Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur les mesures du contrat triennal 2003 - 2005 destinées à soutenir la vocation européenne de la ville de Strasbourg, Strasbourg le 1er juillet 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur les mesures du contrat triennal 2003 - 2005 destinées à soutenir la vocation européenne de la ville de Strasbourg, Strasbourg le 1er juillet 2003.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Déplacement de Jean-Pierre Raffarin au Parlement européen et signature entre l'Etat et la ville de Strasbourg du contrat triennal 2003 - 2005, à Strasbourg le 1er juillet 2003

ti : "Madame le maire,
Messieurs les présidents de la Communauté urbaine, des départements, de la Région,
Monsieur le préfet,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Cher monsieur le secrétaire général du Conseil de l'Europe,
et Cher P. Cox,

Monsieur le président,


Votre présence, aujourd'hui, pour nous, est forte d'amitié et de symbole, et je voudrais vous dire notre reconnaissance, non seulement pour la manière dont vous présidez l'Assemblée européenne, mais aussi pour la fidélité dont vous faites preuve à Strasbourg d'une manière particulière, et au Parlement européen d'une manière générale. Il y a un grand poète français, un écrivain fabuleux, Jean Cocteau, qui disait : "La fidélité est une forme de l'honneur." Merci de l'honneur que vous nous faites.

Je suis très heureux de retrouver la saveur alsacienne. J'ai été membre du Parlement européen avec P. Cox, avec certains d'entre vous. Je suis très heureux d'être, pour la troisième fois en un an ici, ce doit être le lieu que j'ai le plus fréquenté depuis que je suis Premier ministre - trois fois en un an. Aujourd'hui, je me retrouve autour de partenaires pour signer un contrat triennal, qui a maintenant vingt-quatre ans, et qui est une procédure fondamentale, dans l'intérêt de l'Europe, de la France, de Strasbourg, de son département et de sa région.

Nous sommes très attachés au rayonnement de Strasbourg. Nous sommes très attachés au statut européen de Strasbourg, la France et le Parlement européen. Nous voyons bien, aujourd'hui, qu'au moment où l'Europe regarde vers l'Est, Strasbourg a une position stratégique, et que c'est l'intérêt de la France d'être aux côtés de Strasbourg, mais c'est aussi l'intérêt de toute cette Europe de l'Ouest de pouvoir se rassembler autour des projets que porte Strasbourg, ville européenne.

Je voudrais, moi aussi, remercier N. Lenoir de l'engagement personnel qui est le sien pour la cause européenne en général, mais aussi pour la cause strasbourgeoise. Vous avez, là, un allié déterminé, chaleureux et sympathique, et je suis très heureux de voir combien son action porte des résultats.

Nous sommes aujourd'hui, avec Tokia, avec François, suffisamment nombreux pour quasiment tenir, à Strasbourg, aujourd'hui, une réunion interministérielle, ce qui prouve l'engagement du Gouvernement, avec la Datar, pour Strasbourg. Nous signons un contrat de - 47,53 millions d'euros ! au lieu des 38 précédents, tout cela pour vous dire combien nous sommes déterminés à ce que les quatre objectifs principaux de ce contrat puissent être atteints : l'amélioration de l'accessibilité, c'est un point stratégique très important, qui concerne tout le monde : les parlementaires, évidemment, mais aussi tous ceux qui ont accès à la capitale ; l'amélioration de la vocation européenne et internationale de Strasbourg, dans les domaines notamment de l'intelligence, de l'enseignement supérieur et de la recherche ; la consolidation du rayonnement culturel de la ville de Strasbourg - j'ai entendu le message - et le renforcement du rôle de Strasbourg dans la construction européenne, dans cette nouvelle Europe que nous sommes en train de construire, avec sa nouvelle géographie et aussi sa nouvelle organisation, sa nouvelle Constitution, nous l'espérons.

