Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à "France Antilles" le 31 octobre 2003, sur l'enjeu des consultations locales organisées sur l'évolution institutionnelle des Antilles. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à "France Antilles" le 31 octobre 2003, sur l'enjeu des consultations locales organisées sur l'évolution institutionnelle des Antilles.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Brigitte, SIVATTE Karl.

FRANCE. Ministre de l'outre-mer

Circonstances : 9e Conférence des présidents des régions ultrapériphériques en Martinique le 31 octobre 2003

ti : France-Antilles : Dans quel état d'esprit allez vous participer aux travaux des RUP ?

Brigitte Girardin : Je suis heureuse que la présidence martiniquaise de la conférence des RUP puisse nous accueillir et faire un point sur des dossiers importants à un moment où l'élargissement de l'Europe fait que nous devons faire en sorte de préserver la spécificité de ces régions ultrapériphériques .


France-Antilles : La question relative à la consultation du 7 décembre ne pouvait-elle pas être plus simple ?

Brigitte Girardin : Nous avons pris l'avis du Conseil d'Etat et il y a deux éléments très importants sur lesquels ce dernier a précisé qu'il fallait absolument que la population soit consultée. C'est une obligation constitutionnelle car sur ces deux éléments, la population a un véritable droit de veto. C'est premièrement le régime législatif : la question dit bien que la Martinique reste dans l'article 73 qui est le régime de l'identité législative avec possibilité d'adaptation. Le deuxième élément est qu'il est proposé de créer une collectivité se substituant au Département et à la Région avec une assemblée unique. Sur ces deux éléments, la population a un droit de veto. Le Conseil d'Etat nous a demandé de les formuler et de les préciser dans la question aux électeurs, sachant que le décret vise le document d'orientation qui a fait l'objet d'un large accord des élus .

France-Antilles : Ce document est-il suffisamment connu ?

Brigitte Girardin : Ce document se doit d'être connu par tous les électeurs pour qu'ils sachent exactement vers quoi l'on s'engage dans l'hypothèse où le résultat serait positif. Ce document va être rendu public et j'imagine que dans les professions de foi des uns et des autres qu'il y figurera. Ce document, en cas de résultat positif, servira de feuille de route ou de base de travail pour élaborer ensuite un projet de loi .


France-Antilles : Le gouvernement s'engagera-t-il ou prendra-t-il position ?

Brigitte Girardin : Je ne veux pas que l'on se trompe de débat et que l'on induise en erreur les électeurs. Le gouvernement ne prend pas position ni pour le oui ni pour le non. Ce n'est pas son projet, c'est celui des élus¿

Maintenant c'est à vous, ici, de décider de ce que vous voulez. Ce n'est pas à Paris de vous dicter un modèle et de vous imposer quoi que ce soit. Ce projet est celui de vos élus et c'est l'honneur de vos élus de vérifier que la population est en phase avec ce qu'ils proposent. Je ne veux pas que l'on transforme cette consultation en oui ou non à l'indépendance¿ .

France-Antilles : Certains évoquent des risques de dérive¿

Brigitte Girardin : ¿Ce serait faire injure au gouvernement et au président de la République car c'est lui qui pose la question et qui convoque les électeurs. Je crois que ce n'est un secret pour personne, le président de la République a un tel attachement, une telle passion pour l'outre-mer, qu'il ne peut pas poser une question qui porterait en germe un risque de sortie de la République, de largage. L'évolution proposée par les élus est conforme à la constitution. Elle s'inscrit dans un cadre sécurisé qui est celui de la République. Cette révision constitutionnelle est un ancrage sans précédent de nos collectivités dans la République et si jamais un jour la Martinique voulait sortir de la France, il faudrait modifier la constitution. Donc ce n'est pas évident .

France-Antilles : C'est en quelque sorte un appel à la sérénité que vous lancez à nouveau ?

Brigitte Girardin : Je crois que chacun doit être bien conscient que ce qui lui est proposé ne comporte aucun risque, aucun danger. La Martinique est dans la France de façon vraiment très forte. Quant aux évolutions qui peuvent vous être proposées, nous veillons à ce qu'elles ne soient pas dangereuses et qu'elles ne signifient pas un désengagement de l'Etat à votre égard.

(Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 4 novembre 2003)

Rechercher