Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur l'importance de l'Observatoire national du tourisme comme instrument d'information et de mesure de l'activité touristique, Paris le 13 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur l'importance de l'Observatoire national du tourisme comme instrument d'information et de mesure de l'activité touristique, Paris le 13 décembre 2002.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : Conseil d'administration de l'Observatoire National du Tourisme à Paris le 13 décembre 2002

ti :

Messieurs les Présidents,
Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Mesdames et Messieurs,


Je tiens tout d'abord à vous exprimer ma satisfaction d'assister aujourd'hui à votre Conseil d'Administration, bouclant ainsi le tour de tous les organismes rattachés au Secrétariat d'Etat au Tourisme, que j'ai commencé dès mon arrivée au Gouvernement.

Je ne pourrai malheureusement demeurer parmi vous au-delà de 10 heures, car je dois participer personnellement au comité interministériel d'aménagement du territoire présidé par le Premier ministre, et vous savez bien sûr quelle est l'importance de cette instance pour le développement des infrastructures touristiques.

Je vous dirai tout d'abord que bien évidemment en venant ici, je ne découvre pas l'Observatoire National du Tourisme.

J'ai déjà eu à plusieurs reprises l'occasion d'utiliser et d'apprécier son travail.

Les très nombreux documents qu'il édite, ont, en fait, été les premiers manuels d'apprentissage de mon nouveau métier de ministre et j'ai préparé avec ces analyses conjoncturelles, la "communication sur la saison touristique d'été" en conseil des ministres, épreuve initiatique auquel se trouve rituellement soumis le titulaire de ce portefeuille.

Une chose m'est apparue d'emblée : le tourisme est plus que les autres secteurs économiques une activité transversale étroitement liée à un nombre considérable d'activités de notre pays tels que les transports, l'équipement, la mer, la culture, l'environnement, la jeunesse, les sports, l'agriculture, l'aménagement du territoire, l'outre-mer et même la défense, avec le tourisme de mémoire.

Aujourd'hui tout est prétexte à l'activité touristique, et pour la mesurer, il ne suffit plus d'observer la fréquentation des hôtels-cafés-restaurants et l'activité des agences de voyages.

Par suite toute action au sein de ce secteur ne peut être que pluridisciplinaire et concertée, non seulement avec tous les ministères mais aussi et surtout, avec les partenaires professionnels et institutionnels, et en particulier les collectivités territoriales.

Pour conserver la position privilégiée qu'a acquise notre pays dans ce domaine et conquérir des parts de marché, pour faire face aux multiples défis que les nations touristiques émergentes nous obligent à relever, la première priorité est de bien comprendre les ressorts de cette économie fragile entre toutes, puisque soumise aux effets conjoncturels des modes, des mutations météorologiques et des événements, d'ordre politique, naturel ou social.

Pour cela, il est indispensable de disposer d'informations et de données fiables et récentes, sur tous les secteurs d'activité du tourisme.

Or, cette connaissance de l'activité touristique ne peut se fonder que sur une étroite coopération entre l'Etat, les professionnels et les institutionnels du tourisme, à tous les niveaux d'activités, pour recueillir les données et les exploiter.

Et c'est pour prendre en compte cette réalité que mes prédécesseurs à ce poste ont, il y 11 ans déjà, créé l'Observatoire National du Tourisme.

Organisme de partenariat, l'Observatoire National du Tourisme comme Maison de la France ou l'Agence Française de l'Ingénierie Touristique, joue aujourd'hui pleinement son rôle de lieu de réflexion et de mise en commun des données et des méthodes en matière d'observation touristique.

Cette coopération est particulièrement utile car l'activité économique du tourisme est, par définition difficile à observer.

On y mesure en effet, des flux humains dont le comportement est imprévisible et versatile et que fort heureusement pour les libertés individuelles, la Commission Nationale Informatique et Liberté ne nous autorisera jamais à tracer comme des marchandises.

Aussi est-ce par la multiplication des observations et par leur recoupement que l'on pourra approcher la réalité de l'activité touristique.

C'est pourquoi le nombre et la multiplicité de ses partenaires constituent une nécessité précieuse de l'Observatoire National du Tourisme.

Je note d'ailleurs avec intérêt qu'il a, en quelques années, doublé le nombre de ses adhérents pour atteindre aujourd'hui le chiffre de 200 parmi lesquels :

- tous les Comités Régionaux du Tourisme,
- les deux tiers des Comités Départementaux du Tourisme,
- des Offices de Tourisme,
- des Chambres de Commerce et d'Industrie,
- des organismes professionnels, du voyage et de l'hébergement,
- des villes de congrès,
- des grands opérateurs touristiques comme ACCOR, Pierre et Vacances ou le Club Méditerranée,
- des universités et des grandes institutions telles que Voies Navigables de France ou le Centre National des Monuments.

Ce partenariat très actif s'est en outre traduit par la signature de nombreuses conventions d'objectifs.

Tous ces partenaires sont bien sûr une force, et leur mobilisation au service de l'observation touristique est un atout décisif, car, ensemble, ils détiennent des milliers de données qui sont la mesure de l'activité du tourisme français. Ils viennent compléter celles issues des grandes enquêtes nationales menée par la Direction du Tourisme avec le concours de l'INSEE, leur donnant un prolongement et un sens, aux niveaux les plus fins de l'action touristique sur l'ensemble du territoire.

