Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire, sur l'ouverture des établissements scolaires pendant les vacances et l'accueil des jeunes et l'ouverture des collèges et lycèes sur les quartiers, Paris le 19 décembre 2002. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire, sur l'ouverture des établissements scolaires pendant les vacances et l'accueil des jeunes et l'ouverture des collèges et lycèes sur les quartiers, Paris le 19 décembre 2002.

Personnalité, fonction : DARCOS Xavier.

FRANCE. Ministre délégué à l'enseignement scolaire

Circonstances : Signature de la charte de l'opération "Ecole ouverte" à Paris le 19 décembre 2002

ti : Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs les Chefs d'établissement,


Je voudrais tout d'abord vous dire combien je me réjouis de vous accueillir dans les salons de ce ministère. Il était bien naturel que les acteurs de terrain que vous êtes soient aujourd'hui présents. Sans votre action, sans votre engagement, il est bien évident que la charte que nous signons ce matin n'aurait pas beaucoup de raison d'être.

Je suis également très heureux, comme Luc Ferry, que deux des principaux partenaires de l'Ecole ouverte - Monsieur Jean-Louis BORLOO, Ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine et Monsieur Christian JACOB, Ministre délégué à la famille - aient tenu à nous rejoindre ce matin. Leur présence témoigne de toute l'attention qu'ils portent à une opération dans laquelle ils sont pleinement partie prenante et qui entre aujourd'hui dans une nouvelle étape de son développement.

L'opération Ecole ouverte correspond en effet à un profond besoin. Il m'a, pour ma part, toujours paru assez incompréhensible que les établissements scolaires demeurent fermés quatre mois par an et ne soient ainsi pas en mesure de mettre les importants équipements sportifs, informatiques, culturels dont ils disposent au service de ceux de leurs élèves qui ne partent pas en vacances. Il me semblait qu'il y avait là de prodigieuses ressources et qu'il était consternant de ne pas les exploiter.

Aussi dès qu'un certain nombre de lycées et de collèges se sont mis à ouvrir leurs portes durant les vacances ainsi que les mercredis et les samedis de l'année scolaire, dès qu'ils ont entrepris, prioritairement dans les zones socialement défavorisées, d'accueillir les jeunes en leur proposant des activités diversifiées, aussi bien scolaires qu'éducatives, culturelles, sportives ou tout simplement ludiques, les résultats se sont-ils très vite concrétisés.

En effet, en ouvrant le collège ou le lycée sur le quartier et parfois sur un environnement plus large, l'Ecole ouverte a modifié le regard des jeunes sur leur établissement qui se trouve valorisé.

Mais surtout, cette opération modifie les relations entre les jeunes et les adultes. Elle contribue à la prévention de la violence à l'école, en instaurant ou en consolidant, dans l'établissement, un climat de confiance, notamment lorsque des professeurs acceptent d'être présents et de jouer le rôle d'animateurs. Elle favorise par ailleurs la responsabilisation des élèves et permet à ceux d'entre eux qui sont nouveaux dans l'établissement, en particulier les élèves de 6ème, de s'adapter plus facilement et de construire un meilleur rapport au savoir.

En raison de ces résultats extrêmement positifs pour le climat des établissements et la scolarité des élèves, nous avons été convaincus, Luc Ferry et moi-même, que le dispositif méritait d'être beaucoup plus développé qu'il ne l'était, d'autant qu'il rencontre l'adhésion aussi bien des familles, des élèves que des responsables académiques.

En 2001, l'Ecole ouverte a permis d'accueillir 65 000 élèves dans 480 établissements, mais n'a concerné que 9% de l'ensemble des collèges au plan national dont un quart d'entre eux seulement sont classés en ZEP ou en REP.

C'est pourquoi nous avons souhaité que le nombre d'établissements pratiquant cette opération soit doublé d'ici la rentrée 2004 et que toutes les conditions soient réunies pour que ce dispositif retrouve sa capacité de développement.

Pour parvenir à cet objectif, nous savons que nous pouvons compter sur la motivation des personnels qui s'y impliquent, sur la base du volontariat, avec un engagement et une générosité admirables. Qu'ils soient, comme vous, chefs d'établissement ou enseignants, personnels des services déconcentrés de la jeunesse, des sports, de la culture, des autres services de l'Etat et des collectivités locales ou encore intervenants extérieurs, je tiens à leur rendre hommage.

Pour redonner au dispositif tout son élan et libérer les initiatives, nous avons voulu, comme vous le savez, procéder à deux simplifications.

Il s'agit d'abord de parvenir à une mutualisation des établissements, par la mise en commun des moyens de gestion. Le regroupement par réseaux d'établissements permettrait en effet de dégager une personne responsable de la gestion du dispositif et ainsi d'alléger la charge de chaque collège qui doit aujourd'hui travailler avec les " moyens du bord ".

Ensuite, il faut bien reconnaître que l'Ecole ouverte a, jusqu'à présent, reposé sur la juxtaposition de bonnes volontés, malheureusement trop isolées. C'est pourquoi, il importe de former et d'animer les personnels, afin de donner vie à cet ensemble et de pouvoir le généraliser à tous les établissements.

La mise en oeuvre de ces deux mesures ainsi que l'augmentation des crédits inscrits au budget 2003 - 10 millions d'euros supplémentaires en ce qui concerne l'Education nationale - et, bien évidemment la Charte que nous signons ce matin et qui redéfinit le cadre réglementaire de l'Ecole ouverte, tout ceci devrait favoriser l'essor régulier du dispositif. Nous souhaitons que celui-ci permette de parvenir à terme à cet idéal que, je crois, nous partageons tous : faire en sorte que les établissements d'enseignement soient, tout au long de l'année, des lieux de culture, de savoir et de loisirs pour les jeunes qui en ont le plus besoin et qui y trouveront une plus grande confiance dans l'école et ses finalités.

(Source http://www.education.gouv.fr, le 26 décembre 2002)

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