Déclaration de M. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, sur les relations franco-congolaises, à l'Assemblée nationale le 14 mai 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, sur les relations franco-congolaises, à l'Assemblée nationale le 14 mai 2003.

Personnalité, fonction : DEBRE Jean-Louis.

FRANCE. Assemblée nationale, président;FRANCE. UMP, membre du comité politique

Circonstances : Visite officielle de M.Jean-Pierre Thysthère-Tchicaya, président de l'Assemblée nationale congolaise et réception par M. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée narionale, le 14 mai 2003

ti : Monsieur le Président,


Je suis particulièrement heureux de vous accueillir aujourd'hui à l'Hôtel de Lassay. Vous dire notre sympathie et témoigner au peuple congolais, à travers vous et votre délégation, l'intérêt avec lequel la France suit l'approfondissement du retour de la République du Congo à la stabilité et à la démocratie.

Votre pays a choisi la voie du dialogue, celle de la sagesse pour sortir de la crise. L'installation du Parlement suivie de la prestation de serment du Président de la République en août 2002 ont mis fin à la période de transition pour amorcer celle du redressement. Toutes les institutions prévues par la constitution sont aujourd'hui en place, l'Etat s'est reconstruit, réorganisé et renforcé, et la République du Congo peut désormais, après la signature le 17 mars dernier de l'accord mettant fin aux hostilités dans la région du pool, consacrer toutes ses énergies à relever les défis du développement économique et social.

Ces défis, nous le savons, sont importants, et le Congo a choisi d'y faire face avec détermination dans le contexte d'une conjoncture mondiale pourtant morose. Des mesures courageuses ont été prises pour instaurer la confiance, qu'il s'agisse de l'assainissement des finances publiques ou du secteur bancaire, de la gestion de la dette et d'autres encore.

Les conditions ont ainsi été rétablies pour permettre à l'Union européenne de relancer sa coopération et à votre pays de reprendre prochainement les négociations avec le FMI.

Dans cette démarche, la France reste au premier rang aux côtés du Congo comme elle l'a déjà été dans les moments difficiles.

Déjà proches par des liens économiques étroits qui font de la France le premier partenaire commercial du Congo et le premier investisseur, nos deux pays ont renoué un dialogue politique très actif : en moins de dix mois, le Président Sassou Nguesso a déjà fait deux visites en France, ce qui m'a donné l'honneur et le plaisir de le recevoir ici même en février dernier, le Ministre délégué à la coopération et à la francophonie s'est rendu deux fois au Congo et la Ministre de la Défense, Mme Alliot-Marie, était elle-même très récemment à Brazzaville dans le cadre d'une coopération militaire renouée.

Dans cette phase de redressement, la France se félicite également de voir le Congo reprendre la place qui lui revient en restaurant ses liens avec les Etats africains riverains et avec la communauté internationale. Le rôle actif que le Congo joue à la tête de la CEMAC et de la CEEAC, les deux rencontres internationales qui viennent de se tenir à Brazzaville, réunion de l'Assemblée parlementaire ACP-Union européenne puis conférence des structures francophones en matière de droits de l'homme, illustrent le retour de votre pays sur la scène internationale et le rôle modérateur qu'il entend jouer dans sa région.

Monsieur le Président,

C'est dans ce contexte de renouveau que votre visite à l'Assemblée nationale prend toute sa signification : nous savons toute l'importance du rôle de l'institution parlementaire dans la bonne gestion des affaires publiques. Nous savons aussi la part que nos deux assemblées peuvent prendre dans le développement des relations franco-congolaises.

Je souhaite donc saluer, Monsieur le Président, le sérieux avec lequel le Parlement congolais remplit les missions qui sont les siennes dans le nouvel ordre institutionnel.

Votre Parlement a siégé quasiment en permanence du mois d'octobre dernier jusqu'au tout début de ce mois de mai.

Il a déjà accompli un très important travail législatif et exercé, pendant ces mois d'intense activité, les responsabilités qui étaient les siennes dans l'installation de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême, de la Cour des Comptes, de la Commission nationale des Droits de l'Homme, ou encore du Conseil supérieur de la Liberté de l'Information.

Vous avez également adopté un certain nombre de dispositions visant à rationaliser le travail de l'Assemblée et à asseoir le contrôle du Parlement sur le gouvernement.

Vous m'avez cependant fait savoir que des efforts restaient encore à faire pour donner à la représentation nationale les moyens d'exercer pleinement sa mission. Vous avez exprimé le souhait de définir à cet effet un cadre de coopération étroite avec l'Assemblée nationale française. Nous sommes tout à fait disposés à reprendre l'important programme de coopération entamé en 1995 puis arrêté par les événements de 1997 ; des fils ont en fait été déjà renoués puisque dès les mois de mai et juin 2002, l'Assemblée nationale recevait le premier Secrétaire de la nouvelle Assemblée, M. Ngolo, qui vous accompagne, ainsi que le Premier Questeur. Vous proposez comme axes prioritaires de développement notamment l'échange de délégations, la formation des personnels des services techniques, et l'équipement des services techniques.

L'Assemblée nationale française dispose d'un savoir-faire très apprécié dans la formation des personnels, dans la mise en place de sites internet et d'une façon plus générale, dans l'organisation du travail parlementaire et dans celle des services. Je suis prêt à mettre mon expertise à la disposition de l'Assemblée nationale congolaise, non bien sûr pour vous proposer des recettes toutes faites mais plutôt pour vous aider à identifier les solutions les mieux adaptées à vos besoins et vous aider à les mettre en ¿uvre.

Je suggère donc que nos deux assemblées procèdent rapidement à une évaluation précise de ces besoins. Nous arrêtons alors les modalités de cette coopération ambitieuse.

Je suis certain que les présidents de nos deux groupes d'amitié, M. Jean-Michel Gonnot et M. Louis Soussa, sauront apporter une contribution très active à la mise en place de cette coopération et au développement de relations fructueuses entre nos deux Assemblées.

Je souhaite que celles-ci soient exemplaires et qu'elles servent de modèle d'une coopération respectueuse des souverainetés nationales responsables car correspondant aux attentes de notre pays et suivant votre volonté de poursuivre l'instauration d'un état respectueux des traditions parlementaires et démocratiques.

Cette coopération entre nos deux Assemblées scellera plus fortement l'amitié entre la France et la République du Congo.

(Source http://www.assemblee-nationale.fr, le 21 mai 2003)

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