Rapport de M. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, sur les orientations de la CGT, sa conception du syndicalisme, le contexte social depuis les résultats du premier tour de l'élection présidentielle 2002, l'opposition de la CGT au projet gouvernemental de réforme des retraites, à Montpellier le 24 mars 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Rapport de M. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, sur les orientations de la CGT, sa conception du syndicalisme, le contexte social depuis les résultats du premier tour de l'élection présidentielle 2002, l'opposition de la CGT au projet gouvernemental de réforme des retraites, à Montpellier le 24 mars 2003.

Personnalité, fonction : THIBAULT Bernard.

FRANCE. CGT, secrétaire général

Circonstances : 47ème congrès confédéral de la CGT, à Monpellier du 24 au 28 mars 2003

ti : Chers Camarades

Il y a plus d'un an maintenant, nous lancions la préparation du congrès de la CGT.

Aujourd'hui, nous y sommes ! Vous y êtes, vous les délégués au 47ème congrès confédéral, et je vous souhaite la bienvenue !

L'ensemble de la direction confédérale, des fédérations, des unions départementales ont fait le choix d'encourager au maximum le processus démocratique pour préparer ce congrès.

Nous avons, dans un premier temps, interrogé les syndiqués pour qu'ils expriment leurs attentes, nous fassent part de leurs opinions sur la situation, sur les responsabilités de la CGT, sa démarche et son fonctionnement.

Nous appuyant sur les orientations arrêtées au précédent congrès, nous avons fait le choix de quatre projets de résolutions diffusés à tous les adhérents. nous avons voulu que les discussions se précisent, que les avis se croisent avant l'heure des décisions.

Les réunions de syndiqués se sont multipliées sous différentes formes, tantôt à l'entreprise ou sur la localité. De nombreuses contributions écrites nous sont parvenues, beaucoup d'entre elles ont été publiées. 168 syndicats ont transmis des amendements écrits aux projets de résolutions.

Le congrès de la CGT, c'est celui des syndicats de la CGT, c'est au nom de leurs syndiqués que vous êtes réunis jusqu'à vendredi. C'est vous qui avez la responsabilité de transformer les attentes en espoirs, de prendre les bonnes décisions, de préciser l'orientation de notre action en prenant appui sur nos atouts, et ils sont nombreux, pour permettre au syndicalisme de franchir des seuils.

Depuis un moment déjà, les spéculations fleurissent, les pronostics vont bon train..

Il faut y voir d'abord un signe de reconnaissance de ce que nous sommes : la première organisation syndicale de salariés de notre pays. Ça ne peut pas laisser indifférent.

Chez certains commentateurs un peu désabusés, on décèle un regret, celui de constater la permanence d'une CGT toujours aussi influente et, qui plus est, avec un plus grand nombre de syndiqués.

D'autres ressassent de façon obsessionnelle des " analyses " qui seraient alarmantes si elles ne relevaient pas de l'élucubration fantaisiste : " nous serions en proie aux doutes, nous ne saurions plus qui nous sommes et où nous allons ". Bref, à la CGT, ce ne serait plus le débat mais la débandade !

Eh bien non ! Je suis désolé pour eux, mais à la CGT en général et quand on prépare un congrès tout particulièrement, ça discute, ça réfléchit et puis après, ça décide et ça met en ¿uvre. C'est ce qu'on appelle la démocratie et la responsabilité, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de prime à donner à ceux qui crient le plus fort en s'agitant beaucoup.

" Vont-ils se recentrer ? De qui vont-ils se rapprocher ? La CGT va-t-elle devenir réformiste ? Va-t-elle se durcir, se radicaliser ? ".

Beaucoup ne résistent pas à la tentation de s'enfermer eux-mêmes derrière cette très originale grille de lecture !

La CGT serait donc plus influençable qu'influente ? Et pourquoi diable serions-nous condamnés à copier ? Et copier qui et pourquoi faire ?

Il y a tout juste un siècle, à quelques centaines de mètres d'ici, 165 délégués, représentant 458 organisations de la CGT et 122 000 syndiqués, décidèrent de donner une assise plus large et plus solide à la Confédération en réunissant en une seule et même organisation les fédérations d'industrie et de métiers, réputées révolutionnaires, et la fédération des Bourses du Travail, prétendument réformiste, alors qu'elle était dirigée par un anarcho-syndicaliste convaincu ! Une organisation syndicale unique qui allait être le moteur des luttes, entre autres pour la journée de 8 heures. Après l'acte fondateur de 1895, c'était là - a-t-on dit plus tard- " la 2ème naissance de la CGT ".

Le contexte a changé et il faut se garder de sombrer dans l'anachronisme, en sous-estimant le décalage existant entre eux, héritiers directs de la révolution de 1848 et de la Commune, et nous qui abordons le 21ème siècle. Pourtant, notre référence à la Révolution française est toujours vivante, le contenu libérateur progressiste et universel de la devise républicaine - Liberté, Egalité, Fraternité -continue à être au c¿ur de notre conception des luttes sociales. Mais surtout, nous mesurons chaque jour combien l'esprit de combativité et l'exigence de l'unité du monde du travail, sont " les bonnes clés " pour affronter les défis d'aujourd'hui, celles là même que nous ont livrées les camarades qui ont fondé la CGT au siècle dernier.

Oui, nous continuerons à défendre ardemment cette conception du syndicalisme, et nous puisons dans les résultats des élections prud'homales de décembre des éléments de confiance pour redoubler nos efforts.

Nous voyons dans ce succès, bien loin d'être acquis par avance, tout le contraire de la nécessité d'une révision déchirante mais bien des encouragements à poursuivre dans notre ambition de nouvelles conquêtes sociales.

Oui, ce résultat de la CGT en a surpris plus d'un et parfois même dans nos propres rangs.

Il faut bien reconnaître que plus d'un avait tiré des plans sur la comète. D'aucuns pensaient que les bouleversements économiques, politiques allaient conduire à un effondrement, dont ils espéraient tirer avantage. Pour d'autres, les tenants de " l'archaïsme syndical " allaient devoir céder leur place aux champions de la " modernité ".

Bref, tout cela ne s'est pas produit et il est un fait que tous doivent admettre, bon gré mal gré : les salariés de notre pays continuent, année après année et dans la durée, de placer la CGT en tête de leur préférence syndicale, et c'est une très bonne nouvelle.

Un congrès de la CGT c'est toujours un événement. À tel point que celui-ci aurait eu une influence sur le calendrier gouvernemental, notamment s'agissant de la réforme des retraites¿ Il faut dire que le gouvernement s'intéresse aux congrès. Lors du dernier, celui du MEDEF, le Premier Ministre a même fait le déplacement. C'était une première.

Sans doute ce gouvernement se devait-il de reconnaître au MEDEF qu'il n'avait pas ménagé sa peine pour un changement de majorité gouvernementale : l'organisation patronale attend d'ailleurs avec confiance et insistance le retour d'ascenseur et, pour plus de sûreté, elle a placé certains des siens à des postes clefs : c'est ce qu'on appelle mettre la ceinture avec les bretelles !

