Interview de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, dans "Sécurité routière" (numéro spécial) de septembre 2003, sur l'impact de la nouvelle législation en matière de sécurité routière. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, dans "Sécurité routière" (numéro spécial) de septembre 2003, sur l'impact de la nouvelle législation en matière de sécurité routière.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer

ti : Quelle place cette loi prend-elle dans le chantier présidentiel et dans le contexte d'amélioration des statistiques d'accidents ?

La lutte contre l'insécurité routière est le premier des trois grands chantiers présidentiels. Elle s'inscrit dans la durée et est marquée par un engagement et une détermination inébranlables du gouvernement pour mettre fin à la barbarie routière. Certains trouvent ce terme, comme d'ailleurs celui de délinquance routière, excessif, mais existe-t-il d'autres façons d'exprimer le sort de victimes le plus souvent innocentes, et d'imaginer les drames vécus par les familles ? Face à cette situation intolérable, notre priorité, comme cela a été rappelé lors des États généraux, consistait en premier lieu à mieux faire respecter les règles existantes. La mobilisation exemplaire de l'ensemble des services de l'État, rencontrant une opinion publique qui n'attendait que cela, a permis d'obtenir de premiers résultats encourageants avec une baisse de 1 405 tués et de 25 215 blessés entre juillet 2002 et juin 2003. Nous ne pouvons pour autant nous satisfaire de cette situation et accepter que l'inconscience routière puisse encore tuer plus de 6 000 personnes chaque année sur nos routes. Pour que cette tendance se confirme et s'amplifie, il nous fallait un signe fort porté par la représentation nationale. C'est le sens de la loi adoptée par le Parlement en juin dernier. S'agissant de la vie des gens, il faut bien que chacun comprenne que la pression ne se relâchera pas et qu'il est du devoir du gouvernement d'agir avec toujours plus d'efficacité. Je ne voudrais pas pour autant que l'on considère que la prévention et la formation sont oubliées. De nombreuses dispositions sont prévues en ce sens dans la loi, mais j'insiste encore sur le respect des règles, qui est à la base du changement de comportement du conducteur, et qui nous permettra de sauver chaque année des milliers de vies, et d'épargner des centaines de milliers de souffrances physiques ou morales.

Sur quels aspects préventifs cette loi met-elle l'accent ?

Comme je le disais précédemment, ce volet préventif est très présent dans la loi. C'est ainsi que le permis probatoire va permettre aux nouveaux conducteurs de se former progressivement. Des mesures aussi attendues que l'aggravation des sanctions à l'égard de ceux qui commercialisent des détecteurs de radars ou des kits de débridage des cyclomoteurs préviendront certains excès meurtriers. La loi permet de s'attaquer plus efficacement aux causes d'accidents pouvant provenir de l'infrastructure, en particulier des obstacles latéraux, ou des véhicules. Elle prévoit également la possibilité d'améliorer les moyens de connaissance de l'accidentologie en développant nos échanges d'informations avec les collectivités territoriales, qui ont un rôle tout à fait essentiel à jouer en matière de prévention et, le cas échéant, de répression. Enfin, et sans être exhaustif, seront renforcés un certain nombre de dispositifs de prévention concernant les professionnels de la route qui ont la volonté d'être exemplaires en la matière.

À quel moment considérerez-vous que le combat sera "gagné" ?

J'ai dit à plusieurs reprises que toute mort sur la route est intolérable. Je redirai donc qu'il faut se battre jusqu'au dernier mort et jusqu'au dernier blessé. Notre objectif "zéro mort, zéro blessé sur les routes" se fonde sur l'engagement des pouvoirs publics que tous les accidents liés à une faute humaine doivent être combattus avec la plus totale détermination. Cela passe par la certitude que l'on n'échappera pas au contrôle et qu'il n'y a rien à attendre d'une éventuelle indulgence. Ma seule conviction est que nos marges de progrès sont encore très importantes et qu'il est de notre devoir de les faire progresser sans attendre.


(source http://www.securiteroutiere.equipement.gouv.fr, le 22 septembre 2003)

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