Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, prononcé par M. Xavier de Villepin, sur la formation des cadres dans les pays en voie de développement, Paris le 3 octobre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, prononcé par M. Xavier de Villepin, sur la formation des cadres dans les pays en voie de développement, Paris le 3 octobre 2003.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. UMP

Circonstances : Ouverture du colloque Sénat - Essec "Ensemble, dynamisons le secteur privé en Afrique" au Sénat le 3 octobre 2003

ti : Messieurs les Présidents,
Messieurs les Ministres,
Messieurs les Ambassadeurs,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,


Le Sénat est particulièrement heureux d'accueillir aujourd'hui ce colloque économique sur l'Afrique, organisé en partenariat avec nos amis du Groupe ESSEC.

" Ensemble, dynamisons le secteur privé en Afrique " : l'intitulé de notre rencontre est à lui seul tout un programme, je devrais même dire un véritable défi ¿

D'aucuns trouveront ce thème très ambitieux, peut-être trop.

Pourtant, je remercie nos amis de l'ESSEC d'avoir lancé ce débat et, dès le départ, d'avoir songé à le faire au Sénat, car notre assemblée est très attachée au développement de l'Afrique, avec laquelle notre pays entretient tant de liens privilégiés, forgés dans l'Histoire.

Un simple chiffre en donnera bien la mesure : comme le rappelle souvent le ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, M. Pierre-André Wiltzer - qui clôturera nos travaux ce soir - 44 des 54 pays de notre " zone de solidarité prioritaire " sont des Etats d'Afrique.

Parmi tous les ciments qui nous attachent à l'Afrique, je citerai bien entendu la francophonie, mais sans omettre les relations que nous voulons renforcer avec ses pays non francophones. Ceux-ci disposent d'ailleurs au Sénat d'interlocuteurs naturels auprès de plusieurs de nos groupes interparlementaires.

Pour ce qui me concerne, je n'ai aucun doute sur la pertinence et le succès de notre rencontre.

Sur le fond, la diversité et l'expérience des intervenants qui vont se succéder à la tribune toute la journée permettront, j'en suis sûr, d'appréhender efficacement la problématique du développement du secteur privé en Afrique et celle de la formation des cadres africains de haut niveau.

A cet égard, je tiens à remercier tous les autres partenaires de cette opération - le MEDEF et AFRIQUE S.A. en particulier - qui apporteront, chacun dans son domaine, un utile éclairage complémentaire sur ce thème complexe.

Sur la forme, j'ai souvent pu mesurer combien les professeurs et les étudiants de l'ESSEC sont capables de se mobiliser, de s'enthousiasmer et de faire avancer les dossiers les plus difficiles, comme l'a encore démontré le succès des " Tremplins Entreprises " depuis leur lancement, il y a maintenant plus de trois ans.

Avant de céder la parole aux orateurs, je voudrais insister sur l'importance fondamentale que le Sénat attache à la formation des cadres des pays en voie de développement.

En effet, pour atténuer le fossé économique qui se creuse entre le Nord et le Sud, et pour alléger la pression migratoire qui s'exerce sur les Etats de l'Union européenne -notamment ses anciennes puissances coloniales, comme la France - une des voies les plus crédibles consiste à créer sur place les conditions d'une prospérité économique durable.

Bien entendu, ce développement suppose l'appui des Etats, des bailleurs internationaux et des grandes ONG, mais il exige aussi - et surtout - la mobilisation de la société civile et du secteur privé, en particulier celle des petites et des moyennes entreprises.

Depuis quelques années, on parle beaucoup de " bonne gouvernance " : à mes yeux, la bonne gouvernance n'est pas une exigence qui pèse seulement sur les gouvernements et les décideurs publics ; c'est aussi un objectif auquel doivent adhérer les responsables privés à tous les niveaux, sous peine de s'enliser dans des déclarations d'intentions sans effets concrets.

Dans cette optique, former un jeune cadre africain - sur place ou dans un grand établissement français - est véritablement un acte de " bonne gouvernance ".

Ce n'est pas simplement une action de coopération, ni même une marque de confiance. C'est avant tout un investissement pour l'avenir, car les étudiants d'aujourd'hui seront les entrepreneurs de demain, ceux sur lesquels leurs pays pourront compter pour prendre le relais de la coopération internationale.

Soyons-en convaincus : l'investissement dans l'homme est un investissement à long terme, certes, mais c'est toujours un " investissement productif ".

Encore faut-il que les conflits internes, que les rivalités ethniques ou religieuses ou que la corruption ne viennent pas compromettre, en aval, les résultats des actions menées par les uns ou les autres. La vérité force à reconnaître que sur ce point, beaucoup reste à faire...

Permettez-moi un conseil : il me semble que les enseignements dispensés par nos grandes écoles de commerce et d'ingénieurs devraient accorder une plus grande attention à cette question. Il faut veiller à y intégrer de manière plus systématique, non seulement la recherche de l'efficacité commerciale ou technique, mais aussi un haut niveau d'éthique économique, sans laquelle le développement durable risque fort de demeurer un concept abstrait.

Depuis mon élection à la présidence du Sénat, je m'attache à faire de cette institution la " Maison des entrepreneurs ", et dans ce cadre, j'ai souhaité multiplier les opérations concrètes en direction du monde de l'entreprise.

Je suis donc heureux qu'avec le concours du Sénat, nos entrepreneurs trouvent une occasion supplémentaire de prendre conscience du formidable vivier de compétences qu'offrent les cadres et les futurs cadres africains : aussi bien ceux qui opèrent dans leur Etat d'origine que ceux qui travaillent ou étudient en France.

Je souhaite à tous un excellent, studieux et fructueux colloque, en espérant que vous garderez de votre passage au Sénat un bon souvenir, qui vous incitera à y revenir.

(Source http://www.senat.fr, le 10 octobre 2003)

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