L'accueil réservé au Premier Ministre fut des plus enthousiastes. Gêné après coup que l'on puisse y voir un attelage, le chef de l'Exécutif s'est défendu en suggérant qu'il pourrait tout aussi bien souscrire à une invitation syndicale. Pour notre part, nous ne pouvions pas lui garantir un accueil aussi chaleureux que celui préparé par Monsieur Ernest Antoine SEILLIERES ! C'est sans doute ce qui l'a fait renoncer.

Chers Camarades,

Notre congrès s'ouvre, chacun en a conscience, dans un contexte d'une exceptionnelle gravité.

L'administration américaine a déclenché la guerre sur le territoire irakien, dans une des zones les plus fragiles et les plus tourmentées du globe.

Le régime irakien est sans contestation possible une dictature sanglante, dont les syndicalistes furent les premières victimes. Mais il suffit de rappeler qu'il a perpétré la plupart de ses exactions avec le consentement ou l'absolution de toutes les grandes puissances qui lui ont tour à tour ou simultanément prodigué les moyens les plus délétères pour les accomplir. Même l'épisode précédent de la guerre du Golfe n'échappe pas à ce constat. Il y aurait en effet beaucoup d'intérêt à élucider les motifs pour lesquels l'intervention militaire massive dirigée par les américains s'est brutalement interrompue, offrant miraculeusement une survie au régime.

Les prétextes invoqués par l'administration américaine et les quelques chefs d'Etats européens qui ont cru bon de la soutenir, évoquent la capacité de nuire de ce régime et ses liens présumés avec le terrorisme international. Il est de notoriété publique que cette capacité de nuire, pour son malheur, ne pouvait plus viser que la population irakienne, comme celle ci a été la seule victime des conséquences de l'embargo. C'est le renforcement de l'implantation militaire et politique des Etats unis dans cette région du monde qui était déjà et sera encore plus une source de recrudescence du terrorisme.

Forme extrême de la violence politique s'exerçant sur les populations civiles, incompatible avec les droits humains, le terrorisme disqualifie toutes les causes qu'il prétend défendre : il doit être résolument combattu. Le vendredi 14 septembre 2001, dans le cadre de la journée de deuil décrétée en hommage aux victimes des attentats du 11 septembre j'ai déclaré, au nom de la CGT, que nous comprenions l'émotion du peuple américain et la détermination de la nation américaine à rechercher, à poursuivre et condamner ceux qui avaient accompli cet acte ignominieux.

En affirmant la légitimité de cette attitude, nous avions aussi clairement indiqué que la lutte contre le terrorisme international exigeait beaucoup de discernement et de responsabilité politique, et ne pouvait pas espérer de succès durable en s'affranchissant unilatéralement d'une étroite coopération internationale. Pour nous, cet événement dramatique survenu sur le sol américain est le signe d'un mauvais état du monde et de la nécessité de l'avènement d'une nouvelle ère dans la conception et l'organisation des rapports économiques et politiques.

Il doit conduire la communauté internationale à reconnaître la satisfaction des exigences sociales comme un facteur déterminant pour la paix et la sécurité : la France et l'Europe ont le devoir et les moyens de faire prévaloir cette orientation.

Après l'implosion du système soviétique certains milieux dirigeants américains, nourrissent l'ambition, à la fois illusoire et dangereuse, de régenter l'ordre international. S'appuyant sur la suprématie de leur capacité d'intervention militaire ils veulent, au nom de leur conception des intérêts des Etats-Unis, imposer le maintien de leur leadership sur l'organisation de la globalisation économique et financière.

Il y a malheureusement continuité et consanguinité entre la fébrilité guerrière du Président BUSH et de son entourage et une série de décisions prises par Washington ; celle de ne pas ratifier l'accord d'Ottawa visant à interdire la production, la vente et l'usage des mines antipersonnel, celle de reprendre le programme connu sous le nom de " la guerre des étoiles ", celle de refuser la compétence de la Cour pénale Internationale, celle de ne pas ratifier les accords de Kyoto sur la protection de l'environnement planétaire, celle de renoncer à la mise en place d'une politique énergétique plus économe et plus propre et de lui préférer un contrôle politique des ressources mondiales, celle de boycotter la conférence de Johannesburg sur le développement durable, et cetera, et cetera¿

L'option choisie par les Etats-Unis leur évite de s'interroger sur les bases réelles de leur domination actuelle sur le monde et sur les risques qu'elle comporte pour eux mêmes et pour les autres.

Où peut aller le monde si un Etat prétend imposer sa propre vision en étant sourd aux dizaines de millions de manifestants de tous les continents, de toutes convictions et de toutes confessions !

Quel avenir veut-on nous préparer en opposant les cultures et en prônant les croisades ?

Combien de temps encore, ceux qui viennent de s'affranchir du respect du droit international vont-ils considérer les résolutions de l'ONU sur la Palestine comme lettre morte ? Quand l'engagement pour une paix juste et durable dans cette région du monde prendra-t-il enfin le pas sur l'arrogance guerrière et la haine de l'autre ?

Il faut se mobiliser pour obliger les Etats-Unis et la Communauté internationale à mettre fin à l'intolérable situation dans les territoires palestiniens.

La voie qui tourne le dos au principe d'égalité entre tous les hommes, principe qui est au fondement de la démocratie comme il est au fondement de l'institution des Nations-Unies, est mauvaise pour le monde dans lequel nous vivons tous. Nous savons que de nombreux citoyens américains partagent ce point de vue et le défendent avec énergie. En témoigne la lettre conjointe du président de l'AFL -CIO et du secrétaire général des TUC britanniques adressée à leur gouvernement respectif.

La CGT approuve les positions et les initiatives du Chef de l'Etat et de la diplomatie française. Elle se félicite de la communauté de vue qui s'est instaurée entre la France, l'Allemagne et la Belgique.

Il est réconfortant d'assister à une mobilisation des opinions publiques sur tous les continents, à des prises de conscience nouvelles pour dessiner l'avenir de l'humanité.

Cette guerre n'est ni légitime ni juste. Cette guerre doit cesser !

Il faut que l'Europe s'affirme pour porter les valeurs susceptibles de maîtriser la trajectoire du monde, de mettre un terme à la vaste entreprise de dérégulation économique et financière, de creusement des inégalités et de dépossession politique des citoyens. La mise en ¿uvre d'un modèle social européen est une composante incontournable d'une vision du monde différente, une référence neuve pour l'avenir.

S'il faut réagir contre la désespérance, il faut aussi arrêter de croire que, par une sorte d'enchantement technologique, notre monde évitera le chaos et l'engrenage de la barbarie, évoluera progressivement mais naturellement vers un univers pacifié de consommateurs branchés sur le réseau avec leur carte de crédit.

Est il acceptable que, pendant des années, ait pu déferler sur toutes les longueurs d'onde le mythe de la nouvelle économie ? La bulle financière qu'elle a générée explose maintenant, plongeant des milliers de salariés dans le drame des restructurations.


Les valeurs fondatrices de la démocratie doivent reprendre des forces et s'imposer. Elles seules peuvent fonder une politique nouvelle s'attaquant globalement aux dérives de la globalisation ; une politique qui nous affranchisse de la tutelle des groupes transnationaux, des institutions boursières et financières, de leurs diktats, de leurs dérèglements et de leurs pratiques scandaleuses.

Comme les travaux de notre Conférence internationale d'hier l'ont bien montré :

Les affaires du monde ne doivent plus être laissées dans les mains du monde des affaires.

