Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur la capacité de dialogue du gouvernement face à la crise actuelle, à l'Assemblée nationale le 10 juin 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur la capacité de dialogue du gouvernement face à la crise actuelle, à l'Assemblée nationale le 10 juin 2003.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

ti : "Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,


Je ne souhaite pas polémiquer sur un sujet qui concerne l'avenir de la France, et je voudrais d'abord vous remercier, monsieur le président, de votre appel à la responsabilité pour tous. J'ai bien entendu l'appel à la responsabilité du Gouvernement, mais j'ai aussi entendu l'appel à la responsabilité de tous, notamment pour que cesse la violence et pour que les examens puissent avoir lieu dans notre pays. Je crois que c'est un élément très important. Je salue cette démarche de responsabilité. Je crois qu'aujourd'hui, il est très important. C'est vrai qu'il y a eu, ces dernières semaines, du monde dans la rue. Mais c'est vrai aussi qu'il y a eu des millions de Français pour défendre la République. Et la République, elle est fondée sur, d'une part, une démocratie sociale, et aussi une démocratie politique et parlementaire.

La démocratie sociale, très sincèrement, je crois que nous en avons respecté toutes les règles. Nous avons fait en sorte que d'abord les travaux du gouvernement précédent, avec le COR, soient pris en compte. Nous nous sommes appuyés sur les travaux qui ont été établis par le gouvernement précédent. Nous avons engagé des discussions au Conseil économique et social, puis dans le pays et avec les organisations syndicales. Il est vrai que cela s'est terminé, comme souvent dans la démocratie sociale, par certaines organisations qui disent " oui " et d'autres qui disent "non". C'est vrai que monsieur Thibault a dit "non", mais est allé au Parti socialiste, et que monsieur Chérèque a dit " oui ", sans venir cependant à l'UMP. Et, aujourd'hui, je suis obligé de constater que dans la démocratie sociale, il y a une majorité d'organisations représentatives, parce que la démocratie sociale, c'est des organisations représentatives. Une majorité d'organisations représentatives a signé un relevé de décisions qui appuient les positions que vous propose le Gouvernement.

Donc, je réponds très rapidement à vos trois questions, monsieur le président : êtes vous prêt à arrêter la réforme de la décentralisation ? Non. Non, parce que le pays a besoin de la décentralisation pour faire respirer ses territoires, et parce qu'il est congestionné par son haut, et c'est cette respiration qui donnera plus de force à la République. Oui au dialogue, et ce soir, il y a une réunion importante pour discuter avec les organisations de l'Education. Nous sommes là dans la phase de la négociation sociale, nous sommes ouverts au dialogue et nous ferons sur le sujet, des avancées.

Etes vous prêt à recevoir les responsables syndicaux ? Je les reçois régulièrement. Encore aujourd'hui, j'en ai reçu et je tiens à vous dire que la porte de Matignon est ouverte à tous les responsables syndicaux, régulièrement. C'est très important, pour être en phase avec les propositions qui sont proposées. Et je voudrais vous dire qu'aujourd'hui, il ne s'agit pas pour nous de prendre du retard, de chercher un moratoire, de vouloir renvoyer à plus tard. Nous sommes face à des échéances d'avenir. Car ce dont on ne parle jamais, c'est de la non-réforme, et la non-réforme, c'est l'effondrement des retraites à partir de 2006, et c'est à cela qu'il faut répondre.

Il ne faut pas comparer la situation actuelle et la situation de demain. Il faut comparer la situation actuelle avec réforme, ou la situation actuelle sans réforme. Et là, c'est l'effondrement des retraites et notamment des plus petites retraites. Monsieur le président, il est des jours, il est des temps, où le courage, c'est l'action."

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 11 juin 2003)

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