Il complète, ce contrat, l'ensemble des initiatives que nous avons signées avec le contrat de plan Etat-région, avec les autres collectivités territoriales, notamment dans le domaine des infrastructures - je pense au tram-train entre Strasbourg et Entzheim - et aussi dans le domaine de la recherche. Tout à l'heure, Robert y faisait allusion en ce qui concerne le Pôle Images. C'est un des éléments importants de ce contrat : le Pôle Images, l'émergence du Pôle européen d'administration publique, le Centre d'étude internationale de la propriété industrielle, le développement du projet d'établissement de la Bibliothèque nationale, les grandes formations musicales, la création contemporaine, un certain nombre d'objectifs très importants, notamment ceux qui ont été définis à l'occasion du Comité interministériel de l'Aménagement du territoire, le 13 décembre dernier, pour faire vraiment de Strasbourg une ville qui puisse bénéficier de tout l'appui de l'Etat pour assumer ses fonctions internationales et européennes.

Nous sommes, là, sur un sujet important. Je dois dire que c'est un point qui, évidemment, est en liaison avec les institutions européennes ici présentes : le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, mais aussi, je dirais, la France a l'intention de valoriser ses villes tournées vers l'Europe. Ce que je dis de Strasbourg, je le dis aussi, pour un autre contexte et avec d'autres vocations, de Lyon, de Marseille, de Lille... Il faut que dans cette grande Europe, les villes françaises et leurs territoires puissent avoir une visibilité européenne. Nous sommes en train de construire un vaste espace. Dans cet espace, chacun devra être reconnu, vu, remarqué pour ses talents et ses capacités ; cela fait partie de l'aménagement du territoire que nous voulons renforcer en France, pour valoriser tous ces atouts. C'est un des éléments importants de la politique qui est la nôtre, c'est un des points très importants. Strasbourg ayant une place tout à fait particulière, de par son statut de capitale institutionnelle.

Mais je voudrais dire que nous avons là une vision qui est une vision certes française, mais qui va bien au-delà, franco-allemande et européenne. C'est pour cela que nous sommes évidemment attachés à tous les projets qui sont les vôtres. J'ai bien entendu parler du TGV-Est, même si vous en avez moins parlé que d'habitude, mais c'est parce que vous vous sentez rassuré. Donc, je tiens à vous dire que la France va mettre en service, en 2007, 300 kilomètres de lignes à grande vitesse Est, donc européenne. Avec cette dynamique, je tiens à dire que pour nous, il est très important de pouvoir passer à la phase des acquisitions foncières. C'est pour cela que nous demandons d'ores et déjà - le Gouvernement demande à RFF -, de passer à l'étape des acquisitions foncières en Lorraine, pour accompagner ce qui est d'ores et déjà engagé en Alsace. C'est un signe fort de notre détermination, car il est évidemment impensable d'aller de Paris en Alsace sans passer par la Lorraine. C'est pourquoi, nous engageons les acquisitions foncières.

Parallèlement, il est indispensable, madame le maire, que cet investissement de 4 milliards d'euros soit valorisé par une liaison de qualité avec l'Allemagne, qui renforcera son caractère européen. Il y a là deux sujets : le fameux sujet du Pont de Kehl. En effet, j'ai eu le bonheur d'assister à la réunion du chancelier, avec les présidents de Länder allemands. J'étais accompagné de quelques présidents français. A un moment, j'ai vu un président français prendre le chancelier sous le bras, partir, en allemand. J'ai entendu "Kehl" et je me suis fait expliquer un peu de quoi il s'agissait. J'ai vu combien ce projet était très important, et je souhaite donc dire ici que le doublement du Pont de Kehl, qui est un projet utile et symbolique pour nos amis de part et d'autre du Rhin, et le réaménagement de la gare de Kehl soient réalisés, dans toute la mesure du possible, à la date 2007. C'est notre objectif, pour faire en sorte, avec le TGV, au moment où nous pourrons avoir le TGV, nous puissions avoir cet équipement. De même, je souhaite que les procédures d'homologation du matériel roulant, en France et en Allemagne, se poursuivent de façon coordonnée, afin d'aboutir à l'agrément des rames TGV International avant 2007, qui est la date pour laquelle nous avons besoin de cette cohérence. Donc, il y a là un projet. Nous nous engageons sur la Lorraine pour les acquisitions, nous nous engageons sur Kehl et nous nous engageons sur l'harmonisation avec nos amis allemands. C'est un sujet, Madame le secrétaire général chargé de la Coopération franco-allemande, qui est inscrit à notre conseil des ministre du 18 septembre, si ma mémoire est exacte.