Il n'est pas acceptable que continue à s'afficher la démission politique des gouvernements vis-à-vis des coups de force économiques et que ceux-ci persistent à considérer que ce domaine relève du droit divin des employeurs et des institutions financières.

Au cours du 1er Forum social régional de Florence et du 3ème Forum social de Porto Alegre, l'ensemble des syndicats ont réaffirmé l'exigence d'un nouveau rôle des institutions internationales et l'adoption de normes sociales dans les accords multi-latéraux.

Il faut absolument éviter que le débat actuel dans le cadre de l'OMC se fourvoie dans un affrontement Nord/Sud. Ne nous leurrons pas, les intérêts des uns et des autres ne convergent pas naturellement. Cela demande une approche combinant l'aspiration au développement et le respect des droits de l'homme au travail qui sont une déclinaison des droits humains fondamentaux.

Toujours dans le cadre de l'OMC, l'ouverture des négociations sur les services, doit nous rendre plus vigilants et plus exigeants sur la défense des services publics..

La préparation du G8 en juin prochain à Evian, du Forum social de Paris/Saint-Denis en novembre, sera propice à multiplier les échanges et à intensifier notre activité.

Ce qui doit être à l'ordre du jour c'est de faire des groupes internationaux des sujets de droit et particulièrement de droit social. Le déploiement de notre intervention au sein de ces groupes constitue un des enjeux majeurs de notre action syndicale.

Je voudrais maintenant caractériser une situation politique, économique et sociale en faisant référence à ce que nous avons vécu ces dernières années.

Des attentes sociales ont été disqualifiées à priori depuis 20 ans au nom d'une approche de l'économie et de la compétitivité : la réduction d'emplois devenait inéluctable avec son cortège de licenciements, la précarité s'installait comme la règle, en matière de retraite, la capitalisation devait remplacer la répartition, la santé comme les services collectifs étaient trop chers¿

Chacun d'entre nous se souvient de la difficulté à faire admettre que nous puissions tout simplement discuter de solutions alternatives ou même d'inflexion des choix qui nous étaient présentés comme inéluctables. C'est bien pour prendre le contre pied de ce refus d'agir que nous avons, lors des dernières élections présidentielles, envoyé un mémorandum aux candidats qui résumait nos principales revendications, en tirant les enseignements de la période écoulée.

Le contexte actuel, toujours marqué par le séisme du 21 avril, concentre toutes les préoccupations que nous avions analysées.

Constater une certaine prise de distance entre les citoyens et la représentation politique ne veut pas dire s'en satisfaire et encore moins prétendre combler un vide en sortant de notre rôle. Mais ce qui est communément appelé " la crise du politique " n'est pas sans conséquences sur la réflexion et l'action syndicales.

Les partis politiques ont pour ambition légitime d'accéder au pouvoir, ce n'est naturellement pas l'objectif d'un syndicat. Mais, le contenu de l'Etat ne se résume pas à la conquête et à l'exercice du ou des pouvoirs qui le constituent. Les institutions qui le composent sont des lieux essentiels et permanents pour la régulation sociale. Aussi, dès lors que cela peut être utile à ses objectifs revendicatifs, la CGT doit être fortement présente dans le débat public. Dans ce cadre, elle peut entretenir, si nécessaire, des relations avec toutes les organisations démocratiques qui le souhaitent. Cela exclut, cependant, toute attitude de soutien ou de co-élaboration d'un projet politique quel qu'il soit.

La société aujourd'hui est bien différente de celle de la période où le syndicalisme a connu son plus grand développement. Le clivage principal demeure : sous l'empire des puissances financières, les injustices, les inégalités et l'exclusion s'aggravent dangereusement.

Mais des solidarités forgées au cours de plus d'un siècle de luttes syndicales et politiques, constituants actifs de la conscience de classe, ont été affaiblies.,.

Le sentiment maintenant s'installe chez beaucoup de salariés qu'ils n'auraient plus d'avenir. Ceux qui sont particulièrement visés sont notamment les plus jeunes sortis du système scolaire sans diplômes et sans qualifications, ceux qui vivent les situations les plus difficiles, les plus instables, les moins considérées socialement. Ce qui était autrefois un destin accepté, est devenu trop souvent la marque d'une malédiction sociale nourrissant la désespérance, terreau favorable aux manipulations des politiciens populistes.

Les plus dangereux sont ceux de l'extrême droite, capables de réunir de nombreux suffrages en mettant en relation, sur fond raciste et xénophobe, le processus de mondialisation, l'immigration et l'insécurité. Le succès de cet amalgame ne réside pas seulement dans le talent de tribun de Le Pen, mais aussi dans la capacité effective de son discours à donner une cohérence et à verrouiller le système de pensée de tous ceux qui, déstabilisés ou se sentant abandonnés, régressent dans le confort amer du ressentiment.

Je veux réaffirmer devant le congrès qu'il n'y a aucune place, ni dans notre point de vue, ni dans notre pratique, pour le racisme, la xénophobie, l'autoritarisme, la morgue ou l'étroitesse chauvine.

Il n'y en a aucune non plus pour l'exacerbation des peurs collectives et la manipulation démagogique des désarrois sociaux, quelles que soient les étiquettes des courants politiques qui en ont fait ou seraient tentés d'en faire leur fonds de commerce.

Le Front National quant à lui veut, sans complexe, se donner l'objectif de capter durablement la confiance d'une partie importante des salariés les plus modestes qui sont aussi les plus exposés au durcissement de l'exploitation du travail et les plus assujettis à la précarité de l'emploi. La consolidation du Front National dans le paysage politique français et le risque de sa banalisation au plan européen constituent une menace directe contre l'efficacité de notre combat pour l'unité et la solidarité entre tous les salariés.

Un des enseignements des élections présidentielles, sur lequel certains tournent bien vite la page, était un sentiment général d'abandon de la part de la puissance publique à tous les niveaux.

Le cynisme des chefs d'entreprises et l'inertie du gouvernement heurtent de front l'exigence de respect et de dignité qu'expriment les travailleurs de toutes catégories. C'est aujourd'hui le cas des salariés de Metaleurop, d'Air-Lib, de Pechiney, de Daewoo et de bien d'autres encore. Les exigences sociales et le besoin de considération qu'ils expriment ne leur sont accordées ni par les dirigeants des entreprises, ni par nombre d'hommes politiques.

L'insécurité sociale est la source de tous ces affrontement. Elle s'amplifie par des mesures gouvernementales qui, au nom de la réforme, affaiblissent notre système solidaire.

Le gouvernement RAFFARIN, s'appuyant sur le fameux " sentiment d'insécurité " a engagé durant ces 6 premiers mois, par la voix de son ministre de choc, une campagne sur le thème " le gouvernement veille à votre sécurité individuelle, ne craignez rien braves gens ! " Dans ce domaine, il y a au contraire des raisons de craindre et, dans les autres, peu de raisons d'espérer.

Au fil du temps, les baudruches se dégonflent, l'ensemble de la politique gouvernementale apparaît pour ce qu'elle est, un pâté de formules creuses farcies de mesures rétrogrades. Ce n'est donc pas une recette susceptible de calmer une inquiétude, une colère de plus en plus grandes chez les salariés du public comme du privé.

