Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur la coopération entre régions françaises et allemandes notamment en matière culturelle et d'emploi, Poitiers le 28 octobre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, sur la coopération entre régions françaises et allemandes notamment en matière culturelle et d'emploi, Poitiers le 28 octobre 2003.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Rencontre à Poitiers (Vienne) des dirigeants de 16 laenders allemands et des présidents de 20 régions le 28 octobre 2003

ti : [...] Je suis très heureux de vous recevoir en France et en Poitou-Charentes, et d'avoir pu, avec le Chancelier G. Schröder, co-présider cette première rencontre des ministres présidents des Länder allemands et des présidents de régions françaises. Cette réunion a été un grand succès, d'abord par la participation, puisque 16 Länder étaient présents et 20 régions étaient participantes. [...]. C'est aussi un succès très qualitatif par l'importance des débats et par la volonté des participants de développer de multiples projets opérationnels. D'ores et déjà, plus de 2 000 communes participent à la coopération entre l'Allemagne et la France ; déjà plusieurs Länder et de nombreuses régions aussi ont des partenariats. Nous ne partons pas de zéro, mais nous avons bâti cet acte II de la coopération franco-allemande. Nous l'avons bâti sur un objectif politique qui est de renforcer l'amitié franco-allemande par le lien régional. Ajouter le lien régional à l'amitié entre nos deux pays, c'est notre premier objectif ; une coopération institutionnelle et politique au niveau du Gouvernement qui s'est trouvée, dans des périodes récentes, fortement développée, et que nous voulons prolonger par une coopération des territoires. Donc renforcer l'Union européenne par le lien franco-allemand et renforcer l'équilibre du monde par la construction européenne. C'est l'articulation de notre démarche et nous pensons ainsi que le lien franco-allemand est un lien ouvert ; ce n'est pas un lien fermé, c'est un lien ouvert vers les autres pays de l'Europe, mais aussi ouvert dans la société, ouvert sur la société civile, ouvert sur les Länder et les régions. Nous avons pu enregistrer de nombreuses initiatives ; je les regrouperai en trois grands chapitres. Vous aurez une déclaration finale, qui sera prolongée par un compte-rendu plus détaillé de toutes les interventions des uns et des autres. Disons que trois priorités apparaissent clairement pour les représentants des territoires d'Allemagne et de France. La coopération culturelle : donner le goût de l'Allemagne aux Français, donner le goût de la France aux Allemands, développer pour cela une meilleure connaissance de notre société - nous avons en projet un manuel d'Histoire franco-allemand pour les mois qui viennent, pour faire en sorte que l'on puisse partager notre Histoire avec ce regard commun ; le développement des langues - puisque nous voulons augmenter de 50 % dans les dix ans l'apprentissage de la langue de l'autre ; c'est une mobilisation très forte - et aussi l'harmonisation en ce qui concerne les diplômes, avec ces trois échelons - licence, maîtrise et doctorat - de manière à ce qu'il y ait un parallélisme et une équivalence des diplômes dans chacun des pays. De nombreuses initiatives sur le plan culturel sont développées par les collectivités territoriales.

Nous avons également beaucoup parlé de mobilité : mobilité pour l'emploi, mobilité pour la formation professionnelle, où les compétences sont fortes dans les territoires d'Allemagne et de France. Nous avons à travailler sur un statut de stagiaire pour permettre des échanges dans les entreprises, pour développer l'alternance. Nous avons aussi noté de nombreuses coopérations en ce qui concerne les collaborateurs dans les administrations, dans les cabinets des ministres mais aussi dans les territoires et dans les institutions.

Enfin, troisièmement, nous sommes très mobilisés sur la croissance. Pour nous, l'Europe est un espace de croissance et c'est pour cela que des initiatives se développent pour échanger des expériences en ce qui concerne la recherche, bâtir des réseaux de recherche, développer des conférences PME, avec des échanges des petites et moyennes entreprises des deux pays, des deux régions concernées, promouvoir ensemble l'attractivité de nos universités. Les universités allemandes comme les universités françaises ont besoin d'une véritable attractivité mondiale. Nous avons, à terme, des problèmes de démographie pour l'ensemble de nos dispositifs éducatifs. Nous voulons mener ensemble des actions importantes pour valoriser l'attractivité des universités, d'une manière générale, valoriser toute la société de l'intelligence qui est la principale source de la croissance durable que nous voulons pour l'Europe.

Culture, mobilité, croissance, voilà quelques-uns des sujets qui ont été abordés. Ce que je voudrais dire, c'est qu'au total, il y a beaucoup d'argent qui est ainsi mobilisé. On peut d'ores et déjà estimer la coopération entre les régions et les Länder à plus de 5 millions d'euros par an. Et il y a là, un fort développement des coopérations qui, aujourd'hui s'engagent, notamment en favorisant les échanges et notamment en développant des projets communs.

Ces premières rencontre en appelleront sans doute d'autres. Elles sont, je crois, tout à fait dans la ligne de l'esprit qui a été celui de la déclaration commune du 22 janvier 2003, pour le 40 ème anniversaire. Cette déclaration, signée par le président de la République française et le chancelier allemand, pour célébrer le 40 ème anniversaire du Traité de l'Elysée, et prolonger donc cette amitié franco-allemande jusque dans nos territoires, au c¿ur même de la société des deux pays.

Je vous remercie.


(Sourcehttp://www.premier-ministre.gouv.fr, le 3 novembre 2003)

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