Tout cela va être en ordre. Si cela marche, c'est moi ; si ça ne marche pas, c'est elle. Mais nous sommes d'accord, et c'est pour cela que ça va marcher. C'est une des manières que j'ai d'être sûr que le calendrier soit respecté.

Je voudrais vous dire également qu'avec Noël, nous travaillons sur la question de la desserte aérienne de Strasbourg, qui nous pose évidemment un problème, qui est un problème essentiel pour les parlementaires et les fonctionnaires européens. En tant que capitale européenne, Strasbourg doit bénéficier d'une desserte aérienne de qualité. Cette question prend évidemment une acuité nouvelle avec l'élargissement. Nous devons tout faire pour que Strasbourg soit accessible, en une matinée, de toutes les grandes villes européennes, que ce soit Cracovie ou que ce soit Séville. Donc, là, nous avons une stratégie à développer. L'Etat maintiendra donc son soutien à la desserte aérienne, pour toute la période 2004-2006, pour laquelle nous travaillons d'ores et déjà, et je sais que la concertation est conduite activement sur ce point, en plus des prochains appels d'offres, avec l'objectif d'une couverture géographique élargie et d'une qualité de service améliorée.

Enfin, je voudrais dire que l'Etat souhaite accompagner les initiatives que vous prenez d'ores et déjà, à la fois l'euro-district Strasbourg-Kehl, sur lequel je crois, avec monsieur Bury (phon), N. Lenoir et vous tous, avez travaillé, hier, sur ce projet qui est très important. Nous y sommes aussi très attachés. La partie allemande est aussi motivée. Donc, là, je crois que nous avons une dynamique qu'il nous faut prolonger, et naturellement, nous souhaitons renforcer les relations entre Strasbourg, l'Alsace et le Parlement européen. La présidence de P. Cox, ici, témoigne de cette détermination.

Je voudrais dire vraiment, avec conviction, que nous sommes en train de bâtir une nouvelle Europe. Cette nouvelle Europe riche de 450 millions d'habitants, a besoin d'une démocratie vivante, elle a besoin d'une démocratie enracinée, elle a besoin d'une démocratie qui puisse être lisible pour l'ensemble des citoyens. C'est pour cela que cette ville de Strasbourg, avec son histoire, avec sa capacité, aujourd'hui, à porter cette idée très importante d'une Europe des citoyens, doit trouver toute sa place dans cette construction que nous bâtissons.

Je salue ici tous les parlementaires qui sont présents, les parlementaires nationaux, les parlementaires européens. J'ai un mot particulier pour le président, c'est un mot de gratitude du Gouvernement, car nous avons pu réussir un compromis sur la Politique agricole - c'était un compromis difficile. Ce compromis a été en grande partie élaboré par la Commission de l'agriculture du Parlement européen. Nous avons réussi avec Bruxelles, avec Copenhague, à bâtir l'élargissement de l'Europe. Et là, pour engager un compromis sur la PAC, nous montrons ainsi qu'il y a des volontés communes en Europe. Nous sommes capables les uns et les autres de surmonter un certain nombre de difficultés. Nous faisons tous un bout de chemin, mais il est très important que le Parlement puisse être le lieu où se trouvent ces équilibres et où s'expriment toutes ces sensibilités.

Vous venez de voir par cette signature que l'Alsace a un petit peu besoin de la France, mais je voulais surtout vous dire que la France a besoin de l'Alsace."

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 31 juillet 2003)

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