Chaque jour voit son cortège de licenciements. Chaque jour des femmes et des hommes sont rejetés, pions anonymes déplacés ou supprimés selon des règles qu'ils ne maîtrisent pas. Dépossédés de leur travail, la plupart du temps sans aucune perspective d'emploi, ils sont les laissés pour compte de la gestion capitaliste. L'amertume et la souffrance qui en résultent sont à l'aune de leur vie, brutalement arrêtée parce ce que l'on nomme pudiquement " suppressions d'emplois ". Et c'est à eux, qu'à travers de nombreuses règles d'indemnisation de l'UNEDIC, on a voulu faire la leçon ! Ils n'avaient pas assez du cynisme, ils y ont ajouté le mépris.

Il ne faut pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Il n'est pas vrai que cette situation soit due d'abord à des raisons conjoncturelles. Bien sûr, la guerre n'arrange pas les choses.

Ne laissons ni aux employeurs ni à l'Etat le sentiment qu'ils pourraient profiter de la situation pour engager et faire passer en traître ou à la hussarde des mesures d'austérité ou de régression sociale, à l'instar des armateurs qui profitent d'une pollution majeure pour procéder en toute impunité à un dégazage de leurs soutes.

Rappelons que le chômage grimpe depuis 18 mois, que le nombre de créations nettes d'emplois a été divisé par 8 en 2002, pour se rendre compte que les " plans sociaux " et les licenciements n'ont rien d'une génération spontanée.

L'industrie est la première victime d'une logique qui privilégie la recherche de la rentabilité la plus élevée. La liste des activités, des productions, des sites sacrifiés tout au long des derniers mois, est significative de l'hémorragie que connaît notre tissu industriel : métallurgie, textile, agro-alimentaire, mines, chimie, pas un secteur n'échappe au processus .

Mais ce sont aussi les services, le commerce, les hautes technologies qui sont touchées. L'État lui-même donne l'exemple, entreprises et services publics sont mis au régime minceur ou livrés à la privatisation.

Nous ne décelons ni dans le diagnostic, ni dans les lignes d'actions proposées par le gouvernement une prise de conscience à la hauteur de la situation.

Le chômage, la précarité dans l'emploi, sont deux fléaux qui continuent de miner la société française et, plus largement, les pays européens.

" Syndicats, patronat, pouvoirs publics, mobilisons-nous tous ensemble pour l'emploi " C'est le slogan que nous avons entendu la semaine dernière, lors de la Conférence gouvernementale pour l'emploi. C'est une escroquerie dangereuse tant que l'on ne situe pas les responsabilités des uns et des autres.

Nous sommes mobilisés pour la défense de l'emploi pendant que d'autres, par leurs décisions, portent atteinte au droit à l'emploi.

S'interdire, comme c'est le cas, de se pencher sur la gestion des entreprises, et en particulier des grands groupes, c'est, même si l'on prétend le contraire, s'accommoder des dégâts que doivent supporter la collectivité et les territoires. Le patronat feint une nouvelle fois de s'engager sur l'embauche de milliers de jeunes. Quel dérisoire rideau de fumée pour s'exonérer de centaines de milliers de licenciements ?

Le Gouvernement à force d'être " modeste " oublie de s'interroger sur sa propre action et ses propres options en matière de politique économique.

Le besoin de maîtrise publique et collective d'un certain nombre de leviers économiques et sociaux va à l'encontre d'un processus de privatisation toujours d'actualité.

Le énième plan " réputé favoriser l'emploi des jeunes ", grâce à de nouvelles exonérations de cotisations sociales, risque fort de reproduire les effets pervers des précédents. En 2002, vingt milliards d'euros sont allés aux " aides à l'emploi " dans le secteur marchand, pour le résultat que l'on connaît il y a de quoi douter de leur efficacité. Mais on nous refuse toujours le bilan contradictoire.

Autre chose est l'enjeu de l'instauration d'un véritable droit à la formation continue et à la qualification reconnue. Cette revendication largement partagée, est une composante de la Sécurité sociale professionnelle dont nous prônons la construction. Je rappellerai simplement que les négociations sur ce point ont buté sur l'intransigeance de nos interlocuteurs patronaux qui refusent une mutualisation de ce droit et souhaitent en reporter principalement la charge sur les salariés. L'Etat ne peut se réfugier derrière un appel à la négociation pour ne rien faire.

La possibilité doit être donnée à chacun de trouver sa voie selon une trajectoire enchaînant des phases d'acquisition de consolidation et de mise à jour de compétences. Elle devra le plus vite possible s'incarner dans un nouveau statut du travail salarié intégrant les interruptions de carrière et les réorientations d'activité comme les conditions normales d'un statut professionnel continu.

Chacun peut juger des perspectives pour l'emploi que donnerait l'instauration de ces garanties sociales.

Cette bataille a une dimension européenne. Les manifestations organisées en Europe par les syndicats de façon coordonnée vendredi dernier, témoignent de la grande insatisfaction provoquée par l'absence, dans le projet européen, d'objectifs ambitieux pour la croissance et pour des droits sociaux plus affirmés.

Le syndicalisme européen s'affirme sur le terrain revendicatif. Nous y prenons toute notre part au sein de la Confédération Européenne des Syndicats. Notre entrée prochaine au secrétariat de la CES ne pourra que nous y encourager.

Notre Congrès se tient à un moment clé de la campagne que nous avons engagée pour une réforme garantissant l'avenir de nos régimes de retraites solidaires. Chacun d'entre vous en connaît les principales données. Nous ne les avons pas découvertes il y a quelques semaines.

Rappelons-nous 1995, moi je ne suis pas prêt de l'oublier.

1999 et la bataille contre la principale conclusion du rapport CHARPIN prônant l'allongement de la durée de cotisation.

Le 25 janvier 2001 et les manifestations contre la prétention du MEDEF à torpiller déjà le droit à la retraite à 60 ans , les campagnes d'information et de débats, menées depuis 2 ans, jusqu'à la déclaration commune des organisations syndicales du 7 janvier et les manifestations du 1er février.

Nous sommes aujourd'hui dans une nouvelle phase tandis que le Gouvernement prépare ses décisions ; l'organisation patronale constate, elle aussi, que la partie se joue maintenant. Guillaume SARKOZY, son Monsieur Retraite, vient d'enfoncer le clou en demandant l'allongement de la durée de cotisation, pour tous, à 41 ans dans un premier temps.

Le MEDEF hausse le ton. Il est bon qu'il sache qu'il va y avoir du répondant !

Depuis quelques semaines, il faut se rendre à l'évidence, de déclarations en réunions ministérielles la philosophie de la réforme préparée par le gouvernement se dévoile avec un contenu de plus en plus éloigné de la plate-forme commune.

Nous l'avons déjà dit, jamais nous ne laisserons croire qu'il suffit d'allonger la durée de cotisations des fonctionnaires et des salariés du public à quarante ans pour considérer l'avenir des retraites comme réglé. Nous dénoncerons une réforme ciblée sur le seul secteur public - comme le Gouvernement semble en avoir la tentation. Tout le monde syndical reconnaît désormais qu'il est nécessaire de revenir sur les dispositions Balladur de 1993 qui creusent toujours un peu plus l'écart entre les retraites versées dans le privé et les salaires d'activité.

