Communiqués du ministère de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, en date du 20 décembre 2002 et du 27 décembre, sur l'interpellation de plusieurs individus par la DST. | vie-publique.fr | Discours publics

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Communiqués du ministère de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, en date du 20 décembre 2002 et du 27 décembre, sur l'interpellation de plusieurs individus par la DST.

ti : Communiqué du 20 décembre 2002

La DST a procédé, le 16 décembre 2002, à l'interpellation de quatre individus. Au terme de leur garde à vue Nicolas SARKOZY, Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales tient à apporter des précisions.


Parmi les individus interpellés se trouve Merouane BENHAMED, ancien "émir" des maquis algériens, vétéran afghan et de Tchétchénie.

Ces arrestations sont le résultat d'une longue enquête, ayant abouti à l'ouverture d'une information judiciaire sur les filières tchétchènes. C'est dans le cadre d'une commission rogatoire en découlant, délivrée par le Premier vice-président Jean-Louis BRUGUIERE, que les policiers de la DST sont intervenus.

Au cours des différentes perquisitions ayant été effectuées, ont été découverts, entre autres :

- une tenue de protection NBC, encore en analyse

- deux flacons, contenant respectivement du perchlorure de fer (communément employé pour souder sur leur support les composants des circuits imprimés électroniques) et un mélange généralement utilisé pour raccorder les circuits électroniques

- deux bombonnes de gaz vides

- de nombreux composants électroniques, dont plusieurs montages pouvant servir de dispositif de mise à feu avec temporisateur

- une unité centrale d'ordinateur, en cours d'expertise

- un caméscope

- de nombreux faux documents d'identité ainsi qu'un petit matériel de faussaire.

Tous les détenus ont exprimé, durant leur garde à vue, leur conviction jihadiste.

Deux d'entre eux ont reconnu être allés dans les gorges de Pankissi (Géorgie) où ils ont suivi des entraînements et ont rencontré des chefs de guerre tchétchènes.

Bien qu'à aucun moment les gardés à vue n'aient avoué préparer un attentat, il ne fait guère de doute, compte tenu des éléments trouvés, qu'une ou plusieurs actions terroristes étaient en préparation à plus ou moins court terme.

Ceci confirme les informations dont disposaient le DST et les magistrats français sur la dangerosité de ces proches du "groupe de Francfort" (qui avait préparé à la fin de 2000 un attentat à Strasbourg) qui, après avoir gagné la Tchétchénie en étaient revenus avec l'intention de commettre des actions violentes en Europe.

A l'issue de leur garde à vue, les quatre interpellés ont été présentés au juge d'instruction.

(Source http://www.interieur.gouv.fr, le 16 janvier 2003)
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Communiqué du 27 décembre 2002

La DST a procédé, depuis le 16 décembre, à une série d'interpellations. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des libertés locales tient à apporter les précisions.


Le 16 décembre, quatre personnes étaient arrêtées dans un immeuble de La Courneuve où étaient découverts notamment deux bonbonnes de gaz butane vides, une combinaison N.B.C., du matériel électronique et des faux documents. Les systèmes électroniques confectionnés, qui étaient en état de marche, permettant la mise à feu d'engins explosifs avec un déclenchement à distance à l'aide de téléphones portables.

L'un des interpellés, Merouane Benahmed, était un ancien émir du G.I.A. en Algérie, spécialiste en électronique et en confection de bombes. Après avoir fui l'Algérie, il a séjourné en Afghanistan et dans le Caucase du Nord.

Les quatre personnes ont été mises en examen et incarcérées le 20 décembre.

Le 21 décembre, un élément du groupe, Nourredine Merabet, a été intercepté à la frontière franco-espagnole alors qu'il revenait en France. Il a reconnu ses relations avec les gens de La Courneuve et ses séjours dans les camps dans les gorges de Pankissi (Géorgie).

Mis en examen, il a été incarcéré le 24 décembre.

Le 24 décembre, après avoir constaté le retour dans des logements clandestins à Romainville de Menad Benchellali, une nouvelle opération était déclenchée dans deux appartements voisins de cette commune et quatre personnes, dont le Français Menad Benchellali, étaient arrêtées.

Menad Benchellali est le responsable de l'envoi en Afghanistan, en 2001, de son frère Mourad et de Nizar Sassi. Les deux ont été arrêtés par les Américains et sont détenus à Guantanamo.

Les perquisitions ont permis la découverte d'une liste manuscrite supportant les noms de produits chimiques, la quantité nécessaire et leur prix, une cassette vidéo sur les combats en Tchétchénie et du matériel de fabrication de faux documents.

Les produits figurant sur cette liste rédigée par l'une des personnes interpellées permettent la fabrication d'explosifs et de gaz toxiques de type cyanuré.

L'un des interpellés a reconnu qu'il avait écrit cette liste et qu'il s'entraînait à confectionner des engins explosifs destinés à frapper les Russes en Tchétchénie et les Israéliens en Palestine. Il n'a pas écarté la possibilité de frapper en France. L'intéressé, qui a acquis une formation de chimiste, a séjourné en Afghanistan et dans les gorges de Pankissi (Géorgie) en 2001.

Une autre personne a confirmé la dangerosité des individus arrêtés depuis le 16 décembre et leur volonté de préparer des engins explosifs et des attentats. Selon ce qu'il avait appris, le groupe voulait commettre des attentats contre les intérêts russes et spécialement contre l'ambassade de Russie à Paris.

Merouane Benahmed, Menad Benchellali et Nourredine Merabet ont séjourné dans les camps terroristes pour un entraînement et une formation. Les deux premiers se sont rendus en Afghanistan et les trois ont fréquenté des camps dans les gorges de Pankissi (Géorgie) où ils ont côtoyé des combattants tchétchènes, mais surtout des hauts responsables opérationnels d'"Al Qaïda", spécialistes des produits toxiques.

Cette cellule avait décidé de frapper en France des cibles russes pour venger la disparition de l'émir arabe Ibn Al Khattab, mort par empoisonnement en Tchétchénie, le décès d'un de leurs "frères", Al Moutana, impliqué dans le projet d'attentat contre la cathédrale de Strasbourg, abattu par les Russes en Tchétchénie et surtout l'élimination des membres du commando tchétchène auteur d'une prise d'otages dans un théâtre à Moscou.

A l'issue de leur garde à vue, les quatre personnes arrêtées à Romainville ont fait l'objet d'un mandat d'amener.

A ce stade de l'enquête, on peut estimer que le groupe opérationnel en France a été démantelé et le projet qu'il préparait empêché.

Des investigations se poursuivent sur le territoire national et en concertation avec plusieurs services étrangers.

(Source http://www.interieur.gouv.fr, le 16 janvier 2003)

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