Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à Radio Rythme Bleu le 18 juin 2003, sur la politique de développement économique de la Nouvelle-Calédonie et sur l'indemnisation des victimes du cyclone Erica, le 18 juin 2003 | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à Radio Rythme Bleu le 18 juin 2003, sur la politique de développement économique de la Nouvelle-Calédonie et sur l'indemnisation des victimes du cyclone Erica, le 18 juin 2003

Personnalité, fonction : GIRARDIN Brigitte, NOUAR Elisabeth.

FRANCE. Ministre de l'outre-mer

Circonstances : Déplacement de Mme Girardin en Nouvelle-Calédonie du 14 au 20 juin 2003

ti : Elisabeth NOUAR :
Merci d'avoir accepté notre invitation au soir de la troisième et dernière journée de votre visite en Nouvelle-Calédonie, une journée encore très dense et nous aurons l'occasion d'y revenir dans un instant. Mais d'ores et déjà, on a l'impression d'une visite réussie avec notamment un comité des signataires qui semble s'être très bien passé hier. Vous-même, quel est votre sentiment, vous étiez venue en décembre, vous êtes revenue brièvement au mois de mars dans les circonstances dramatiques de l'après Erica, vous revenez aujourd'hui, qu'elle est votre impression d'ensemble sur cette troisième visite en quelques mois ?
Brigitte GIRARDIN :
J'ai l'impression qu'on progresse, on progresse dans le dialogue, dans la compréhension et dans la construction de ce beau territoire. Et c'est vrai que depuis décembre, j'ai plutôt l'impression que les choses vont mieux : quand j'étais venue en décembre, j'avais un petit peu le sentiment que les partenaires avaient du mal à se parler. Qu'il y avait des incompréhensions de part et d'autre et on en appelait un peu à l'Etat pour débloquer un peu ce système et je crois que beaucoup de chemin a été parcouru depuis décembre, ce comité des signataires a été bien préparé parce qu'il y a eu beaucoup d'échanges bilatéraux avant de le tenir pour la première fois ailleurs qu'à Nouméa et à Paris et je suis effectivement satisfaite de la bonne tenue des discussions, de l'ambiance conviviale et même amicale.


Elisabeth NOUAR :
Et alors qu'est-ce qu'il s'est passé d'après-vous entre les deux, qu'est-ce qui fait que les choses vont mieux, ce sont ces réunions préparatoires, c'est le fait que les gens se rencontrent, qu'ils retrouvent cette habitude de dialogue ?
Brigitte GIRARDIN :
C'est peut-être aussi une approche un peu différente par rapport à tout ce qu'on a pu faire ces dernières années, au moins dans la méthode. J'avais indiqué que je souhaitais que ce comité des signataires se déroule de façon différente, d'abord dans un lieu différent pour que la notion de rééquilibrage, ce soit une notion qui soit un peu plus dans la réalité et que ce soit aussi une façon de se comporter les uns et les autres et le fait que Jacques LAFLEUR soit venu en province Nord à Koné, c'était un geste fort de sa part. Et je crois que cette première, parce que c'est une première de réunir ce comité des signataires en province Nord, j'espère qu'on le réunira aussi dans la province des Iles de même que le gouvernement que j'ai incité à réunir ailleurs qu'à Nouméa, c'est réuni aussi en province Nord en début d'année, tout ça fait partie des habitudes qu'il faut prendre et je dirai aussi que j'avais souhaité qu'on aborde les vrais sujets politiques au cours de ce comité des signataires, vous savez moi, c'était ma première expérience, c'est la première fois que je présidais ce comité d'application de l'Accord de Nouméa mais il y a quelques années j'ai eu l'occasion de participer à des comités de suivi des accords de Matignon. Et ce qui m'avait beaucoup frappé, c'est qu'on passait des journées entières à discuter de sujets très techniques où finalement c'était plus une discussion entre experts qu'il faut avoir mais je dirai qu'il faut l'avoir tout au long de l'année, c'est le travail quotidien que mes propres services doivent faire avec les services du haut-commissaire et avec tous les partenaires. Ça, c'est un travail normal et qu'il faut faire douze mois sur douze. Mais ce que j'ai souhaité, c'est que ce comité des signataires, qu'on y aborde les vrais sujets qui fâchent j'ai envie de dire, les vrais difficultés et qu'on essaie tous ensemble de les surmonter parce que cet Accord de Nouméa n'est pas facile à appliquer ; il faut se dire la vérité en face ; il y a des dispositions qui sont difficiles à mettre en ¿uvre et j'avais souhaité donc qu'on aborde les sujets difficiles et qu'on essaie ensemble de les surmonter ; j'ai l'impression qu'on est sur cette voie.

