Déclaration de M. Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, sur les combattants de l'Armée d'Afrique et la commémoration de l'engagement des harkis, Antibes le 2 mai 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hamlaoui Mékachéra, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, sur les combattants de l'Armée d'Afrique et la commémoration de l'engagement des harkis, Antibes le 2 mai 2003.

Personnalité, fonction : MEKACHERA Hamlaoui.

FRANCE. SE aux anciens combattants

Circonstances : 25ème salon des écrivains et des artistes rapatriés, Antibes, le 02 mai 2003

ti : Monsieur le Député-Maire,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires et les élus,
Monsieur le Président de la Mission interministérielle aux Rapatriés,
Monsieur le Président CEPI,
Messieurs les présidents,
Mesdames et Messieurs, Chers amis,


Permettez-moi de vous remercier sincèrement de m'avoir invité à être présent parmi vous ce matin à Antibes pour le 25ème salon des écrivains et des artistes Rapatriés.
Je m'en félicite vraiment à plusieurs titres.

Tout d'abord, parce que je me réjouis, vous le savez bien, de retrouver chacun d'entre vous.

Ensuite, parce que vous connaissez mon attachement aux différentes manifestations de la communauté rapatriée. Vous l'avez compris, j'ai été heureux et ému de dévoiler ce matin la plaque dédiée par Antibes aux Harkis.

Enfin, dans le cadre des responsabilités qui m'ont été confiées, j'accorde une très grande importance à toutes les initiatives qui contribuent à conserver et à transmettre la mémoire de nos Anciens.

Mesdames et Messieurs, je veux donc saluer chaleureusement et avec reconnaissance les écrivains et les artistes, et tous les créateurs, qui mettent leur talent au service de la mémoire d'une communauté qui a tant souffert, mais aussi, qui a beaucoup bâti, et beaucoup fait avant et après son arrachement de sa terre natale.

Je me réjouis de la qualité, reconnue par tous, de vos ¿uvres. Elle témoigne de la richesse des personnalités et des parcours, des caractères et des compétences, des Rapatriés, dans toutes les composantes de cette communauté.

Mesdames et Messieurs, ce salon culturel est aussi pour moi une occasion importante, que j'entends bien saisir, de rendre publiquement un nouvel hommage aux combattants de l'Armée d'Afrique.

Je sais que cet après-midi les meilleurs spécialistes évoqueront ce beau sujet. Ceci est légitime et nécessaire. En effet, nul doute que l'Armée d'Afrique mérite que son épopée ne tombe pas dans l'oubli, mieux qu'elle soit étudiée et magnifiée.

Car, de sa création, en 1830, jusqu'aux heures si douloureuses de 1962, l'Armée d'Afrique s'est illustrée sur tous les champs de bataille les plus durs et les plus prestigieux.

L'épopée des troupes africaines et musulmanes commence en Algérie au moment de la conquête par la France. Elle se poursuit en Crimée, au Mexique et au Tonkin. En 1870, les tirailleurs algériens résistent magnifiquement, en de nombreux points du territoire, aux assauts prussiens.

De 1914 à 1918, plus de 170 000 musulmans d'Algérie, plus de 54 000 Tunisiens, plus de 35 000 Marocains, auxquels s'ajoutent notamment plus de 160 000 Sénégalais sont engagés. Une grande partie d'entre eux sont authentiquement volontaires.

Le nombre des morts, bien que malheureusement mal estimé, est considérable. Il est, en tout cas, à la mesure de l'implication de ces hommes courageux et dignes dans la bataille de la Marne, dès 1914, ou dans la reprise du Fort de Douaumont par les fantassins marocains en 1916.

Sur tous les fronts, de l'Est jusqu'au Levant et en Orient, mais aussi en Afrique pour tenir l'arrière, leur contribution à l'effort de guerre de la Nation sera essentielle.

Entre les deux guerres, l'Armée d'Afrique poursuit sa mission sur des théâtres d'opération moins connus mais pourtant bien cruels.

