Déclaration de Mme Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies, sur les mesures en faveur du développement du réseau national de recherches en télécommunications (RNRT), le 27 janvier 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies, sur les mesures en faveur du développement du réseau national de recherches en télécommunications (RNRT), le 27 janvier 2003.

Personnalité, fonction : HAIGNERE Claudie.

FRANCE. Ministre délégué à la recherche et aux nouvelles technologies

Circonstances : Journées nationales RNRT (Réseau national de recherche en télécommunications) à Lille le 27 janvier 2003

ti : Monsieur le Vice-Président du Conseil Régional,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les congressistes,

Je tiens avant tout à remercier le Sénateur Frimat et tous ceux qui ont oeuvré à ses côtés pour organiser ces journées du Réseau National de Recherche en Télécommunications, le fameux RNRT.
Je les remercie aussi pour leur chaleureux accueil à l'occasion de mon premier voyage dans la région Nord-Pas-de-Calais.
Je souhaite, en effet, rencontrer sur le terrain aussi souvent que possible les acteurs et les partenaires de la recherche et de l'innovation, en visitant de manière systématique chacune de nos régions.
Je me réjouis donc de ce premier contact, certes bref, mais qui sera suivi de nombreux autres, je n'en doute pas. Je me réjouis également que cette première visite soit l'occasion d'aborder les questions d'innovation, de nouvelles technologies, ou encore de synergie entre les établissements publics de recherche et les entreprises.
Je tiens aussi à saluer la présence de Jean Jerphagnon, que je souhaite remercier très chaleureusement pour son action à la tête du RNRT et pour le dynamisme qu'il a su lui conserver en prenant le relais de Jean-Pierre Noblanc.

Votre région est de grande tradition industrielle. Elle a su, tout en conservant un pôle important d'industries lourdes, prendre le virage de l'évolution technologique.

L'organisation à Lille des journées annuelles nationales du RNRT, la présence de laboratoires de haut niveau comme l'IEMN, que je vais visiter tout à l'heure, ou du Laboratoire d'Informatique Fondamentale de Lille, tous deux partenaires actifs du RNRT, sont la preuve de cette évolution technologique résolue.

Historique

Ces journées nationales revêtent cette année un caractère particulier puisque le RNRT, mis en place en 1997 à l'initiative de François Fillon, Ministre délégué aux Postes, aux Télécommunications et à l'Espace et de François d'Aubert, Secrétaire d'Etat à la recherche, suite au rapport de Didier Lombard et Gilles Kahn, achève une première phase de son existence quinquennale.

Premier des quatre réseaux de recherche et d'innovation créés dans le domaine des Technologies de l'Information et de la Communication, le RNRT a offert un espace de coopération et de dialogue aux laboratoires publics, aux grands groupes, industriels et opérateurs de télécommunications, ainsi qu'aux PME du secteur, pour conduire des projets de recherche coopératifs avec le soutien des pouvoirs publics.

Il était prévu qu'une évaluation soit faite à l'issue de ces cinq ans.
Il est important de respecter ces dispositions, étant donné l'intérêt que présente cette logique d'évaluation, source de progrès pour les acteurs, d'un côté, de lisibilité et de confiance pour l'ensemble des financeurs, décideurs et partenaires, de l'autre.
Les conclusions de cette évaluation ont été présentées devant le comité d'orientation du RNRT en octobre dernier.

Bilan et évaluation du RNRT

Le Réseau a pleinement atteint son objectif de structurer durablement le secteur de la recherche en matière de télécommunications, à l'époque de l'ouverture du capital de France-Télécom et de la mutation de son activité de recherche et développement.
Ce réseau a créé une logique de relations entre des acteurs diversifiés. Au total, 71 grands groupes, 131 laboratoires publics et 118 PME ont participé ou participent à des projets labellisés depuis le lancement du Réseau.
9 appels à projets ont été lancés entre 1998 et 2002. Les 200 projets retenus mettent en lumière les grands enjeux de la recherche en technologies de l'information et de la communication : réseaux photoniques, Internet haut débit, multimédia et services associés, télécommunications mobiles, sécurité des réseaux et des transactions¿
Ces projets représentent un effort total de 396 M¿, dont 185 M¿ d'aides de l'Etat.
Fait important à signaler, plus de la moitié des projets labellisés associent au moins une PME.