Le gouvernement, en s'apprêtant à abandonner le droit à la retraite à 60 ans, sait que du même coup il réduira fortement le niveau des pensions. Je le dis clairement, nous n'accepterons pas que la loi soit discutée en catimini à l'occasion d'une session parlementaire extraordinaire, en juillet !

La CGT a formulé depuis longtemps ses propres objectifs pour la défense et la garantie de notre système de retraite, notamment sur le problème crucial du financement. Là où le gouvernement cherche à faire des économies, nous avançons des solutions pour la pérennité d'un bon niveau de retraite assuré par la répartition.

A l'heure où le Gouvernement rejette nos propositions les unes après les autres, des divergences apparaissent entre syndicats sur l'opportunité de nouvelles mobilisations.

La CFDT, la CFTC, la CGC estiment pour le moment que le dialogue pourrait suffire. Ce n'est pas notre appréciation. Le Gouvernement n'a pas pris la mesure de la détermination des salariés dans les grandes manifestations du 1er février. Il ne sert à rien d'entretenir un faux suspense, une confrontation sérieuse s'annonce.

C'est ce qui nous a conduit à décider avec FO, la FSU et l'UNSA d'une journée de manifestations interprofessionnelles avec arrêts de travail, le 3 avril prochain. Dans la foulée de cette décision, six organisations de fonctionnaires ont appelé à une journée de grève. Cinq fédérations de cheminots s'engagent le 3 avril et je suis persuadé que le cercle va s'élargir au fil des jours.

Nous prendrons le temps, mercredi après-midi, de débattre des moyens d'amplifier la mobilisation. Le 3 avril, salariés du privé et du public, femmes, jeunes, actifs, retraités, chacun est concerné. Ensemble, nous pouvons gagner le maintien et l'amélioration d'un système de retraite solidaire auquel une écrasante majorité de salariés sont attachés. L'engagement de tous nos syndicats est indispensable pour cet objectif, comme il l'est également pour fortifier la dynamique unitaire.

(Source http://www.cgt.fr, le 25 mars 2003)
Bien d'autres facettes de la politique gouvernementale vont à contresens de nos attentes et de celles qu'expriment les salariés ; Nous avons eu l'occasion de nous exprimer clairement ces dernières semaines sur tous ces sujets.

A propos des choix gouvernementaux, certains parlent d'économie, d'autres de " rigueur " qui ne voudrait pas dire son nom. Nous avons le sentiment que ce qui se joue va bien au-delà et que certains rêvent de nous mener vers un Etat minimum, une sécurité sociale allégée et des services publics " Canada dry ".

Le développement et la qualité des services publics, c'est vital. Ce qui est en jeu, c'est une conception de la vie en société où la solidarité, l'accessibilité de plus en plus large aux biens et aux services, la recherche démocratique de l'intérêt général, dans les conditions du développement durable, remettent en cause inégalités et privilèges. Une telle conception implique de bannir les critères et les modes de gestion qui n'intègrent pas ou, pire, s'opposent à la mise en ¿uvre de ces objectifs et de ces exigences.

Nous ne sommes pas aveugles. L'éducation, la santé, les transports publics, les services collectifs ont besoin d'évoluer pour mieux correspondre aux besoins des usagers et de la population. La question est de savoir quel devrait être le contenu des réformes indispensables. S'agit-il d'affaiblir les outils indispensables à la solidarité et à l'efficacité sociale ou, au contraire, de les améliorer et de les consolider ? A l'hôpital, à la SNCF, à l'Education nationale, à EDF-GDF, à la Poste¿ tout comme dans les domaines de la recherche, de la culture et de la création, nous sommes vraiment à la croisée des chemins.

La bataille pour une véritable décentralisation, pas celle qui appauvrit le patrimoine collectif et joue la concurrence contre la solidarité, mais celle qui peut permettre que s'exprime de nouveaux besoins, ne nous effraie pas.

C'est à chaque niveau territorial, avec le souci de la cohérence et de la solidarité, qu'il faut construire les convergences entre les usagers et les salariés pour défendre, promouvoir, améliorer la gestion des services publics, dans un dialogue et une confrontation démocratique avec les élus et les pouvoirs publics.

Des réponses efficaces et durables impliquent également des politiques publiques et des pratiques démocratiques qui permettent aux usagers et aux citoyens de participer. A l'opposé d'une étatisation qui fait bon ménage avec les choix les plus libéraux, elle suppose un immense effort de démocratie publique. C'est dans l'étroite articulation entre les besoins et les réponses qui y sont apportés à chaque niveau territorial, que se joueront de pair le développement de l'économie et de la démocratie, à l'intérieur de chaque pays comme au sein d'un ensemble coordonné de pays comme l'Europe.

La Sécurité sociale, cet immense acquis du XXème siècle, est fragilisée. On sait bien pourquoi : banques et assurances lorgnent depuis 50 ans sur un marché juteux qui leur a échappé. La dégradation de l'emploi et des salaires déstabilise le financement des caisses ; de nombreux besoins sont insatisfaits, ce qui pousse à la recherche de nouvelles solutions plus individualistes.

La question essentielle en matière de santé, comme en matière de retraite, est de savoir si chacun pourra continuer à se soigner ou vivre sa retraite quel que soit son niveau de revenu, sans avoir besoin de recourir à des compléments d'assurance onéreux et discriminatoires. La réforme de la sécurité sociale que le gouvernement entend présenter à l'automne, portera cet enjeu comme le montrent les rapports de commande distillés maintenant depuis des semaines.

Face à de telles orientations, la CGT réaffirme sa volonté de contribuer à une réforme de la Sécurité Sociale, afin que le régime général ait un rôle structurant dans la détermination des prestations, du niveau de prise en charge, du financement, dans le cadre d'une gestion démocratique au côté des autres acteurs de l'assurance maladie.

Les choix budgétaires et fiscaux ne résument pas tout mais donnent une clé pour comprendre la situation.

Avec 6,3 milliards d'euros d'allégements supplémentaires, pour moitié d'impôts, pour moitié de charges patronales, le budget 2003 est marqué par la rigueur.

Après ça le Premier Ministre peut bien dire, par exemple, que " les difficultés budgétaires ne facilitent pas le travail du Ministre de l'Education ".

Tout ceci illustre bien la philosophie profonde d'une gestion des finances publiques qui sacrifie, emploi, éducation, justice sociale et services publics au bénéfice du patronat et de " la France d'en haut ".

Cette politique d'allégement à sens unique devrait se poursuivre, selon le gouvernement, tout au long de la législature.

Chers Camarades,

Les syndicats et le syndicalisme du 21ème siècle, notamment en Europe, sont les héritiers de plus de 150 ans de luttes sociales qui ont fait la preuve de la validité de cette conception : s'unir pour résister et, au delà, s'unir pour promouvoir le progrès social.

La CGT, celle qui tient son congrès aujourd'hui à Montpellier, comme celle qui le tenait ici même en 1902, est l'héritière d'un syndicalisme qui tient tête à l'arbitraire patronal et à la raison d'Etat. Pour nous, les réalités sociales ont un caractère historique, elles ne dérivent pas de lois naturelles devant lesquelles il faudrait s'incliner, comme certains s'attachent ou se résignent à les présenter. Nous avons pris le parti d'agir et non de subir.