Elisabeth NOUAR :
On l'a fait sans se fâcher, on s'est parlé franchement et le climat était très bon.
Brigitte GIRARDIN :
Absolument, tout le monde est arrivé avec le souci de dire les choses franchement et vraiment le souci de progresser, de surmonter les obstacles, tout le monde a fait des efforts. Et vraiment l'ambiance a toujours été excellente.


Elisabeth NOUAR :
Alors vous le disiez, la recherche du consensus, c'est une force qui anime les trois partenaires, c'est votre expression, c'est effectivement parfois difficile ? Est-ce que c'est pas un pari impossible à tenir parfois ? Est-ce qu'il y a pas certains points, ceux qui ont été listés dans le relevé de conclusions qui vont encore susciter des blocages, des difficultés, des incompréhensions ? Comment est-ce que vous voyez les prochains mois de mise en ¿uvre de l'Accord ?
Brigitte GIRARDIN :
Ce qui est important, c'est que toutes ces réunions préparatoires qui ont eu lieu non seulement avec l'Etat mais aussi entre le Rassemblement et le FLNKS, ces réunions vont se poursuivre. Il y a eu des réunions qui se sont tenues entre nos deux partenaires pratiquement toutes les semaines et c'est important que cette habitude se poursuive. Même s'il n'y a plus de comité des signataires à préparer enfin pas avant l'année prochaine. Donc, il faut continuer de cette façon et vous savez, on progresse petit à petit, on essaie d'avancer et on ne va pas tout régler en 24 heures, mais j'ai le sentiment que ces jours-ci, on a fait des progrès.


Elisabeth NOUAR :
Il y a quelques mois, les problèmes de fonctionnement des institutions avaient fait l'actualité, notamment avec des interprétations divergentes sur la collégialité, cette fois-ci, le problème n'a pas été abordé entre les partenaires, on a l'impression que les institutions ont retrouvé une sérénité dans leur manière de fonctionner ?
Brigitte GIRARDIN :
Et bien elles ont été abordées justement sous la forme de la nécessité de garder ce contact de travail et le fait que le Rassemblement et le FLNKS aient décidé de continuer les réunions de travail régulières et très fréquentes, c'est une très bonne chose. C'est comme ça qu'on prépare finalement les décisions qui sont prises au niveau du Gouvernement, c'est par ce contact pratiquement hebdomadaire, je pense que ça peut améliorer le climat de travail et c'est comme ça que les choses avanceront.

Elisabeth NOUAR :
Alors les premiers paragraphes du relevé de conclusions du comité des signataires sont franchement optimistes. Pour résumer, les institutions fonctionnent, les transferts de compétences se font et vont être financés et il est déjà fait un premier bilan des mesures adoptées. Est-ce que les choses avancent aussi bien que ça ? Est-ce qu'il n'y a pas un petit peu un effet d'annonce pour essayer d'encourager les gens, pour essayer de lutter contre une certaine morosité ambiante ?
Brigitte GIRARDIN :
Non pas du tout. Il y a eu des difficultés dans l'application de certains articles de l'Accord de Nouméa, mais il ne faudrait pas que ces difficultés occultent le reste. Finalement, il y a beaucoup de choses très positives qui se sont passées depuis 1998 dans l'application de l'Accord et au cours de cette dernière année et tous les partenaires ont souhaité rappeler qu'il y avait un bilan qui était loin d'être négatif dans l'application de cet accord ; il y a c'est vrai des résultats ; les choses n'ont pas si mal marché que ça, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des difficultés donc on a fait je crois, tous ensemble, un bilan objectif de l'Accord de Nouméa ; on n'a pas hésité à reconnaître qu'il y avait des choses qui avaient très bien marché et puis en même temps, il y a des obstacles à surmonter ; on a, je crois, essayé de commencer à les surmonter.


