Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur la catastrophe du "Prestige" et sur ses conséquences sur le littoral atlantique, à l'Assemblée nationale le 28 janvier 2003 | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur la catastrophe du "Prestige" et sur ses conséquences sur le littoral atlantique, à l'Assemblée nationale le 28 janvier 2003

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réponse à une question de M. Alain Juppé, président du groupe parlementaire UMP, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 28 janvier 2003

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,


Je partage votre inquiétude et votre détermination. Je suis moi aussi très inquiet parce que cette crise est à répétition. Et nous avons des difficultés, pour être très sincère, pour en voir la fin. Puisque même, lorsque l'on nous dit que le Nautile a terminé ses travaux de colmatage, cela veut dire qu'on est passé d'une centaine de tonnes de fuites à dix tonnes de fuite. Mais il reste 10 tonnes de fuite. Et donc, nous sommes là dans une situation insupportable où "marée après marée" comme vous le dites, nous avons la cause qui continue à se produire et à produire ses terribles effets.

Les autorités espagnoles ont lancé un appel d'offres international pour pouvoir réduire définitivement ces fuites. La réponse sera le 15 février, où nous aurons la réponse technologique pour pouvoir nous attaquer aux fuites définitives. Mais tant que les fuites définitives ne seront pas colmatées, évidemment, cette crise sera pour nous durable et difficile. Il faut donc forcer l'ensemble des acteurs dans cette dynamique-là pour qu'on s'attaque à la source, c'est-à-dire au colmatage définitif.

Ce sont des sujets qui sont extrêmement douloureux et pour lesquels il faut faire preuve d'une extrême modestie parce que je peux vous dire que c'est un sujet sur lequel je suis très préoccupé et très inquiet quand je vois le peu de moyens dont nous disposons pour faire face à une catastrophe de cette ampleur pour notre patrimoine et aussi pour notre activité économique. C'est donc un sujet très difficile et s'il y a quelqu'un dans l'Hémicycle qui a une solution facile, je le reçois tout de suite et je suis à sa disposition.

Deuxièmement, pour ce qui concerne les moyens engagés, d'abord, vous le savez, les moyens en mer sont engagés avec des bâtiments de la marine mais aussi un certain nombre de chalutiers qui ont réussi à pouvoir rassembler 2600 tonnes. C'est un travail en mer important que je voudrais saluer. Il doit être poursuivi, ce sont des méthodes de travail qui, aujourd'hui, sont efficaces. Je salue notamment les chalutiers vendéens qui ont apporté de la technologie dans ce dispositif. Je voudrais dire que nous maintenons sur place évidemment, les effectifs, plus de 1000 personnes aujourd'hui. Nous renforcerons autant que de besoins les effectifs. Pour ce qui concerne les moyens financiers : d'ores et déjà, 23 millions d'euros ont été mis à la disposition des préfectures. Nous pouvons encore, dès que cet argent sera consommé, injecter 27 millions d'euros supplémentaires pour venir en aide aux communes. Pour ce qui concerne les mesures judiciaires, une action a été engagée par le Parquet de Brest sur l'ensemble des conséquences de cette catastrophe. Et nous avons obtenu à Copenhague - le président de la République a obtenu - que les dispositions de Malaga puissent être reconnues. Et que donc, le dispositif qui a été proposé a déjà été mis en place puisque nous avons déjà écarté un certain de bâtiments de notre zone à risques, et a été engagé.

J'ajoute enfin que nous sommes aujourd'hui, dans un dispositif de contrôle où nous avons multiplié les contrôles. Je peux dire aujourd'hui que tous les navires à risques sont contrôlés, ce qui n'était pas le cas par le passé. Et nous avons encore du travail à faire. Mais nous saurons, au printemps prochain, dans ce taux de 25 %, sur lequel la France s'était engagée et sur lesquels, par le passé, rien n'a été fait.


(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 29 janvier 2003)

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