Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, dans "Le Figaro" du 10 mai 2003, sur le taux d'indemnisation, par le FIPOL, des victimes de la marée noire due au "Prestige". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, dans "Le Figaro" du 10 mai 2003, sur le taux d'indemnisation, par le FIPOL, des victimes de la marée noire due au "Prestige".

Personnalité, fonction : VILLIERS Philippe de.

FRANCE. Mouvement pour la France, président

ti : LE FIGARO - Que pensez-vous de la décision du Fipol de n'indemniser que 15 % des dommages subis par les victimes du Prestige ?

Philippe de VILLIERS - Je suis consterné et très en colère. Cette annonce souligne une fois de plus un véritable scandale: le principe "pollueurs-payeurs" ne s'applique pas dans le cas des marées noires. Bien au contraire, une fois de plus les pollués acquittent les factures. En Vendée, nous avons acheté des filets pour récupérer 250 tonnes de pétrole. Cela a coûté 700.000 euros au conseil général. Ce sont donc les contribuables français qui payent et qui nettoient.

LE FIGARO - Le problème aujourd'hui est avant tout pécuniaire car le fonds existe...

Philippe de VILLIERS - On assiste une fois de plus à la faillite de l'Union européenne qui n'a pu imposer aucune réglementation ferme aux pétroliers. Aux États-Unis, l'Oil pollution act a prévu un fonds d'indemnisation permanent et non temporaire. Depuis le naufrage de l'Erika, où toutes ces failles ont été mises au jour, rien n'a été fait. La seule mesure efficace a été prise sous la pression des opinions publiques française et espagnole après la catastrophe du Prestige: dans les accords de Malaga, Jacques Chirac et José-Maria Aznar ont décidé d'interdire la navigation des bateaux potentiellement dangereux à moins de 200 milles nautiques des côtes. Le reste s'apparente à des décisions cosmétiques.

LE FIGARO - Que faut-il faire ?

Philippe de VILLIERS - La responsabilité de l'affréteur doit être reconnue au même titre que celle de l'armateur. Je demande en outre au gouvernement de contraindre le Fipol et l'organisation maritime internationale à relever le plafond de 171 millions d'euros à 1,3 milliard et d'établir rapidement un fonds d'indemnisation permanent. Les États de l'Atlantique - les Îles britanniques, la France, l'Espagne et le Portugal -, particulièrement exposés, se doivent d'instaurer un droit maritime spécifique pour leurs eaux si l'Europe est incapable de prendre ces décisions. La convention internationale de Malago Bay permet d'assigner les États qui louent leurs pavillons à des navires qu'ils ne contrôlent pas devant le tribunal du droit de la mer à Hambourg. Je suggère au gouvernement d'assigner les Bahamas qui ont accordé leur pavillon au Prestige.

Propos recueillis par M. -C.T.

(Source http://www.mpf-villiers.org, le 15 mai 2003)

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