Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur l'arrestation d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet Claude Erignac, Paris le 5 juillet 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur l'arrestation d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet Claude Erignac, Paris le 5 juillet 2003.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales

Circonstances : Arrestation, le 4 juillet 2003, en Corse-du-Sud, d'Yvan Colonna, soupçonné d'avoir assassiné le préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio

ti : La cavale d'Yvan COLONNA était une insulte à la mémoire du Préfet ERIGNAC. Elle faisait peser une lourde suspicion sur la République, incapable d'arrêter l'assassin présumé d'un préfet de la République. Elle interdisait à la famille ERIGNAC, sa femme, ses enfants, de commencer leur travail de deuil. Elle achevait de convaincre nos compatriotes de Corse que l'Etat de droit était pour les autres mais pas pour leur île. Elle remplissait de malaise les républicains sincères qui se demandaient, à juste titre, pourquoi un homme pouvait échapper, depuis plus de quatre ans, à la Justice de son pays.

Ces interrogations sont désormais levées. Force est restée à la loi. C'est donc la victoire de l'Etat de droit en Corse. Même si Yvan COLONNA était un symbole. Il reste encore beaucoup de travail à faire. Mais nous nous y emploierons sans relâche.

L'arrestation d'Yvan COLONNA est le fruit d'un travail opiniâtre, patient et méticuleux, commencé il y a un an. Il a d'abord fallu fermer des pistes pour que rien ne soit laissé au hasard. Il a ensuite fallu garder le secret absolu pour que rien ne filtre sur une île si habituée à la porosité des informations. Il a enfin fallu choisir une équipe au professionnalisme remarquable pour comprendre un système sophistiqué, bien qu'artisanal.

Cette arrestation ne doit rien à la chance et tout au travail policier. Je tiens à rendre hommage à Christian LAMBERT, patron du RAID, qui a conduit de bout en bout l'organisation opérationnelle de cette opération ;

à Bernard SQUARCINI, qui a coordonné l'action de nos équipes de renseignements des Renseignements Généraux ;

à Michel GAUDIN, qui a mobilisé en sa qualité de Directeur Général de la Police Nationale les moyens nécessaires à l'exercice de cette difficile mission ;

à Claude GUEANT qui m'a apporté, à chaque seconde, son concours, son expérience et son sang froid.

Je ne veux polémiquer avec personne en ce jour où chaque Français peut constater que quelque chose a changé positivement dans notre République.

Il appartiendra à Yvan COLONNA de s'expliquer devant la Justice sur son rôle dans l'assassinat de Claude ERIGNAC, et sur les conditions de sa fuite.

Si nous avions pu arrêter Yvan COLONNA avant, qui peut douter que nous l'aurions fait ? Toute polémique sur ce sujet ne mérite pas d'autres commentaires.

L'arrestation d'Yvan COLONNA ne résout pas les problèmes de la Corse, même si elle renforce la République.

Elle me conforte dans la conviction que le chemin de l'avenir pour l'île est fait de fermeté républicaine et d'ouvertures pour surmonter des handicaps spécifiques.

La Corse mérite le soutien économique, politique, social et culturel du gouvernement. Elle sait maintenant qu'il lui est acquis.

(Source http://www.interieur.gouv.fr, le 8 juillet 2003)

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