Tribune de MM. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat au transport et à la mer, Henri Plagnol, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat, Renaud Donnedieu de Vabres, porte-parole de l'UMP et d'autres personnalités de l'UMP, dans "le Figaro" du 19 septembre 2003, sur le foisonnement des personnalités et la richesse des débats au sein de l'UMP, intitulée "UMP : ne réveillons pas les vieilles querelles". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de MM. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat au transport et à la mer, Henri Plagnol, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat, Renaud Donnedieu de Vabres, porte-parole de l'UMP et d'autres personnalités de l'UMP, dans "le Figaro" du 19 septembre 2003, sur le foisonnement des personnalités et la richesse des débats au sein de l'UMP, intitulée "UMP : ne réveillons pas les vieilles querelles".

Personnalité, fonction : BUSSEREAU Dominique, PLAGNOL Henri, DONNEDIEU DE VABRES Renaud.

FRANCE. SE aux transports et à la mer; FRANCE. SE à la réforme de l'Etat; FRANCE. UMP, porte-parole

ti : L'UMP est fille du printemps 2002. Après le désastre du 21 avril, produit de la balkanisation des partis et des votes, est venu le temps du sursaut avec la création du plus vaste rassemblement de la droite et du centre dans notre histoire républicaine. C'est parce que nous avons su conjurer les démons de la division et proposer une synthèse créatrice que nos électeurs ont retrouvé le chemin des urnes.

La révolution pacifique représentée par la création de l'UMP a profondément enrichi la vie démocratique. En cessant d'opposer artificiellement nos familles d'origine, nous avons pu débattre librement de chacune des réformes engagées par le gouvernement et aboutir au point d'équilibre correspondant aux aspirations de nos compatriotes. Il n'y a aucun doute que c'est ce qui a permis, par exemple, de faire adopter avec succès, malgré des résistances considérables, la réforme des retraites.

Loin d'être un mouvement monolithique, l'UMP, devenue la première formation politique française, est caractérisée par un foisonnement de personnalités qui fait la richesse de nos débats. C'est d'ailleurs ce qui caractérise toutes les formations européennes comparables : la CDU en Allemagne, le Parti populaire en Espagne ou le Parti conservateur en Grande-Bretagne. Dans toutes les grandes démocraties, ce sont les partis ayant une taille suffisante pour être à vocation majoritaire qui gagnent les batailles électorales et qui, plus encore, permettent à tous les citoyens par leur vote de peser sur les orientations majeures sans s'égarer dans un labyrinthe dont la complexité passionne, certes, les spécialistes, mais décourage les électeurs.

Bien évidement, plus vous vous élargissez, plus vous êtes divers. D'où la tentation récurrente de créer des courants qui traduiraient des sensibilités et favoriseraient, selon les défenseurs de cette thèse, une vie plus démocratique. Ce serait de notre point de vue un véritable retour en arrière. D'ailleurs, chacun d'entre nous serait bien embarrassé s'il avait à se définir comme "libéral", "gaulliste" ou "démocrate-chrétien". Nous sommes fiers d'être en même temps les héritiers du général de Gaulle et des fondateurs de la Communauté européenne. Nous nous réjouissons profondément de l'étroite concordance de vue entre Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac sur l'avenir des institutions communautaires. Nous obliger à choisir un courant serait nous appauvrir nous-mêmes.

L'UMP a encore besoin d'être consolidée et il y aurait un risque réel à ce que, très rapidement, se reconstituent sous une forme différente les anciens partis. Pire encore, à l'approche des élections cantonales et régionales, les rivalités pourraient s'exacerber, fragilisant certaines fédérations. Il suffit d'observer l'exemple du Parti socialiste pour constater qu'un courant politique se transforme la plupart du temps en écurie au service d'ambitions personnelles.

Mais l'essentiel, de notre point de vue, est ailleurs : l'UMP est comptable des promesses de son baptême. L'accès aux responsabilités de notre génération politique a coïncidé avec une crise profonde de la démocratie représentative. Plus que d'autres, nous avons le devoir d'être vigilants sur la mise en oeuvre des réformes nécessaires. Or, précisément, ce que les Français attendent de nous, c'est de faire les choix dans l'intérêt général, et non en fonction d'a priori idéologiques.

