Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur l'hommage du gouvernement à la mémoire de M. Ronan Picard, lieutenant de police, décédé dans l'exercice de ses fonctions, Paris le 18 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur l'hommage du gouvernement à la mémoire de M. Ronan Picard, lieutenant de police, décédé dans l'exercice de ses fonctions, Paris le 18 décembre 2002.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales

ti : Mesdames et Messieurs,

C'est sous l'emprise d'une immense émotion et d'une extrême tristesse, que nous sommes réunis aujourd'hui pour honorer la mémoire de Ronan PICARD, victime du devoir le dimanche 15 décembre 2002.

Mes pensées se portent tout d'abord vers ses parents, vers sa famille, vers sa compagne, Mlle Edwige QUONIOU, fonctionnaire à la Préfecture de Police. Je leur exprime, au nom de l'ensemble du Gouvernement et en mon nom personnel, le témoignage de notre plus profond chagrin, de notre compassion, mais aussi de notre révolte face au drame qui les frappe.

Je souhaite également exprimer à Monsieur Jean-Paul PROUST, Préfet de Police, aux directeurs, commissaires, officiers, gradés et gardiens de la Préfecture de Police, et plus spécialement aux policiers de la Compagnie des Transferts, Escortes et Protection de la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation, la part personnelle que je prends à leur peine. Je les assure de toute ma sympathie.

En cette triste matinée du 15 décembre 2002 à 5 h 30, le lieutenant Ronan PICARD et ses deux co-équipiers quittaient leur service pour accompagner deux retenus administratifs à l'aéroport d'Orly. Sur le trajet, ces fonctionnaires signalaient à la salle d'information et de commandement la présence d'un véhicule arrêté en pleine voie sur l'autoroute en sens inverse.

N'écoutant que leur devoir, ces policiers, traversaient la chaussée pour rejoindre le véhicule immobilisé. C'est alors qu'ils procédaient au balisage de ce danger que le lieutenant PICARD était, à 6 heures du matin, heurté de plein fouet par un chauffard.

Malgré les soins prodigués par les secours intervenus très rapidement, le lieutenant PICARD ne survivait pas à ses blessures.

Né il y a trente ans à REDON, le lieutenant Ronan PICARD a su toujours donner le meilleur de lui-même.

Lauréat du concours de gardien de la paix, Ronan PICARD entre à la Préfecture de Police le ler octobre 1998. Affecté à la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation, il exerce son premier poste à la 21ème compagnie d'intervention.

Depuis avril 2001, il était en fonction à la Compagnie des Transferts, Escortes et Protections.

Ronan PICARD était apprécié de tous ses collègues, faisant preuve en permanence des qualités de rigueur, de disponibilité et de sérieux dans l'exercice de ses fonctions.

Doté d'un sens remarquable du service public, Ronan PICARD n'hésitait pas à s'impliquer en dehors de son service comme en témoigne son action le 10 novembre 2002, qui a permis l'identification, puis l'interpellation d'un voleur de véhicule ivre, auteur d'un accident avec délit de fuite. Une lettre de félicitations lui avait été adressée par le Directeur de l'Ordre Public et de la Circulation pour cette attitude exemplaire.

Au-delà de la douleur qui nous anime, je ne peux accepter ce qui n'a rien d'une fatalité. Le Président de la République l'a rappelé dans des circonstances pareillement tragiques. Notre société ne peut tolérer le comportement au volant d'individus irresponsables qui, par leur méfait, sèment la peine et la souffrance.

La délinquance routière est un fléau au même titre que les autres formes de délinquance. Elle doit être combattue comme telle. Un homme est mort de par l'inconscience d'un autre. C'est inacceptable.

En ces moments de recueillement et de tristesse, je souhaite vous redire l'entière détermination et la plus farouche volonté du Gouvernement pour que cessent et soient sanctionnés sans faiblesse de tels agissements inciviques et meurtriers.

Sachez que notre action à l'encontre des criminels de la route sera implacable de la même façon que sera sans faille notre action contre ceux qui agressent des policiers.

A travers le sacrifice du lieutenant PICARD, je souhaite que chacun puisse mesurer les qualités d'engagement, d'abnégation et le sens du devoir des policiers. La noblesse de leur métier, les risques auxquels ils s'exposent, le courage dont ils font preuve quotidiennement, justifient le soutien sans faille que leur doit la Nation tout entière.

La citation à l'Ordre de la Nation, la croix de chevalier de l'Ordre National du Mérite, la médaille d'honneur de la police nationale, la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement, qui viennent d'être décernées à Ronan PICARD témoignent de cette reconnaissance. Sa promotion dans le corps des officiers est un témoignage de notre respect.

Me faisant l'interprète de tous ceux qui assistent à cette cérémonie et de ceux qui s'associent à la peine des policiers de Paris et au-delà de toute la France, je m'incline à nouveau devant la douleur des proches de Ronan PICARD, en les assurant des sentiments d'estime et d'affection que leur portent, en ce moment dramatique, tous les citoyens de notre pays.

(source http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr, le 2 janvier 2003)

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