Elisabeth NOUAR :
Alors le relevé des conclusions aborde également brièvement la question du développement économique, avec notamment l'accompagnement financier par l'Etat des trois grands projets métallurgiques et miniers. Alors vous savez, il y a un certain nombre d'inquiétudes sur la réalisation de ces projets, le FLNKS réclamait notamment des engagements sur le projet Koniambo, est-ce que ce sont des assurances que vous avez pu donner ? Est-ce que vous avez pu apporter des éléments concrets aux partenaires sur la réalisation de ces projets ?
Brigitte GIRARDIN :
Ecoutez, moi depuis un an que je suis à la tête du ministère de l'Outre-Mer, je n'ai cessé de dire que le projet de l'usine du Nord était aux yeux de l'Etat, prioritaire et que ce projet, nous ferons tout pour qu'il se réalise dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible. J'ai également toujours dit que nous veillerons à ce que rien ne puisse venir le compromettre. Alors depuis, nous avons aussi rencontré des difficultés dans le projet de l'usine du Sud. Alors je crois que la Nouvelle-Calédonie a un avenir absolument formidable en matière de développement économique à partir du nickel. Nous avons actuellement trois projets miniers qui sont prometteurs et qui sont porteurs d'avenir pour l'ensemble des calédoniens et l'Etat sera présent pour accompagner ces projets. Je m'étais engagée au mois de décembre dernier à nommer auprès de moi et auprès du ministre de l'économie et des finances un expert pour éclairer le Gouvernement sur justement tous les contenus techniques et financiers de ces projets, cet engagement a été tenu : Anne DUTHILLEUL, dont tout le monde salut la très grande compétence en la matière était en Nouvelle-Calédonie il y a quelques jours. Elle nous remettra à Francis MER et à moi-même un premier rapport à la fin du mois de juin et nous allons continuer ce travail avec elle, avec la petite équipe qu'elle a constitué autour d'elle pour que l'Etat s'engage dans les meilleures conditions et que nous puissions avoir une action, aussi une influence je l'espère auprès des investisseurs qui sont porteurs de ces projets.

Elisabeth NOUAR :
Comment convaincre les Calédoniens ou comment transmettre cet enthousiasme, cette confiance dans les potentialités économiques du territoire ? Comment les transmettre à ceux qui parfois doutent, qui sont sceptiques, aux jeunes qui s'inquiètent parce qu'ils ne voient pas de débouchés, ils ne voient pas d'emplois dans l'immédiat ? Est-ce que vous avez une recette ?
Brigitte GIRARDIN :
Non, ce serait très prétentieux de ma part de dire que j'ai une recette ; je crois que, moi je ne suis pas pessimiste sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie ; vous êtes sur un territoire qui a des richesses extrêmement exceptionnelles et des potentialités extraordinaires. Il n'y a pas que le nickel, vous avez des atouts en matière de tourisme qui sont tout à fait exceptionnels. Donc, bien sur ça va prendre du temps, ça fait longtemps qu'on parle du projet de l'usine du Nord, j'étais dans le Nord hier et il y a beaucoup d'impatience. Il y a de moins en moins de scepticisme parce que ce dossier a, quand même, beaucoup avancé depuis quelques années. Je pense qu'on va y arriver et pour le reste, moi j'ai essayé avec la loi programme sur quinze ans que j'ai fait voter par le parlement il y a quelques jours, j'essaie de mettre à la disposition des décideurs économiques, des élus, de tous les responsables de l'Outre-mer et donc de la Nouvelle-Calédonie, des outils de développement notamment pour ce qui concerne les territoires qui ont un régime disons de spécialités législatives ou d'autonomie comme c'est le cas ici, un nouveau système de défiscalisation qui devrait donner un coup d'accélérateur aux différents projets de développement. Ce système de défiscalisation est complètement revu, complètement nouveau et maintenant j'ai envie de dire, ce sont nos partenaires, à la fois les milieux économiques et évidemment les autorités locales, ce sont à eux maintenant de l'utiliser au mieux. Un cadre est fixé avec une sécurité sur quinze ans, parce que quand on veut établir un climat de confiance, il faut qu'il y ait de la lisibilité, de la stabilité dans le mécanisme qu'on met en place. Et ce n'était pas le cas jusqu'à maintenant. Jusqu'à maintenant, lorsqu'on faisait de la défiscalisation, on mettait un système dans la loi de finances, ça veut dire que chaque année, au moment du débat budgétaire, tout pouvait être remis en cause. Ce ne sera plus le cas désormais, les investisseurs savent que pendant quinze ans, ils auront un cadre stable et je crois que ça participe au nécessaire climat de confiance qu'il faut avoir si on veut relancer l'investissement outre-mer et en Nouvelle-Calédonie.