Je veux aussi souligner la façon dont vous tous, acteurs de la recherche et de l'industrie dans le domaine des télécommunications, vous avez pris en main, via le Comité d'Orientation et les divers comités de coordination, le pilotage de cette politique publique de soutien à la recherche.
Cela implique tout à la fois la définition des priorités année par année, la sélection et la labélisation des projets, jusqu'à l'évaluation à laquelle vous vous êtes soumis - le tout dans la plus grande cohésion et transparence possibles.
C'est une forme de décentralisation des pouvoirs, de prise en mains par les acteurs
eux-mêmes de leurs propres destinées.
C'est aussi un exemple de bonne gouvernance de la recherche, et vous savez que ce thème fait partie des Chantiers de la Science que j'ai récemment annoncés et qui me sont chers. Nul doute que l'expérience d'organisation et de gouvernance du RNRT, dont l'exemple a été suivi par les autres Réseaux, ne nous servira pour ces chantiers.

Je salue aussi la façon dont vous avez pu sortir des sentiers battus, y compris de vos propres thématiques annuelles - faisant preuve d'une mobilité d'esprit et d'action fort nécessaires dans votre domaine. Je prendrai deux exemples.
Le premier est la création du concept de plate-formes, concept original et fécond. Vous avez ainsi soutenu depuis 1999 treize projets de plate-formes ouvertes, avec, là encore, une définition claire et transparente de leurs conditions d'ouverture.
Je prendrai connaissance avec intérêt du rapport sur les plate-formes de Jean-Claude Merlin, élaboré avec le RNTL et qui sera rendu public en février.
Le deuxième exemple de mobilité d'action est la thématique " Usages " que vous avez lancée en 2001, associant des laboratoires dans le domaine des sciences humaines et sociales à des unités plus techniques, action que nous allons amplifier. J'y reviendrai dans un instant.

Même si nous devons progresser sur de nombreux points, ce bilan positif m'a amenée à souhaiter que la dynamique créée par le RNRT ne soit pas interrompue à l'issue de son premier quinquennat. J'ai donc demandé à Jean Jerphagnon de lancer dès le mois de janvier 2003 un appel à projets sur lequel notre Ministère consacrera en 2003 un budget de 11 millions d'euros.

Perspectives d'avenir

Le RNRT est aujourd'hui à un tournant de son histoire : il est nécessaire et naturel de lancer une réflexion sur le rôle et la position du RNRT - certains axes d'amélioration ayant été définis dans le rapport d'évaluation.

S'il a fort bien participé à une structuration de la recherche publique et industrielle française, le RNRT doit aujourd'hui prendre pleinement part à la construction de l'Espace Européen de la Recherche, aujourd'hui en marche.
Nous devons réfléchir ensemble à l'articulation entre nos programmes de recherche nationaux et les programmes européens. Le 6ème PCRD, bien sûr, mais aussi les programmes Eureka, avec l'initiative CELTIC en cours de gestation, ou encore les programmes nationaux des autres pays membres, comme l'initiative allemande
IT 2006.
L'objectif ambitieux d'atteindre 3% du PIB en dépenses de Recherche et Développement au sein de l'Union Européenne à l'horizon 2010, avec un accroissement significatif de l'investissement en R D du secteur privé, doit être le guide permanent de notre politique.

