Point de presse conjoint de M. Renaud Muselier, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, et de Cheikh Mohamed Al Sabah, ministre koweitien des affaires étrangères, sur l'évolution de la situation et les perspectives de guerre en Irak, Koweït le 11 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse conjoint de M. Renaud Muselier, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, et de Cheikh Mohamed Al Sabah, ministre koweitien des affaires étrangères, sur l'évolution de la situation et les perspectives de guerre en Irak, Koweït le 11 décembre 2002.

Personnalité, fonction : MUSELIER Renaud.

FRANCE. SE aux affaires étrangères

Circonstances : Tournée de Renaud Muselier dans 5 pays du Golfe du 9 au 15 décembre 2002 : voyage au Koweit le 11

ti : Je tiens à remercier le Cheikh Mohamed Al Sabah pour son accueil exceptionnel et son infinie gentillesse. Nous avions eu l'occasion de nous rencontrer en Corée du Sud lors de la conférence de la paix, et cela avait déjà permis de tisser des liens humains en plus des liens amicaux qui unissent nos deux pays. Je suis aujourd'hui au Koweït pour apporter un message du président de la République, M. Jacques Chirac, et de la France aux représentants gouvernementaux koweïtiens et notamment à l'Emir, pour leur rappeler notre amitié, notre fidélité, notre soutien, rappeler que nous avons des relations bilatérales très fortes et qu'une vieille histoire nous lie. Dans cette région du monde particulièrement stratégique, nous avions souhaité venir apporter ce message d'amitié, de soutien et de fidélité. Nous avons eu de longues conversations politiques, diplomatiques, économiques et culturelles et je crois que nous sommes globalement en accord sur tous les points. Je repars du Koweït après avoir rencontré une communauté française qui est heureuse de vivre ici, des entreprises françaises qui sont heureuses de travailler ici, et des compatriotes qui ont confiance dans ce pays et dans le gouvernement. Je réponds maintenant à vos questions.

Q - Monsieur le Ministre, si le régime de Saddam Hussein tombait et si l'Amérique désignait un gouverneur militaire provisoire jusqu'à l'instauration d'un nouveau régime, est-ce que la France participerait à ce nouveau régime provisoire ?

R - Nous n'en sommes pas encore là. Je me permets de vous rappeler que la résolution 1441 a été adoptée le 8 novembre dernier à l'unanimité par le Conseil de sécurité. Elle a mis en place un calendrier et une méthode. Aujourd'hui, ce calendrier et cette méthode sont respectés. Laissons les Nations Unies faire leur travail.

Q - La résolution 1441 comprend un préambule qui rappelle la question des détenus koweïtiens. Quelle est la position de la France étant donné que l'Iraq refuse toujours de participer à la commission tripartite ?

R - Nous sommes dans une position très claire. Nous sommes aux côtés de nos amis koweïtiens et nous souhaitons avoir toutes les informations nécessaires concernant les prisonniers koweïtiens. Nous ferons tout pour que les prisonniers puissent revenir dans leur pays.

Q - Après le discours de Saddam Hussein, pensez-vous que le recours à la force est quelque chose de fatal ?

R - Je comprends parfaitement l'émotion qu'a pu susciter le discours de Saddam Hussein. Il comporte des reproches, voire des menaces au gouvernement koweïtien. J'appelle Saddam Hussein à respecter le droit international, à respecter la non-ingérence et à respecter la souveraineté. Aujourd'hui, il y a une disposition qui a été votée à l'unanimité par les Nations unies. Il ne doit rien faire de plus, mais surtout rien faire de moins.

Q - Pensez-vous que le peuple iraquien mérite un gouvernement meilleur que le gouvernement actuel et que toute la région vivra mieux si ce gouvernement iraquien partait, soit de façon pacifique, soit de façon plus violente ?

R - Les autorités françaises se sont exprimées à plusieurs reprises sur le régime de Saddam Hussein en utilisant des termes sans ambiguïté. Je crois qu'en ce qui concerne le peuple iraquien et Saddam Hussein, la résolution 1441 est équilibrée et juste, et que Saddam doit s'y plier.

Q - Au cas où la guerre serait déclarée, quelle serait la position de la France par rapport au gouvernement du Koweït ?

R - Vous me parlez toujours de la guerre. Je pense qu'il faut surtout gagner la paix.

Q - En ce qui concerne l'Iraq et la mission de M. Blix, est ce que la France est pour le moment satisfaite du travail effectué par la CCVINU ? Etes-vous satisfaits de la liste de documents qui ont été donnés par l'Iraq ?

R - Nous sommes satisfaits du travail fait par MM. Blix et El Baradeï. Des Français participent aux inspections. Quant au contenu de la déclaration iraquienne remise le 7 décembre, vous avez pu constater vous-mêmes qu'il est épais, long à lire et donc, il faudra attendre un peu.

Q - La guerre contre l'Iraq : pensez-vous qu'il soit nécessaire d'avoir une nouvelle résolution du Conseil de sécurité à ce propos ?

R - Nous verrons ce qui sort de ce rapport. Nous verrons ce qui sort des inspections. Nous verrons comment se comporte Saddam Hussein. Cela fait déjà trois points qui sont à analyser, mais le principe de l'action unilatérale est parfaitement rejeté par la France.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 décembre 2002)

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