Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "La Provence" du 9 septembre 2003, notamment sur la réforme du statut général des militaires. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "La Provence" du 9 septembre 2003, notamment sur la réforme du statut général des militaires.

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle, PEYTAVIN Gregory.

FRANCE. Ministre de la défense

ti : La Provence : Vous abordez à la rentrée la réforme du statut général des militaires. Qu'est ce qui va changer pour ces derniers ?

Mme Alliot-Marie : Cette réforme engagée au printemps a pour finalité d'adapter le statut des militaires aux évolutions tant de notre société que des conditions d'exercice du métier militaire. Cette adaptation doit demeurer compatible avec les exigences fondamentales de la mission qui est confiée par la Nation aux militaires : neutralité, discipline et disponibilité. Le statut actuel qui régit les militaires date de 1972. Les conditions d'engagement des armées ont par ailleurs évolué avec la multiplication des opérations extérieures dans un contexte européen ou multinational. Le 5 février dernier, j'ai confié à M. Renaud Denoix de Saint-Marc, vice-président du Conseil d'Etat, la tâche de présider la commission spécifique chargée d'étudier la révision du statut militaire. Il m'a remis un rapport d'étape en juillet. Je transmettrai mes propositions au Président avant d'établir un projet de loi qui devrait être discuté au Parlement au début de l'année prochaine. Il est encore un peu tôt pour vous faire part de ce qui va changer pour les militaires, dont font partie les gendarmes. Je peux simplement vous dire que la commission a effectué un travail remarquable dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de concertation.

Vous êtes présente aujourd'hui à trois évènements successifs à Arcachon, Istres et Cannes. Qu'est-ce qui vous motive dans ce marathon ?

Je participe à Arcachon à une rencontre organisée par Guy Tessier, président de la commission de la défense à l'Assemblée nationale, dont je salue l'initiative. Des parlementaires français mais aussi étrangers - des délégations belge, espagnole, italienne et portugaise sont présentes - ont répondu à l'invitation. J'y vois là un signe fort de l'importance qui est attachée à notre défense et, au delà, à la construction de l'Europe de la défense. Les débats qui vont avoir lieu apporteront des éclairages sur les grandes questions politiques, internationales et industrielles auxquelles nous sommes confrontés. Cette journée sera également une occasion de renforcer le lien entre la défense et nos élus.
Je me rends ensuite sur la base aérienne d'Istres, j'y rencontrerai les 5 000 hommes et femmes, civils et militaires, qui travaillent sur le site. Je suis très attachée à ces contacts directs avec les personnels ; Chaque fois que je peux, je leur rends visite pour les écouter mais aussi pour mesurer la façon dont se traduisent concrètement les décisions prises. Les personnels constituent la véritable force de ce ministère. Istres est en outre une base stratégique essentielle dans notre système de défense et un pôle d'excellence technologique en matière d'essais en vol.
Je préside enfin à Cannes le dîner offert à l'issue de la réunion du Comité militaire de l'Otan, qui regroupe les chefs d'états-majors des pays membres. C'est la plus haute instance militaire de l'Alliance. Il se réunit trois fois par an en session plénière. Deux de ces réunions se tiennent à Bruxelles, la troisième est accueillie, à tour de rôle, par un des pays membres, comme c'est le cas aujourd'hui à Cannes. Nous avons de nombreux sujets d'intérêt communs avec l'Otan comme la constitution de la force de réaction rapide, la relève par l'Union européenne en 2004 de la force de stabilisation en Bosnie, la situation en Afghanistan, où l'Otan joue un rôle important de soutien au profit de l'Isaf, force constituée sous l'égide des Nations unies.

L'heure est-elle venue pour vous d'envisager de nouvelles responsabilités ?

Je m'attache à mettre en oeuvre, sous l'autorité du Premier ministre, la politique de défense voulue par le Président de la République. Nous sommes dans une période cruciale de notre histoire où les menaces comme les besoins de sécurité ont profondément évolué et où il faut en quelque sorte inventer une nouvelle défense. Cette responsabilité, exigeante et passionnante, m'accapare totalement. Le reste ne m'appartient pas.

(Source http://www.defense.gouv.fr, le 11 septembre 2003)

Rechercher