L'évaluation du RNRT fait également apparaître la nécessité d'associer plus étroitement les PME dans la recherche en télécommunications.
Le dynamisme des PME dans le secteur des TIC, notamment dans leurs usages, est très important. Leur participation au concours de création d'entreprises organisé par notre Ministère en témoigne.
Le plan Innovation lancé par Nicole Fontaine et moi-même les aidera, mais vous devez renforcer votre action à leur égard : les aider à participer à des programmes européens, leur faire mieux connaître les plates-formes du RNRT, les entraîner avec vous sur des projets " Usages ".

A ce propos, il m'est agréable de vous annoncer que j'ai, sur le budget 2003 du Fonds de la Recherche et de la Technologie, dégagé une ligne de 6 millions d'euros pour des projets consacrés aux usages des technologies de l'information et de la communication, et plus particulièrement d'Internet.
Cette ligne sera ouverte à des projets labélisés par les réseaux TIC comme le vôtre, mais aussi à des projets venant d'autres réseaux technologiques, comme le RNTS Réseau National des Technologies pour la Santé, ou le PREDIT, programme de recherche et d'innovation dans les transports.
Parallèlement, sur les recommandations du CSTI, conseil stratégique des technologies de l'information, mis à notre disposition, nous mettons en place une labélisation de " laboratoires des usages ". Ceci afin de mieux faire connaître à la fois cette ligne budgétaire et les réseaux traditionnels à des laboratoires publics ou industriels plus centrés sur l'appropriation des technologies et leur impact sociétal. Cet encouragement est valable dans les deux sens et il est important que le RNRT se positionne à cet égard.
Ces mesures relatives aux usages constituent un volet important de la politique gouvernementale de diffusion des technologies et d'appropriation des technologies par le grand public - politique dont j'ai l'honneur d'assurer la coordination.

Il m'apparaît également important que vous puissiez mieux associer les opérateurs de télécommunications alternatifs et faire progresser des thèmes de recherche appliquée liés aux technologies Internet alternatives, comme les réseaux sans fil ou l'Internet satellitaire, voire leur couplage. Vous savez ce sont des chantiers importants de la politique du gouvernement dans la promotion du haut débit.

Enfin, il appartient aux Pouvoirs Publics de réfléchir à une évolution plus globale des Réseaux de Recherche qui prenne en compte certains de ces chantiers et associe l'évolution d'un autre réseau de télécommunications, Renater, déjà très impliqué en matière de recherche sur les nouveaux protocoles Internet au niveau européen.


Annonce et organisation du travail

C'est donc un bilan très positif, avec des progrès significatifs et un certain nombre d'axes de travail, que nous dressons aujourd'hui de l'action du RNRT.

J'ai le plaisir de vous annoncer que Mme Nicole Fontaine et moi-même avons souhaité confier la présidence du Comité d'Orientation du RNRT à Alain Bravo, ingénieur des télécommunications. M. Bravo est membre du Comité d'Orientation du RNRT depuis sa création, et également membre du comité d'orientation du RNTL.

Sa pratique industrielle à la tête de la division Communication mobile d'Alcatel, son rôle majeur dans la création de l'opérateur alternatif SFR, son rôle dans la Commission Recherche et Innovation du MEDEF et surtout sa vision des enjeux européens à travers sa présidence du groupe stratégique du programme européen IST, en font un acteur de poids pour poursuivre le remarquable travail effectué par Jean Jerphagnon.

A l'heure où s'ouvre pour le RNRT un nouveau cycle, je souhaite féliciter Jean Jerphagnon et je vous demande de vous associer à moi pour féliciter avec lui tous les membres du Bureau exécutif, qui s'est réuni chaque semaine depuis 5 ans, les membres du Comité d'Orientation et les experts et rapporteurs des Commissions Thématiques.
Votre démarche est exemplaire et je souhaite vivement qu'elle imprègne notre culture de conduite de projet et de bonne synergie des acteurs publics et privés.

Je vous remercie de votre attention.

(Source http://www.recherche.gouv.fr, le 28 janvier 2003)

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