Les valeurs qui portent cette résistance, égalité, justice, citoyenneté, et les comportements qui lui donnent corps, solidarité, écoute et engagement démocratiques, sont au c¿ur de l'identité de la CGT. Ils alimentent en permanence sa combativité qui continue à être une référence pour les luttes des salariés, y compris pour ceux qui hésitent encore à nous suivre ou à nous rejoindre. Les conditions de notre efficacité sont celles qui assurent notre crédibilité. Elles ont nom engagement, lucidité et transparence sur des objectifs clairs et partagés parce que débattus ; c'est ce qui évite toute forme de manipulation et autorise le compromis de négociation contre toute forme de compromission.

La CGT défend les salariés dans une société et dans un monde où les logiques de la reproduction et de l'accumulation capitaliste exercent une influence dominante sur la réalité économique et sociale. Dans la dernière période, l'hégémonie des activités financières marque la mondialisation d'un sceau négatif. La capacité d'adaptation du système, le dynamisme dont il continue à faire preuve lui permet d'investir des domaines nouveaux.

En résistant collectivement aux exigences de la rentabilité et aux contraintes de la production, en revendiquant une répartition des richesses produites plus favorable au travail, les salariés ont depuis plus d'un siècle établi des lignes de défense, des pôles de résistance qui sont autant de bases d'appui pour prendre pied sur l'avenir. Chaque lutte dont vous êtes les témoins ou les acteurs va dans ce sens. Sous-estimer cette réalité serait nier notre travail.

Le syndicalisme que nous avons collectivement décidé de développer est très exigeant. Pour conférer aux rapports de force le poids nécessaire à la satisfaction des revendications, nous avons choisi de fonder notre démarche sur une pratique constante de la démocratie.

C'est à travers cette pratique responsable de l'activité syndicale que la CGT contribuera à accréditer la vertu émancipatrice des luttes collectives pour conquérir des droits et les faire respecter. C'est ce qui peut conforter les salariés dans la conviction qu'un monde meilleur est possible.

C'est pour maîtriser les dynamiques sociales créées par la diversification et l'extension du salariat que nous avons besoin d'un syndicalisme susceptible d'opérer dans les faits et dans les consciences le lien entre la revendication quotidienne et des objectifs de conquêtes sociales pour une société plus solidaire, plus juste et plus démocratique.

Nous vivons parallèlement des transformations culturelles majeures dont il faut prendre la mesure : l'égalité pleine et entière revendiquée par les femmes, le désir d'autonomie que porte la jeunesse, la place nouvelle des retraités dans la vie sociale, la quête d'identité qu'expriment parfois avec exacerbation différentes communautés¿ Tout cela affecte le monde salarié en profondeur, multipliant parfois les clivages et les oppositions, alors que notre défi dans toutes les organisations de la CGT est de rassembler et de faire converger.

Dans nos interventions et dans nos luttes, ce qui peut séparer est moins important que ce qui doit unir. Le premier objectif stratégique de la CGT est de travailler à la cohésion, à la convergence de l'ensemble des salariés, pour consolider et améliorer l'ensemble des garanties collectives en matière de rémunération, de qualifications et de droits . Ce bien commun, chacun y est attaché, tous peuvent s'y référer, tous ont avantage à ce qu'il fructifie pour continuer à le partager.

Le syndicalisme que nous avons collectivement décidé de développer est très exigeant. Pour conférer aux rapports de force le poids nécessaire à la satisfaction des revendications, nous avons choisi de fonder notre démarche sur une pratique constante de la démocratie.

Mais, ce n'est ni par décret, ni par incantation que nous parviendrons à une conscience claire et active du principe de solidarité, meilleure arme collective des salariés. Seul un travail de terrain permet, à chaque fois, de le réaffirmer dans des conditions concrètes qui sont celles de l'âpreté des luttes sociales et de la diversité d'un monde du travail en perpétuelle évolution.

Dans la société française, le pluralisme syndical est un fait durable.

Il trouve sa source dans des traditions historiques, toujours vivantes, reflétant le débat démocratique nécessaire. Mais il ne justifie pas, pour autant, l'émergence continuelle d'organisations nouvelles. Loin de susciter l'engagement de 90 % de non syndiqués, " l'émiettement " actuel est un facteur supplémentaire de division qui porte atteinte à la crédibilité du syndicalisme.

Pleurer sur la division syndicale ne suffira pas pour lui redonner vie et force.

Soyons lucides, aucune organisation ne peut avoir la prétention, actuellement, de créer, seule, les conditions permettant de relever les défis qui se présentent au monde du travail.

Ne recherchons pas une doctrine syndicale unique . Visons, dans chaque domaine, la constitution d'un socle revendicatif cohérent et convergent avec toutes les organisations syndicales françaises et européennes. Pour y parvenir il faut, dans la vie quotidienne et à chaque niveau de l'activité syndicale locale, nationale et internationale, rechercher le débat, accepter la contradiction. Il faut susciter et encourager la confrontation des idées, la considérer comme un mode normal des relations entre organisations, faire de l'unité syndicale un bien commun et non une menace planant sur l'identité de chacun. L'unité n'est pas un détour tactique, elle est la condition irremplaçable pour que les salariés affirment toute leur place dans la société.

C'est cette vision de la coopération syndicale, tournée vers l'efficacité de l'action et dépassant résolument les logiques " d'appareil " que nous appelons " le syndicalisme rassemblé ".

En considérant majoritairement que les syndicats devraient jouer un plus grand rôle dans la société, les salariés encouragent de fait tout ce qui pourra rééquilibrer les pouvoirs exclusifs détenus par les employeurs. Ils attendent que les propositions syndicales soient des réponses aux vrais problèmes à résoudre, qu'elles affichent les conditions nécessaires à réunir pour y parvenir.

Depuis 25 ans, salariés et syndicalistes éprouvent de réelles difficultés à marquer des points face au patronat, l'émiettement et la division syndicale y sont pour beaucoup. Au lieu de cultiver le fatalisme, travaillons à la nouvelle place que peut occuper le syndicalisme à l'avenir.

C'est en prolongeant la contestation par la proposition que l'on évite d'être à la remorque, confiné à la défensive ou acculé à l'improvisation, que l'on balise le terrain revendicatif, que l'on anticipe pour gagner.

C'est par la mobilisation que l'on détermine ce qui est souhaitable et ce qui est possible dans la négociation, dans la synthèse de deux attitudes : l'une volontariste qui cherche à changer la donne, et l'autre pragmatique visant la réussite, même partielle, sur des sujets concrets s'inscrivant dans une perspective plus lointaine.

C'est par la consultation que l'on détermine ce qui est positif, ce qui est amendable, ce qui est inacceptable.

La crédibilité du syndicalisme français est largement entamée par les règles de représentativité et de validité des accords collectifs. Tous ceux qui s'arc-boutent sur le statu quo en la matière, alimentent une fausse délégation de pouvoir.

A partir de là, tous les comportements sont possibles.

Les uns sont tentés de signer tout projet d'accord soumis par le patronat, quel que soit son contenu. Le stylo devient une identité, un moyen d'existence.

D'autres, au nom de raisons " supérieures ", approuvent les termes d'une négociation même s'ils savent que les conclusions ne sont pas jugées favorables par les salariés.