Quant à la Seconde Guerre mondiale, ai-je besoin de rappeler une nouvelle fois devant vous les mots du Général de MONSABERT, vous les connaissez tous : " c'est grâce à l'Armée d'Afrique que la France a retrouvé non seulement le chemin de la victoire et la foi en son armée, mais aussi et surtout l'Honneur et la Liberté ".

Parmi les hauts-faits les plus connus, citons ce matin simplement les campagnes de Tunisie et de Sicile en 1942 et 1943, la libération de la Corse et la campagne d'Italie, la victoire emblématique du Monte-Cassino et celle du Garigliano, puis Rome, le débarquement de Provence, Paris le 25 août au sein de la 2ème DB, les Vosges, l'Alsace et le passage du Rhin.

Derrière cette suite de lieux ou de dates qui figurent dans le marbre des monuments, sur le pli des drapeaux ou dans les pages de nos livres d'histoire, sachons mesurer le poids des sacrifices consentis et le rôle sur la place de la France à la table des vainqueurs de la lutte contre le nazisme.

Viennent ensuite l'Indochine, la Corée, et les années ô combien tragiques de la guerre d'Algérie et de ses conséquences.

Je n'évoquerai pas ici la tragédie des Harkis et la douleur de tous les Rapatriés. Nous la portons tous au fond du c¿ur. Pour nous, avant d'être un moment dramatique de l'Histoire, ce sont des visages et des noms. Nous ne les oublierons pas.

Toute cette geste, toutes ces heures de gloire comme les drames les plus affreux, toute cette mémoire, partie intégrante de notre mémoire nationale, nous devons la transmettre aux jeunes générations.

C'est ce que je me suis efforcé de faire avec émotion en me rendant à El Alamein, ou encore à l'occasion de déplacements à Marseille ou à Avignon.

Récemment, un numéro de la revue de mon ministère diffusé largement vers le corps enseignant " les chemins de la mémoire " vient d'être consacré aux Tirailleurs algériens.

Comment ne pas évoquer aussi la décision du Président de la République de consacrer officiellement et de pérenniser le 25 septembre comme " Journée nationale d'hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives ".

Le décret est paru au Journal officiel. Ainsi chaque année, grâce au Président CHIRAC, notre République rappellera les souffrances des Harkis.

Dans un avenir proche, à l'occasion du 60ème anniversaire de la campagne de Tunisie, de la libération de la Corse et de la campagne d'Italie, nous rendrons à nouveau un hommage fort à l'Armée d'Afrique.

Naturellement, en 2004, la commémoration du débarquement de Provence et de la remontée victorieuse de ces forces à travers le pays nous permettra également de revenir sur les événements que je viens d'évoquer.

Mesdames et Messieurs, chers amis, ces hommages et ces rappels, nous les devons à ces hommes qui ont servi la France avec tant de bravoure, de loyauté et de dévouement.

Nous les devons aussi à leurs enfants. Beaucoup d'entre eux sont en quête de repères. Beaucoup doutent de leur passé.

A nous de leur rappeler - ou plus souvent de leur apprendre - que leurs Anciens ont été des combattants valeureux et héroïques, qu'ils ont été, dans l'honneur, des combattants de la liberté. Voilà bien des modèles crédibles et actuels, infiniment préférables à ceux qui leur sont parfois proposés.

Monsieur le Député-Maire, Monsieur le Ministre, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, je vous remercie à nouveau de l'opportunité que vous m'avez donnée de rappeler ces pages de notre histoire mais aussi de vous préciser notre action pour les mettre en valeur.

Vous le voyez : vous pouvez compter sur nous. Mais, je compte aussi sur vous. Je sais que votre talent et votre mobilisation permettront de multiplier les actions et les projets et ainsi, de rencontrer de larges publics.


Je souhaite un plein succès à votre salon et je vous remercie de votre attention.


(source http://www.defense.gouv.fr, le 26 juin 2003)

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