Déclaration de M. Renaud Muselier, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, en réponse à une question d'actualité sur l'Irak à l'Assemblée nationale, Paris le 16 octobre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Renaud Muselier, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, en réponse à une question d'actualité sur l'Irak à l'Assemblée nationale, Paris le 16 octobre 2002.

Personnalité, fonction : MUSELIER Renaud.

FRANCE. SE aux affaires étrangères

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,


Notre objectif est le désarmement de l'Iraq, et ceci conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. Cela passe dans un premier temps par le retour des inspecteurs en Iraq dès que possible. L'Iraq a accepté le retour des inspecteurs, il faut prendre Bagdad au mot. Dans ce contexte, une nouvelle résolution du Conseil de sécurité n'est pas nécessaire juridiquement. Mais elle pourrait, en confirmant la détermination de la Communauté internationale et son unité, adresser un signal politique fort à l'Iraq. Une nouvelle résolution pourrait également préciser les moyens de renforcer l'efficacité des inspections. A cet égard, la France fait pleinement confiance au président de la Commission de contrôle et de vérification de l'ONU, M. Blix et au directeur exécutif de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AEIA). En cas de manquement grave par l'Iraq à ses obligations, c'est au Conseil de sécurité, qu'il doit appartenir d'en tirer les conséquences et de décider, par une nouvelle résolution, des mesures à prendre. Nous n'excluons, à cet égard, aucune option.

Tel est l'esprit de l'approche en deux temps que la France préconise. La France rejette toute idée d'action préventive ou d'automatisme dans le déclenchement du recours à la force. Au-delà du cas de l'Iraq, il y va de l'ordre international et des principes fondamentaux sur lesquels il repose depuis plus de cinquante ans, c'est-à-dire la primauté du droit et le multilatéralisme. La France ne transigera pas sur Ces principes et n'acceptera pas au Conseil de sécurité un texte qui irait à leur encontre. C'est cette approche que nous défendrons encore aujourd'hui lors du débat public au Conseil de sécurité. C'est par la négociation que nous souhaitons arriver à ce résultat. En brandissant son veto dès maintenant, la France se lierait les mains et réduirait les chances de parvenir à un consensus. Il nous appartiendra, le moment venu, de déterminer ce que sera le vote de la France en fonction de l'issue des négociations qui se poursuivent actuellement. A ce stade, il serait prématuré d'en dire plus.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 octobre 2002)

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