D'autres enfin, au motif que " toutes les revendications ne sont pas satisfaites " rechignent systématiquement à user de la signature, même si les intéressés le souhaiteraient.

Dans ces deux derniers cas, c'est le mythe de " l'avant-garde éclairée " qui prévaut.

Il faut sortir de cette situation et faire prévaloir la démocratie.

Seuls, à l'avenir, devraient être reconnus valides les accords ayant reçu le soutien des syndicats représentants une majorité parmi les salariés concernés par la négociation.

Le gouvernement veut, lui, remplacer la majorité des salariés par la majorité des syndicats. C'est le retour du vote " par ordre " contre le " vote par tête ". Les constituants de 1789 vont se retourner dans leur tombe !

Personne, à notre connaissance, n'envisage qu'à l'avenir les lois soient réputées adoptées à l'Assemblée Nationale dès lors qu'une majorité des partis y serait favorable, quel que soit le nombre de leurs députés. Sinon, à quoi servirait l'UMP ? Eh bien, en matière sociale c'est pareil, il faut reconnaître la légitimité par la démocratie et la majorité.

L'unité des salariés, de leurs organisations syndicales n'est pas un long fleuve tranquille ou, comme dirait un premier ministre : " la route est droite, mais la pente est forte ".

Toutes nos expériences en témoignent, le syndicalisme rassemblé est un facteur d'efficacité pour les revendications.

C'est à la CGT, première organisation, qu'il revient de porter le drapeau de l'unité des salariés et de leurs organisations syndicales.

Dans la phase préparatoire au congrès, de nombreux syndiqués ont souhaité débattre de plusieurs questions concernant leur CGT : l'état de ses forces, son mode de fonctionnement, la manière de travailler ensemble, d'être plus solidaire entre syndiqués et syndicats de la CGT.

Les projets de Charte de la vie syndicale et de réforme des cotisations vous suggèrent une série de réponses dont nous allons aussi débattre.

Avant d'en parler plus en détail, je voudrais souligner toute la place que la syndicalisation à la CGT doit occuper dans notre activité.

Vous le savez, et ce n'est pas la moindre des satisfactions, le nombre de syndiqués à la CGT est plus important à ce congrès qu'il ne l'était au 46ème.

685 186 adhérents recensés à la Confédération, dont 131 000 retraités, c'est une progression de l'ordre de 49 200 parmi les actifs, soit une moyenne de + 1 000 adhérents par mois durant ce mandat. C'est donc significatif. Bien sûr il y a des disparités, mais le fait est là : la majorité des fédérations voient leurs effectifs progresser.

En France, 80 % de ceux qui travaillent sont salariés, mais à peine 1 sur 10 est syndiqué. On peut d'ailleurs être surpris de voir des syndicats, qui veulent être reconnus dans le paysage syndical, s'appliquer d'avantage à tenter de piquer les syndiqués du voisin qu'à renforcer la syndicalisation dans le pays.

Deux décennies de restructurations des entreprises, le développement de la sous-traitance, la précarité dans l'emploi, le chômage tout comme les formes insidieuses ou brutales de répression anti syndicale sur fond de chantage à l'emploi, ont conduit à un recul de la présence syndicale. Trois salariés sur quatre n'ont pas de contact régulier avec le syndicalisme, plus d'un salarié sur deux n'a pas de délégué.

Cette situation a pu rendre sceptique sur la capacité des syndicats à endiguer les assauts de la vague libérale.

La tendance s'inverse au point qu'une majorité de salariés souhaite que les syndicats jouent un plus grand rôle. Ils sont même plus nombreux à se déclarer disposés à se syndiquer dès lors que nous les considérons en adultes et non en simples fantassins.

C'est une opportunité à saisir avec beaucoup de détermination, de conviction et de ténacité.

Le nombre de syndiqués à la CGT fait partie du rapport de force, pour chacun dans son entreprise, pour la branche professionnelle et naturellement au plan interprofessionnel.

Consacrons au renforcement et à la qualité de fonctionnement de nos syndicats autant d'énergie, de temps et de moyens qu'au développement des mobilisations.

49 200 syndiqués en plus, c'est bien ! Mais, je rappelle que pour cela, il a fallu faire 220 000 adhésions

Prenons le taureau par les cornes, comme l'on dit ici !

Le cap du million de syndiqués à la CGT n'est pas inaccessible !

Mais, pour cela, il faut s'y mettre vraiment et il faut s'y mettre partout et avec persévérance. Il faut se convaincre que, pour tous, c'est un objectif essentiel et que chaque syndicat, dans son propre environnement, a du terrain à couvrir. Quand cela s'avère nécessaire, il ne faut pas hésiter à modifier certaines de nos structures pour une meilleure couverture du salariat.

Qu'il s'agisse des plus précaires, des plus jeunes, ouvriers, employés, ingénieurs ou cadres, mais aussi des chômeurs et des retraités, ils sont très nombreux à pouvoir trouver leur place et à s'investir dans la CGT. A nous de leur ouvrir les portes, sans réticence aucune.

Nous pouvons être à la fois déterminés sur nos valeurs et représentatifs d'un plus grand nombre de salariés.

Dans le même mouvement, nous pouvons apporter plus de cohérence dans la vie de nos organisations. Le projet de Charte de la vie syndicale a cette vocation.

Ce n'est pas un changement de statut dont il est question, ce point n'est pas à l'ordre du jour de ce congrès.

Nos statuts ne font pas obstacle à des décisions plus précises concernant tant notre mode de fonctionnement que la place que nous accordons aux syndiqués de la CGT.

J'entends bien la remarque de certains camarades considérant, en quelque sorte, que chacun est maître chez soi, chaque syndicat vivant d'une certaine manière sa propre vie. Quoique ! Cela atteint vite des limites et cela n'est pas sans risque pour la cohérence de notre démarche.

Naturellement, la qualité de notre activité reposera, d'abord et avant tout, sur le travail syndical de terrain, sur le savoir-faire de chacun d'entre vous qui faites la CGT. A cet égard, oui chaque syndicat à la responsabilité de trouver les réponses adaptées, par exemple pour l'information et la formation des syndiqués. Nous serons tous d'accord là-dessus.

Etre un syndicat affilié à la CGT, c'est s'engager aussi sur une certaine conception du syndicalisme, de ses objectifs et de son fonctionnement. Nous avons, en quelque sorte, un label CGT à promouvoir dans chacun de nos syndicats.

Durant ce mandat il m'est arrivé, comme à la direction confédérale, d'entendre des interprétations de nos statuts qui ne sont pas sans conséquence sur la manière d'être et de décider ensemble dans la CGT.

L'autonomie d'expression, de décision et d'action est reconnue aux organisations de la CGT, dans le respect de nos statuts. Ceux-ci précisent dans le même mouvement que " les organisations recherchent entre elles en permanence, la coopération, la complémentarité avec les autres composantes de la CGT, la prise en compte des intérêts communs à l'ensemble des salariés ".

Les organismes de direction de la Confédération ont dans leurs attributions de favoriser cette coopération permanente, et je vous le dis, ça n'est pas toujours une chose facile .

Je ne souhaite pas, par ce biais, faire bêtement un rappel au règlement. Je veux surtout pointer du doigt une nécessaire prise de conscience que la CGT n'est pas la juxtaposition de syndicats ou de fédérations autonomes. Une telle organisation existe, mais ça n'est pas la CGT.