Prenons l'exemple de la nécessité d'adapter notre système de protection sociale aux effets du vieillissement dans les vingt ans qui viennent. Les Français ont brutalement pris conscience, avec la tragédie de la canicule, de la nécessité d'investissements importants pour permettre un accompagnement digne des plus âgés d'entre nous. Chacun sait bien que le poids des prélèvements obligatoires est déjà très élevé. Rien ne serait pire sur un tel dossier que d'ouvrir une querelle artificielle entre les "libéraux" et les "dirigistes". La vérité, c'est qu'il faudra trouver les moyens de responsabiliser tous les acteurs pour faire des économies et provisionner les financements nécessaires. Cela demandera beaucoup de courage et de volonté politique.

Autre exemple, la France est dans la situation difficile de devoir contrôler ses dépenses publiques pour honorer ses engagements communautaires sans fragiliser davantage l'emploi et la croissance. Imaginons les conséquences dévastatrices d'une polémique stérile entre les "souverainistes" qui refusent toute contrainte communautaire et les "eurocrates" selon lesquels les logiques nationales sont dépassées.

A l'opposé de ces débats sémantiques, le premier ministre s'efforce de concilier l'intérêt national avec les exigences légitimes de nos partenaires.

C'est donc une erreur que de croire que l'organisation en courants garantirait un authentique pluralisme. Bien au contraire, la force de l'UMP réside dans la libre confrontation des idées. Notre génération doit inventer des solutions nouvelles à des problèmes inédits dans un monde en mutation constante. Le vrai respect de la diversité, aujourd'hui, c'est le refus des écuries ou des chapelles et l'acceptation de débattre ouvertement de toutes les questions sans tabou ni préjugé. Il est par exemple vital de nous ouvrir sur les apports considérables des associations, des syndicats, des fédérations professionnelles, des universitaires... pour répondre à l'immense besoin d'écoute dans la société d'aujourd'hui. Il nous faut aussi innover pour permettre à nos militants de participer à l'élaboration du projet politique : c'est ainsi que nous donnerons à nouveau envie aux jeunes de s'engager. Le temps où les élus avaient le monopole de la parole sur les sujets de société est révolu. Il faut donner à nos fédérations départementales les moyens nécessaires afin que les militants puissent décider eux-mêmes d'organiser des débats sur les sujets qui les intéressent en les ouvrant aux acteurs de la société civile.

L'urgence n'est certainement pas de réveiller les vieilles querelles ou le sectarisme. Pour devenir le grand parti fédérateur et démocratique que nous sommes en train de bâtir, allons plus loin dans le droit d'initiative donné aux militants ; n'hésitons pas à faire arbitrer nos divergences par le vote des adhérents chaque fois que cela sera nécessaire ; encourageons le partage des responsabilités. Notre future fondation aura un rôle essentiel à jouer pour créer des liens avec le monde de la culture, de la recherche et de la science et pour mieux prendre en compte les évolutions internationales. C'est ainsi que nous réussirons le pari de la diversité tout en approfondissant notre union. C'est en étant fidèles à nos engagements que nous redonnerons confiance aux Français dans les valeurs de la République.


Les signataires :
Dominique BUSSEREAU, secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer ;
Henri PLAGNOL, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat ;
Brigitte BAREGES, député du Tarn-et-Garonne ;
Xavier BERTRAND,député de l'Aisne ;
Philippe BRIAND, député Indre-et-Loire ;
Luc CHATEL, député de la Haute-Marne ;
Jérôme CHARTIER, député du Val-d'Oise ;
Philippe COCHET, député du Rhône ;
Edouard COURTIAL, député de l'Oise ;
Marc-Philippe DAUBRESSE, député du Nord ;
Renaud DONNEDIEU DE VABRES, député d'Indre-et-Loire ;
Dominique DORD, député de Savoie ;
Pierre-Louis FAGNIEZ, député du Val-de-Marne ;
Yves JEGO, député de Seine-et-Marne ;
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, député de l'Essonne ;
Valérie PECRESSE, Député des Yvelines ;
Frédéric DE SAINT-SERNIN, député de Dordogne ;
Georges TRON, député de l'Essonne ;
Eric WOERTH, député de l'Oise.


(source http://www.u-m-p.org, le 19 septembre 2003)

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