie par le Conseil européen et le Conseil doit s'appuyer sur des moyens concrets, en particulier budgétaires. Il faut aussi développer l'efficacité, la visibilité et la cohérence politique de l'ensemble des actions extérieures de l'Union, assurer un pilotage d'ensemble des instruments dont dispose l'Union.

En troisième lieu, cette politique étrangère doit être véritablement commune : cela implique un financement commun de la politique étrangère, y compris pour les opérations militaires de gestion de crise.

Enfin, je rappelle la position de la France s'agissant des propositions du rapport sur la politique commerciale : elles conduisent à un transfert de compétences et à une rupture de l'équilibre actuel que nous ne pouvons accepter.

J'en viens maintenant à la défense, pour saluer le rapport présenté par Michel Barnier.

Nos concitoyens attendent que notre Union réponde à leurs préoccupations en matière de sécurité et de défense. Je me félicite, avec Joschka Fischer, que l'essentiel de nos propositions conjointes ait été repris dans ce rapport : principes de solidarité et de sécurité commune ; perspective d'une Union de sécurité et de défense ; possibilité de nouer des coopérations plus étroites en matière de défense ; accroissement de l'effort de défense et développement d'une politique européenne d'armement, y compris par la création d'une agence. Il est clair que le renforcement des capacités militaires doit aller de pair avec le développement d'une politique européenne d'armement.

Je voudrais apporter deux précisions, dont je souhaite la prise en compte dans la suite de nos travaux.

En premier lieu, le contexte stratégique a changé. Certes, se tenir prêts à contribuer à la gestion des crises demeure indispensable. Mais les menaces sont devenues globales ; elles ne sont plus exclusivement militaires ; elles ne sont même plus seulement extérieures. Dans ce contexte d'insécurité globale, c'est, plus que jamais, une solidarité de destin et de valeurs qu'incarne l'Union. C'est pourquoi il faut nous doter d'une clause de solidarité et de sécurité commune.

Ensuite, il serait erroné de limiter notre solidarité et notre sécurité commune à la seule menace terroriste provenant d'entités non-étatiques. Nous sommes, ensemble, exposés à des combinaisons de risques : le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, le danger suscité par des Etats défaillants ou entretenant eux-mêmes des relations avec le terrorisme. Sachons nous prémunir et, si nécessaire, réagir contre l'ensemble de ces menaces.


(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 décembre 2002)

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