Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'Equipement, des transports, du logement du tourisme et de la mer, sur la coordination nécessaire de la politique européenne en matière de sécurité routière, à Vérone le 23 octobre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'Equipement, des transports, du logement du tourisme et de la mer, sur la coordination nécessaire de la politique européenne en matière de sécurité routière, à Vérone le 23 octobre 2003.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Conseil informel des ministres européens des transports à Vérone en Italie le 23 octobre 2003

ti : Monsieur le Président,
Madame la Commissaire,
Mes chers Collègues,

Nous vous remercions de nous avoir convié à ce Conseil informel sur la sécurité routière.

Nous y participons, avec humilité car pendant de très nombreuses années nous avons été parmi les mauvais élèves de la classe européenne. Nous y participons aussi avec détermination, car nous savons qu'en la matière il n'y a pas de fatalité et qu'avec la volonté politique on peut être efficace.

Notre mobilisation s'est caractérisée par un engagement collectif sans précédent de plusieurs ministres, des collectivités territoriales, des forces de l'ordre, des magistrats, mais aussi des médias locaux et nationaux, et bien sûr des associations.

Cette mobilisation a permis au cours des douze derniers mois, de sauver 1 500 vies et d'épargner 26 000 blessés comparés aux douze mois précédents, soit une baisse de 20 % en un an. Seuls les carrossiers sont déçus.

Peut-on se satisfaire de ces résultats ?

Il faut combattre cette auto-satisfaction avec énergie sinon ce serait accepter que 6 000 personnes, le plus souvent innocentes, soient encore victimes chaque année de l'égoïsme et de l'inconscience. Ce serait aussi admettre que cette baisse est irréversible ce qui est loin d'être le cas.

Comment franchir un nouveau cap ?

Certes, nous pouvons agir chacun dans nos pays respectifs de façon séparée mais je suis convaincu que l'efficacité passe par la coordination des actions dans le cadre d'un programme européen.

Ce conseil informel doit être pour nous l'occasion de dire si nous sommes prêts à étudier et à soutenir un certain nombre d'initiatives communes précises.

- Sommes-nous prêts à étudier et à adopter un code de la route européen avec les moyens juridiques et techniques et le faire respecter par tous et partout de façon équitable. La France y est prête.

- Sommes-nous prêts à tout mettre en oeuvre pour supprimer le sentiment d'impunité comme celui qu'éprouvait un conducteur dont j'ai assisté au contrôle cet été. Ressortissant d'un état voisin, domicilié ailleurs en Europe, il ignorait la limitation de vitesse en France et conduisait à 211 km/h. La France y est prête.

- Sommes-nous prêts à faire aboutir rapidement l'harmonisation du temps de conduite pour les chauffeurs professionnels ? La France y est prête.

- Sommes-nous prêts à harmoniser les limitations de vitesse dans chacun de nos pays ? La France y est prête.

- Sommes-nous prêts à engager des travaux sur l'harmonisation des taux d'alcool autorisés, sur les conditions d'utilisation du téléphone portable, sur l'obligation des feux de jour, sur les éthylotests embarqués dans les voitures, sur les niveaux minimums de contrôles ? La France y est prête.

- Sommes-nous prêts également à développer ensemble à la fois la sécurité des véhicules et la responsabilisation des conducteurs grâce aux systèmes d'aide à la conduite et grâce à l'adoption d'une norme communautaire sur les enregistreurs de données d'accidents ? La France y est prête.

- Enfin, aurons-nous un jour le courage d'aborder la question du bridage des véhicules techniquement appelé limitation par construction de la vitesse ? La France y est prête.

Dans notre Europe bientôt élargie, chaque année plus de 52.000 vies sont sacrifiées sur la route. Chaque année l'équivalent des habitants des villes de Vérone, Venise et Milan sont blessés sur les routes. La réduction majeure dont vous avez parlé Monsieur le Président nécessite des changements majeurs dans notre approche commune de la sécurité routière. Avec votre impulsion, Monsieur le Président, et celle de la Commission, nous y sommes prêts.

La France soutient cette déclaration de Vérone et la considère comme un point de départ déterminant.

(source http://www.equipement.gouv.fr, le 3 novembre 2003)

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