Autonomie et solidarité, c'est essentiel de l'avoir à l'esprit sinon nous ne serons pas protégés de tout ce qui, dans la société, alimente l'individualisme, la division voire l'opposition entre catégories, entre professions, entre générations.

Ayons cela en tête aussi lorsque nous discutons des cotisations.

Je veux vous dire quelques mots avec beaucoup de franchise, à ce propos.

Sur ce sujet, comme sur les autres, il faut savoir se parler vrai.

Ayons un débat réel, sérieux, évitons les faux semblants ou les faux fuyants.

Vos prédécesseurs, les délégués au 46ème congrès réunis à Strasbourg, ont fait le constat que notre système de répartition de la cotisation générait de grosses lacunes.

C'est, entre autres, parce que beaucoup de syndicats et d'unions locales se plaignaient à la Confédération de ne plus disposer de moyens suffisants que les délégués ont alors donné mandat à la direction confédérale pour mettre au point, avec le CCN, un nouveau système basé sur le principe de la cotisation en pourcentage.

Depuis, nous n'avons cessé d'y travailler. Nous ne l'aurions pas fait, vous auriez été en droit de nous le reprocher. Le long processus d'élaboration et de réflexion a donné lieu à plusieurs points d'étape au CCN, à la publication des travaux de la commission dans LE PEUPLE depuis 3 ans. Ce n'est donc pas un projet sorti d'un chapeau ! Les fédérations, les unions départementales ont été associées à la démarche.

Comme vous, sans doute, j'entends les arguments, les critiques sur le projet. Il y a, à ce stade, plusieurs opinions, et c'est bien le congrès qui va devoir préciser le sens et la portée de nos décisions. Sans anticiper, des précisions me semblent d'ores et déjà utiles.

Je veux être clair, parce que le sujet est important.

Il n'y a pas de velléité masquée de la direction confédérale visant à s'emparer autoritairement des cotisations des syndiqués, pas plus qu'il n'y aurait de sombres intentions de modifier les structures de la CGT par le biais des cotisations. D'ailleurs, si la direction confédérale en avait l'intention, cela lui serait impossible puisque ce sont les syndicats qui constituent les fédérations, les unions départementales, les unions locales.

Il est évident pour la direction confédérale qu'un nouveau mécanisme pour la répartition de la cotisation n'est viable que si une large majorité des syndicats comprend et partage les objectifs politiques. Le débat devra nous permettre d'évaluer si c'est bien le cas.

Il y a au moins deux objections aux propositions qui sont faites, que je veux réfuter par avance. L'une conduit à revendiquer une totale liberté de reversement des cotisations perçues par les syndicats aux structures de la CGT au nom de la démocratie, de l'indépendance ou de l'autonomie. L'autre s'oppose à ce qui apparaît comme une centralisation excessive du dispositif.

Si beaucoup d'arguments peuvent être entendus, et je suis sûr que la Commission en tiendra compte, celui qui consiste à dire que les syndicats doivent se garder la possibilité de reverser ou non les cotisations de leurs syndiqués aux différents niveaux de la CGT, n'est pas recevable, ou alors nous changeons d'organisation, ce n'est plus la CGT.

Nous sommes un syndicat et non un mouvement. Nous avons des règles et des devoirs entre nous. Il n'y a pas de raison que la plupart des organisations les respectent et que quelques unes s'en affranchissent. Le règlement des cotisations fait partie des obligations pour tous, quels que soient par ailleurs les débats voire peut-être les différences d'opinion qui peuvent surgir entre organisations.

Nous touchons là aux principes fondateurs de la Confédération Générale du Travail qui sont ceux " de la démocratie, de l'indépendance, du respect du pluralisme d'opinion et de solidarité ".

Dans le système actuel, l'organisation qui ne met pas à jour ses cotisations, que ce soit par manquement délibéré ou par difficulté financière, perd ses droits. C'est ainsi, par exemple, que les voix de certains syndiqués ne seront pas pris en compte, cette semaine, puisque leur syndicat n'a pas rempli ses obligations, tantôt à la fédération, tantôt à l'union départementale. Cette situation prouve que l'on ne peut pas continuer dans cette voie.

Dans le même temps, discutons un peu plus à fond de cette centralisation parfois jugée dangereuse. Ne confondons pas notre attachement à maintenir l'architecture historique de la confédération, avec le besoin pour tous les syndicats, organisations de base de la CGT, de réunir les moyens aidant aux convergences, à la solidarité, bref, aux dimensions professionnelle et interprofessionnelle de notre syndicalisme.

Refuser une centralisation abusive est une chose, mais hésiter à une mise en commun au service de l'intérêt général, en est une autre. Et c'est bien l'intérêt général qu'a visé la commission en proposant un dispositif devant accélérer, faciliter et simplifier le règlement des cotisations.

C'est dans le même esprit que les syndicats, au congrès de 1982, décidèrent de créer le FNI, Fonds National Interprofessionnel, qui institue que lapremière cotisation de l'année pour tous les adhérents est mise dans un pot commun national, et donc central, pour aider financièrement les organisations ayant besoin de soutien. C'est ce même principe qui a guidé le CCN en lançant une souscription nationale pour le financement de la campagne des élections prud'homales. Le résultat fut modeste, il est vrai.

C'est encore la recherche de l'efficacité et de la réactivité qui nous a guidés lorsque nous avons lancé un plan d'informatisation pour répondre aux besoins de toutes les organisations et destiné à faire circuler et à partager les informations.

Ici ou là, j'en entends qui se demandent encore, s'il est bien judicieux que la confédération puisse communiquer en direct avec les syndicats ou les syndiqués, sans passer par les fédérations, les unions départementales, les unions locales, les unions syndicales...

Si c'est ce sentiment qui devait dominer, alors je vous le dis sincèrement, il faudrait revoir nos ambitions syndicales parce qu'on ne pourra pas prétendre mener de grandes batailles revendicatives si nous continuons à admettre qu'une cotisation mette jusqu'à 24 mois pour parvenir à son destinataire, ou que s'écoule plusieurs semaines avant que l'opinion de la CGT sur un sujet brûlant soit portée à la connaissance des syndiqués.

Notre volonté que chaque syndicat dispose des moyens financiers pour une meilleure activité revendicative, se combine à celle d'avoir des syndicats et des syndiqués plus et mieux informés : c'est tout l'enjeu de la diffusion de notre journal, la Nouvelle Vie Ouvrière.

Chers Camarades,

Notre programme de travail est dense et le mandat que vous détenez vous donne de grandes responsabilités devant les organisations et les syndiqués que vous représentez.

Le congrès est un moment privilégié dans votre vie militante et une étape décisive pour bien préparer l'avenir. N'hésitez pas à prendre la parole.

Avec ce rapport d'ouverture je n'ai pas eu d'autre ambition que de sortir les bons ballons de la mêlée, ceux que la CGT devra jouer. Avec le 47ème Congrès, il nous faut maintenant aller à l'essai. Et ensuite de le transformer pour gagner.

A vous de jouer maintenant.

Et que vive le 47ème congrès de la CGT !


(Source http://www.cgt.fr, le 25 mars 2003)

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