Elisabeth NOUAR :
Pour en revenir au relevé des conclusions du comité des signataires, la question du corps électoral, je rappelle qu'il est dit que le FLNKS a rappelé l'importance qu'il y attache, le Rassemblement a déclaré comprendre la préoccupation du FLNKS. Sur ce point, la ministre de l'Outre-mer c'est en conséquence engagée à faire des propositions au Président de la République en ce sens. Alors certains se sont déjà essayés à une exégèse de ce paragraphe, pour vous, il faut le comprendre comment ? Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Brigitte GIRARDIN : Je crois qu'il faut bien comprendre que ça fait des mois voire des années que cette question est un sujet de polémiques, de crispations, d'énervement et je crois qu'il fallait en sortir et l'accord que nous avons eu hier, c'est cela, c'est que ce ne soit plus un sujet de crispations.


Elisabeth NOUAR :
En fait, c'est un nouvel état d'esprit, c'est surtout ça qui traduit l'avancée ?
Brigitte GIRARDIN :
Oui, absolument et c'est une question que l'on va régler au moment venu et on va le régler, en tout cas ce n'est plus un sujet qui doit prêter à des polémiques et à des crispations. C'est ça qui est important.


Elisabeth NOUAR :
De toute façon, il n'y a pas urgence, la question ne se pose pas réellement avant les élections de 2009 et on attend la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Brigitte GIRARDIN :
De toute façon, ça je l'ai toujours dit, il n'est pas question pour nous de faire de la provocation vis-à-vis des juges de la Cour européenne. Ce ne serait pas convenable et quelle que soit de toute façon la décision de la Cour, l'Etat prendra ses responsabilités. Même une condamnation de la Cour européenne éventuelle, on a tout fait pour que ce ne soit pas le cas, mais après tout, ça peut être une possibilité, ce ne sera pas la fin du monde, ça voudra dire qu'il faudra revoir notre copie. Donc, on verra l'issue de cette affaire mais par correction vis-à-vis des juges de la Cour européenne, il est tout à fait indispensable d'attendre qu'ils se prononcent ; ils nous ont interrogé à nouveau sur notre mémoire, je pense que nous aurons une décision dans les prochains mois.


Elisabeth NOUAR :
On retient donc l'apaisement sur cette question. Alors autre temps fort de ce bref séjour en Nouvelle-Calédonie, c'est votre visite à Ouvéa, c'est la première fois que vous y alliez, vous avez souhaité vous recueillir sur la stèle à la mémoire des gendarmes, sur le monument des 19 comme on l'appelle. Qu'avez-vous ressenti à Ouvéa ? Est-ce qu'aujourd'hui vous avez l'impression qu'il y a une page dramatique qui est définitivement tournée ?
Brigitte GIRARDIN :
Tout d'abord, j'ai eu un accueil particulièrement chaleureux à Ouvéa qui m'a beaucoup ému et puis je ne sais pas s'il y a des pages qui doivent se tourner ; je crois qu'il y a un devoir de mémoire et en même temps, il faut résolument se tourner vers l'avenir. Et c'était important je crois, à la veille de ce comité des signataires, d'aller à Ouvéa pour aussi adresser un message à tous, pour que tout le monde soit bien pénétré de l'idée que rien ne se règle jamais par la violence.


Elisabeth NOUAR :
C'est un message qui aujourd'hui est largement partagé en Nouvelle-Calédonie ?
Brigitte GIRARDIN :
Absolument, mais je crois que ce n'est pas inutile de temps en temps de rappeler qu'il faut continuer à être déterminé à travailler dans cette voie parce que j'avais dit au mois de décembre que la Nouvelle-Calédonie était encore convalescente et il faut toujours être très vigilant et prôner sans arrêt le dialogue et c'est ce que j'essaie de faire ; je crois que c'est la seule voie pour vraiment régler les problèmes et on ne doit plus voir ce qu'on a vu il y a quelques années sur ce territoire.