Les chiffres propres à l'observation, pour leur part, traduisent ce partenariat. Ils sont impressionnants et très encourageants puisque plus de 19 millions de données ont été cette année rassemblées et traitées par l'Observatoire dans le cadre de ses propres enquêtes, collectées auprès de plus de 2 500 correspondants.

Je n'énumèrerai pas ici toutes les publications et études que vous avez réalisées et dont la qualité et le nombre sont bien connus et appréciés de tous.

Je rappellerai simplement qu'exploitées à des fins touristiques, elles viennent compléter les résultats des grandes enquêtes nationales, mais insuffisamment précises pour apporter aux acteurs locaux les éléments indispensables à leur prise de décision.

A cet égard les nouveaux chantiers que vous avez ouvert cette année avec l'exploitation des données du Service d'Etudes Techniques des Routes et Autoroutes (SETRA) sur les plaques minéralogiques et plus récemment, celles issues de l'exploitation des paiements par cartes bancaires étrangères sur autoroute semblent très prometteurs.

Ils pourraient permettre d'être décisifs, dans la connaissance, des flux réels d'automobilistes étrangers qui séjournent chez nous en regard de ceux qui ne font que traverser le territoire.

Pour être parfaitement en phase avec la conjoncture, et permettre aux professionnels d'ajuster au mieux leur politique touristique, je vais en outre, très prochainement, mettre en place une cellule de veille permanente en relation avec les réseaux diplomatiques. Cette cellule aura en particulier pour mission de recueillir toutes les informations possibles dans un contexte mondial de plus en plus incertain et fragile.

Enfin, je rappellerai l'importance de l'effort méthodologique que vous avez entrepris dans le cadre des séminaires que vous organisez et des groupes de travail que vous avez mis en place : par exemple sur le tourisme fluvial, le tourisme associatif, les activités de pleine nature, le tourisme urbain, le tourisme rural, l'observation conjoncturelle, l'identification de l'offre et la mesure de la demande en matière d'hébergement.

Le travail accompli à cet égard avec la Fédération Nationale des Comités Départementaux de Tourisme me paraissent exemplaire.

Pour terminer je souhaite évoquer devant vous une initiative que j'ai prise dans le domaine de l'information statistique et qui présente à mes yeux une grande importance.

Je voudrais rappeler, en effet, que la France a pris des engagements en matière de comptes satellites du tourisme vis-à-vis de l'Organisation Mondiale du Tourisme, comme vis-à-vis de l'Europe et que ces engagements nécessiteront de conserver au niveau de l'Etat un appareil statistique ministériel, disposant de moyens lui permettant de mener à bien cette fonction régalienne.

Toutefois, les enquêtes au niveau national ne suffisent pas à apporter aux professionnels comme aux institutionnels une information suffisamment précise. Pour cette raison depuis des années des observatoires régionaux se sont mis en place avec l'aide de l'Etat dans le cadre des contrats de plan, où j'ai pu constater combien c'était parfois difficile de disposer des informations statistiques complètes qui sont seules de nature à permettre de disposer des outils d'aide à la décision.

C'est pourquoi, afin de cerner les enjeux, les difficultés et les moyens, et en plein accord avec mon collègue Francis MER, ministre de l'Economie et des Finances, une mission conjointe des Inspections générales de l'INSEE et du Tourisme, sur les statistiques du tourisme sera conduite au cours du premier semestre de l'année 2003.

Pour conclure mon propos je voudrais simplement faire une remarque :

J'ai pris conscience en rencontrant certains de mes collègues étrangers que, parmi les grands pays touristiques et grâce à tous les outils dont elle dispose (Direction du tourisme, Conseil National du Tourisme, Maison de la France, A.F.I.T, Observatoire National du Tourisme), la France est sans doute l'un des rares pays à mettre à la disposition de ses professionnels et de ses institutionnels autant d'analyses et de données couvrant l'ensemble de l'activité touristique dans les domaines aussi différents que la promotion, les filières les produits, et l'observation économique.

La question est cependant de savoir si nous en tirons toujours le meilleur parti et c'est là une question essentielle à laquelle il faudra bien nous efforcer de répondre.

A l'évidence, les travaux de ces organismes ne sont pas assez connus des partenaires et la presse ne s'en fait que trop rarement l'écho.

C'est pourquoi j'ai demandé à l'ONT d'organiser au début de l'année prochaine, un petit déjeuner de presse auquel je participerai et qui permettra de présenter et de commenter en présence de leurs auteurs, les dernières publications en matière d'observation économique du tourisme réalisées par chacun des organismes rattachés au Secrétariat d'Etat au Tourisme et par la Direction du tourisme, afin de donner une plus grande notoriété aux travaux réalisés.

Voilà, Mesdames, Messieurs, en quelques mots ce que je souhaitais vous dire.

Je tiens devant vous à remercier le président Maurice BERNADET, le directeur Alain MONFERRAND et toute l'équipe de l'Observatoire National du Tourisme, pour la qualité du travail accompli et, à travers ses administrateurs, redire à tous vos partenaires l'importance que j'attache à l'observation du tourisme, qui représente une tache essentielle pour le développement d'un secteur qui est appelé à devenir au fil des années encore plus essentiel qu'aujourd'hui pour l'activité économique de notre pays.

Je vous remercie.

(Source http://www.tourisme.gouv.fr, le 2 janvier 2003)

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