Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à "Nice-Matin", "Var-Matin" et "Corse-matin" du 9 septembre 2003, sur les relations de l'Union européenne avec l'Otan et la réforme du statut général des militaires. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à "Nice-Matin", "Var-Matin" et "Corse-matin" du 9 septembre 2003, sur les relations de l'Union européenne avec l'Otan et la réforme du statut général des militaires.

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle, CHALUMEAU Didier.

FRANCE. Ministre de la défense

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Michèle Alliot-Marie : " L'Otan et l'Europe sont complémentaires "

Le ministre de la Défense va clôturer ce soir à Cannes les débats du Comité militaire de l'Otan qui s'ouvre ce matin. A cette occasion, Michèle Alliot-Marie répond à notre journal.

Nice-Matin : Quel sera le rôle de l'Otan avec l'Europe de la défense ?

Mme Alliot-Marie : L'Otan demeure l'alliance qui assure la défense des intérêts communs des membres et s'inscrit au c¿ur du système de défense de l'Europe. Certes l'environnement stratégique a considérablement évolué depuis la création de l'Otan et l'Alliance Atlantique n'est plus " ce bouclier qui nous protégeait contre une éventuelle agression soviétique ", mais sa défense n'est pas achevée.
Les missions de l'Otan ont connu un changement de grande ampleur : en soutenant la FIAS (Force internationale d'assistance à la sécurité) à Kaboul en Afghanistan, l'Alliance Atlantique effectue sa première mission hors de sa traditionnelle zone d'action euro-atlantique. Cela reflète une évolution majeure des ses priorités conformément au concept stratégique approuvé à Washington par les chefs d'Etat et de gouvernement en avril 1999. Cette mission sera aussi un test pour l'Alliance qui verra peut-être un jour ses missions évoluer vers des théâtres où la paix est menacée.
A l'instar de l'Otan, l'Union européenne se doit aussi d'être adaptée aux défis du monde contemporain, radicalement différents de ceux qui ont présidé à sa création, et notamment aux missions de gestion de crise par l'Europe.
L'arrangement permanent entre l'Union européenne et l'Otan, approuvé en mars dernier, permet ainsi de régler les questions qui pouvaient se poser en cas d'utilisation des capacités et moyens de l'Otan. C'est sur cette base que l'Union européenne a pris le commandement d'une force de paix en Macédoine le 31 mars, à la suite de l'Otan. C'est aussi ce cadre qui pourrait permettre à l'Union, au début de l'année 2004, de prendre la responsabilité de la force de stabilisation en Bosnie.
Il existe donc une véritable complémentarité entre l'Otan et l'Europe de la Défense. La préservation du lien transatlantique continuera à jouer un rôle déterminant. Depuis 1998, il est prévu que l'Europe de la défense agisse là où l'Alliance, en tant que telle, n'est pas engagée.

L'Otan soutient l'un de ses membres, la Pologne, qui intervient en Irak. Est-il envisageable que la France participe à la force internationale de stabilisation ?

Toute participation de la France ne pourrait s'envisager que dans le cadre d'une action des nations unies, fondée sur un mandat précis du Conseil de sécurité et bénéficiant de ce fait, du soutien de l'ensemble de la communauté internationale.

La réforme du statut des militaires est l'un de vos dossiers prioritaires pour cette rentrée. Qu'est ce qui va changer pour les militaires, très nombreux dans notre région?

Le statut actuel des militaires date de 1972 et n'a pas évolué depuis cette date, alors que les armées ont profondément changé. La professionnalisation des armées, réalisées au cours des six dernières années, a transformé les rapports entre les armées et la Nation.
Avec la réforme du statut des militaires, il s'agit à présent de s'adapter, de prendre en compte à la fois les exigences fondamentales liées à la mission spécifique confiée par la Nation aux militaires, les principes de neutralité, de discipline et de disponibilité, et d'étudier les aménagement nécessaires, tout ceci dans un esprit de dialogue et de concertation.
Sans parler de la gendarmerie, force militaire de sécurité intérieure, nos armées comme les établissements relevant du ministère de la Défense sont très présents dans votre région. Le nombre et le format des différentes unités de l'armée de Terre, de la Marine et de l'armée de l'Air resteront globalement stables. Vous savez d'ailleurs combien ces unités sont parfaitement enracinées au plan local.

Vous rencontrez ce soir au conseil général de Nice des élus du département. L'ancienne présidente du RPR a-t-elle des velléités de prendre des responsabilités au sein de l'UMP ?

Comme ancienne président du RPR justement, et comme ministre du gouvernement, je fais partie des instances dirigeantes de l'UMP.
Mon action à la tête du ministère de la Défense ne me permet pas de m'impliquer dans les affaires courantes du parti, mais je reste particulièrement attentive à ses grandes orientations politiques.
C'est d'ailleurs ce qui m'importe réellement, la réflexion, le débat d'idées sur les questions de société, celles qui touchent chacun des Français dans la vie quotidienne ".

(Source http://www.defense.gouv.fr, le 11 septembre 2003)

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