Elisabeth NOUAR :
Alors autre déplacement, c'était aujourd'hui même, cet après-midi à l'île des Pins. Vous avez notamment décoré le grand chef Hilarion VENDEGOU de l'ordre de la Légion d'Honneur et vous avez, bien sûr, parlé du tourisme. Comment s'est passée cette journée ? Est-ce que le tourisme, vous y croyez pour la Nouvelle-Calédonie, comme pour le nickel ?
Brigitte GIRARDIN :
Ecoutez, quand on voit les paysages absolument somptueux et grandioses de l'île des Pins, c'est difficile de ne pas croire à l'avenir du tourisme dans ce beau pays. Donc là encore, je crois que les potentialités sont tellement énormes qu'on ne peut pas être pessimiste sur l'avenir. Je n'étais pas revenue à l'île des Pins depuis treize ans et je dois dire que les paysages sont toujours aussi beaux mais j'ai vu quelques réalisations touristiques qui font plaisir et qui sont près prometteuses, je crois.

Elisabeth NOUAR :
Un mot sur l'après Erica, vous avez signé les protocoles de constructions de logements avec les présidents des provinces Nord et Sud. Vous avez l'impression aujourd'hui que les engagements que vous aviez pris au nom de l'Etat il y a quelques mois en mars, tous ces engagements sont tenus aujourd'hui ?
Brigitte GIRARDIN :
Et bien ce n'est pas une impression, c'est une réalité. J'avais pris trois types d'engagement. Tout d'abord une aide d'urgence, qui était débloquée dès ma venue au mois de mars dernier ; ensuite j'avais débloqué 25 millions d'euros pour reconstruire mille logements et j'ai concrétisé cette promesse, cet engagement aujourd'hui avec la province Nord et avec la province Sud pour chacune 500 logements ensuite le troisième engagement que j'avais pris, c'était la mise en place d'un fonds de secours pour indemniser tous ceux qui avaient subi des dégâts non couverts par les assurances. Alors beaucoup de dossiers d'indemnisation nous ont été adressés, on a pu faire le point et prendre une décision concernant ces dossiers quelques jours avant ma venue ici et c'est au total 13 millions d'euros qui ont été arbitrés par le Premier ministre et qui vont permettre d'indemniser pour moitié, la moitié de cette somme est consacrée aux agriculteurs et le reste aux particuliers, aux entreprises, aux collectivités locales qui ont eu des sinistres non couverts par les assurances. Donc c'était le troisième volet de la solidarité que j'avais indiqué lors de mon passage au mois de mars et maintenant, tout est en place.


Elisabeth NOUAR :
Alors pour conclure cet entretien, vous êtes venue trois fois en quelques mois en Nouvelle-Calédonie, certains sont jaloux avez-vous même dit ce matin à la province Sud, vous y reviendrez dans quelques semaines en compagnie cette fois-ci du Président de la République. Comme conseillère du Chef de l'Etat, vous avez déjà eu l'occasion de l'accompagner à plusieurs reprises Outre-mer, comment voyez-vous cette prochaine visite et selon vous que doivent en attendre les Calédoniens ?
Brigitte GIRARDIN :
Ecoutez, je crois que ça va être un évènement important : le Président de la République va rester trois jours en Nouvelle-Calédonie, je crois que ce sera le premier Président de la République à aller de cette façon dans les trois provinces et en tout cas, je sais à quel point il est impatient de venir en Nouvelle-Calédonie parce qu'il a beaucoup regretté lors de son précédent septennat qu'il n'ait pas pu trouver le temps de venir à la rencontre des Calédoniens et son impatience est très grande et je pense que les Calédoniens sont aussi impatients de l'accueillir.

Elisabeth NOUAR :
Madame la ministre, merci d'avoir accepté cette invitation, vous partez donc demain, vous devez être vendredi à Paris avec encore un rendez-vous politique important, le congrès de l'UMP, quand on est ministre du Gouvernement RAFFARIN, comment est-ce qu'on vit le climat actuel de la métropole qui semble un peu agité sur un plan social ?
Brigitte GIRARDIN :
Ce que je peux vous dire, c'est qu'on est tous solidaire au sein du Gouvernement et que nous faisons face aux différents problèmes. Vous savez quand on fait des réformes dans ce pays, ce n'est jamais facile.


Elisabeth NOUAR :
Madame la ministre, merci d'avoir accepté notre invitation ce soir.


(Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 24 juin 2003)

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