Déclaration de M. Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, sur la "décristallisation" des pensions des anciens combattants étrangers, Hanoï le 13 mars 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, sur la "décristallisation" des pensions des anciens combattants étrangers, Hanoï le 13 mars 2003.

Personnalité, fonction : MEKACHERA Hamlaoui.

FRANCE. SE aux anciens combattants

Circonstances : Rencontre avec les anciens combattants de l'armée française à Hanoï le 13 mars 2003

ti : Monsieur l'Ambassadeur,
Messieurs,


C'est pour moi un grand honneur et un réel plaisir de vous rencontrer.

Je ne vous cacherai pas mon émotion : nous sommes frères d'armes, nous avons servi la même Patrie, le même idéal, sous le même drapeau. Cela crée des liens d'une intensité exceptionnelle.

Cela ne peut s'oublier. Au contraire : cela crée des exigences de souvenir et de réparation.

En effet, la distance géographique et le temps qui passe ne doivent pas entraîner l'oubli.

Nous ne pouvons oublier que pendant un siècle, de 1859, jusqu'au début des années 1960 pour quelques-uns, nous avons combattu ensemble.

Nous ne pouvons oublier votre participation à nos combats, sur tous les continents.

Nous ne pouvons oublier votre contribution à la Première guerre mondiale. D'août 1916 à novembre 1918, plus de 2 000 hommes servent en métropole, à Verdun, au Chemin des Dames ou dans les Vosges.

Je n'oublie pas non plus ceux qui ont été fidèles jusqu'au bout.

Messieurs, mes chers camarades, la France ne vous oublie pas. C'est une des raisons qui expliquent notre décision de décristalliser les pensions qui avaient été gelées au moment de l'indépendance.

Au Vietnam, plus d'un millier d'Anciens combattants sont concernés par la décristallisation de la retraite du combattant, un peu plus de 160 par celle des pensions militaires d'invalidité et un peu plus de 100 par celle des pensions militaires de retraites.

Même si le nombre des bénéficiaires, pour des raisons historiques, n'est pas considérable, je veux vous exposer ce processus emblématique de la fidélité de la France.

Comme ce sujet est très important, et qu'il s'agit d'une question d'honneur et de dignité, vous me permettrez d'être précis.

La décristallisation s'applique à tous les droits : la retraite du combattant, les pensions militaires d'invalidité et les retraites des anciens militaires.

Nous avons choisi une méthode équitable. Elle assure à tous les Anciens combattants les mêmes moyens, quel que soit leur pays de résidence. Ce mécanisme est d'autant plus juste, honnête et transparent qu'il est adossé à un barème mis à jour régulièrement par l'ONU.

La décristallisation, c'est également :

- l'assurance que chaque situation individuelle sera améliorée par une majoration forfaitaire de 20 %, là où la parité de pouvoir d'achat n'apporterait aucun avantage supplémentaire ;
- une rétroactivité, autrement dit un rappel, sur quatre ans ;
- la réouverture des droits individuels, qui permettra aux invalides de faire constater d'éventuelles aggravations et aux veuves de percevoir une pension de réversion ;
- la garantie de mises à niveau ultérieures ;
- et enfin, la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de percevoir en une seule fois un capital de préférence aux versements viagers actuellement en vigueur.

Pour conclure sur ce sujet, très concrètement, dès 2003, si vous êtes concernés, vos droits d'Anciens combattants vont augmenter de 77 % pour la retraite du combattant et pour les pensions militaires d'invalidité et de 35,5 % pour les pensions militaires de retraite.

Vous allez aussi percevoir quatre années de rappel, et si vous êtes titulaires d'une pension d'invalidité, vous pourrez faire réactualiser vos droits.

Mes chers amis, outre la décristallisation, nous avons des projets très concrets pour entretenir la mémoire des combats que nous avons menés en commun.

L'année prochaine, un colloque scientifique de haut niveau et une belle exposition vont permettre d'évoquer les heures glorieuses comme les heures dramatiques du siècle passé.

Nous voulons aussi travailler en commun avec votre pays pour aider les blessés et les mutilés de guerre. Nos pays ont une vraie compétence dans ce domaine. Nous devons pouvoir réfléchir à des actions communes.

Messieurs, je souhaite maintenant dialoguer avec vous. Je souhaite vous entendre.

J'espère que vous avez mesuré notre volonté concrète, réelle et forte de vous manifester notre reconnaissance pour votre fidélité et votre loyauté.

Je vous remercie.

(source http://www.defense.gouv.fr, le 26 juin 2003)

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