Interview de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de l'écologie et du développement durable, dans "Le Figaro" du 10 mai 2003, sur l'indemnisation, par le FIPOL, des victimes de la pollution maritime due au "Prestige". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de l'écologie et du développement durable, dans "Le Figaro" du 10 mai 2003, sur l'indemnisation, par le FIPOL, des victimes de la pollution maritime due au "Prestige".

Personnalité, fonction : BACHELOT NARQUIN Roselyne, FRAT Muriel.

FRANCE. Ministre de l'écologie et du développement durable

ti : Q - L'indemnisation provisoire des victimes du Prestige est fixée à 15 % des dommages. Ce taux vous paraît-il suffisant ?

R - Je suis indignée par le montant proposé et par son annonce qui me semble prématurée. Comment peut-on établir un taux de remboursement alors que le montant global des factures n'est pas encore connu ? Côté espagnol, les évaluations sont floues et fluctuantes. Côté français, on sait que l'Etat a dépensé 78 millions d'euros, les collectivités territoriales 10 millions d'euros et que les dommages subis par les pêcheurs et les conchyliculteurs sont évalués à quelque 6 millions d'euros. Mais on ignore le coût du sinistre pour les professionnels du tourisme. Celui-ci ne sera connu qu'à la fin de la saison.

Q - La somme dont dispose le Fipol est ridicule par rapport à l'ampleur des dégâts ?

R - Une conférence diplomatique va se tenir prochainement pour augmenter le plafond des indemnisations. En principe, une telle décision n'a pas d'effet rétroactif. Cependant, nous allons négocier pour que l'augmentation du fonds puisse s'appliquer à la marée noire du Prestige.

Q - La France envisage-t-elle de se retourner contre les responsables de cette catastrophe ?

R - Nous n'excluons pas la possibilité d'ester en justice. Nous réfléchissons actuellement à la façon de mener une éventuelle procédure. Une chose est sûre : comme pour l'Erika, l'Etat s'effacera devant les créanciers individuels.

Q - Où en est le dossier de la sécurité maritime ?

R - Renforcer la sécurité maritime sera à l'ordre du jour du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement d'Evian début juin. Les ministres de l'Environnement du G8, réunis à Paris fin avril, ont insisté sur l'amélioration des règles pour prévenir les pollutions. Je plaide personnellement pour une augmentation des plafonds d'indemnisation et une restructuration du Fipol. Tout en souhaitant parallèlement que les responsabilités soient les plus étendues possibles. Il faut durcir les législations pour lutter contre les embrouillaminis entretenus par les voyous des mers.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 mai 2003)

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