Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, aux élus locaux français issus de l'immigration réunis lors d'un colloque sur le thème "Réussir l'intégration : le défi républicain", Paris le 25 octobre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, aux élus locaux français issus de l'immigration réunis lors d'un colloque sur le thème "Réussir l'intégration : le défi républicain", Paris le 25 octobre 2003.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. UMP

Circonstances : Premier colloque des élus locaux français issus de l'immigration, organisé par le Mouvement national des élus locaux (MNEL) au Sénat le 25 octobre 2003

ti : Madame la Ministre, chère Tokia SAÏFI,
Monsieur le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations,
cher Francis MAYER,
Madame la Conseillère du Président de la République, chère Blandine KRIEGEL,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus locaux,
Chers amis,

D'emblée, je veux remercier mon ami André SANTINI d'avoir accepté de vous délivrer ce message de soutien en ouverture de ce premier colloque consacré aux élus locaux français issus de l'immigration.

Retenu par des obligations contractées de longue date et auxquelles je n'ai pu me soustraire, j'ai souhaité vous apporter, en dépit de mon absence, mon soutien personnel dans cette démarche aussi singulière qu'exemplaire.

Cette rencontre des élus locaux français issus de l'immigration constitue, en effet, une grande première.

En tant que Président du Sénat, assemblée parlementaire à part entière, mais aussi, - c'est un plus -, représentant constitutionnel des collectivités territoriales de la République, je suis fier de vous accueillir pour cette matinée d'échanges et de débats, à l'évidence utiles, et dont je sais, par avance, compte tenu de la qualité des intervenants, qu'ils seront fructueux.

A tous, Mesdames, Messieurs les élus locaux, je tiens à souhaiter la bienvenue dans la Maison des collectivités locales, c'est-à-dire dans votre maison.

C'est pour moi, en effet, l'occasion de réaffirmer les valeurs républicaines qui fondent notre pacte républicain et notre " vouloir vivre ensemble ", valeurs essentielles, mais trop souvent mises à mal ces dernières années.

En ce sens, je souhaitais vous témoigner ma profonde reconnaissance, car vous représentez un modèle et un exemple pour les jeunes générations.

Au-delà des caricatures parfois véhiculées, vous démontrez, par votre engagement, que notre République constitue encore un puissant modèle d'intégration.

Au moment où un débat s'engage, dans notre pays, sur l'avenir de la laïcité, votre présence démontre aussi la valeur de ce principe fondamental. Et la laïcité, comme vient de le rappeler tout récemment le Président de la République, " n'est pas négociable ". Car elle est consubstantielle de la République et de la citoyenneté.

Pour être plus forte, la République doit se donner les moyens d'offrir à toutes et à tous la possibilité d'être reconnus en participant à la vie de la cité.

Notre République ne sera jamais l'addition de communautés, mais bien leur dépassement autour de nos valeurs communes de liberté, d'égalité et d'humanité. Notre République n'est pas une fédération de communautés, mais une communauté de citoyens.

C'est pourquoi, je forme le v¿u que la Commission STASI sur la laïcité, dont le Sénat a l'honneur d'accueillir les travaux, puisse trouver le juste équilibre entre la garantie des croyances religieuses, qui doivent continuer à relever de la sphère privée, et la nécessité de conférer aux acteurs de la cité les moyens de faire respecter nos valeurs fondamentales, fut-ce en réformant la loi.

Mesdames, Messieurs, je suis persuadé que vos travaux permettront d'engager un débat serein et constructif. Il en va de l'avenir de notre démocratie !

A nous de prendre nos responsabilités pour faciliter l'engagement de ceux qui souhaitent s'investir au service de l'intérêt général mais qui, trop souvent encore, pâtissent parfois de l'indifférence, pour ne pas dire de l'intolérance.

Alors, Monsieur le Président, je me réjouis de votre volonté de ne pas laisser lettre morte cette initiative en permettant au Mouvement national des élus locaux de poursuivre, par le biais de quatre commissions thématiques, les échanges qui s'engageront ce matin.

Je suis donc fier que les élus locaux de la majorité réfléchissent pour soutenir, de manière déterminée, ceux qui, dans les quartiers et les communes de France, font battre le c¿ur de notre démocratie.

Car je crois fondamentalement aux vertus de l'exemple. Nous devons vous donner les moyens de prendre votre place dans tous les secteurs de la société - assemblées locales, mais aussi entreprises, universités, associations ¿ - pour que notre modèle républicain d'intégration permette aux quatrième et cinquième générations de Français issus de l'immigration d'être enfin reconnus comme les citoyens à part entière qu'ils sont par essence.

Alors, ensemble, faisons confiance au Premier ministre, dont je connais la conviction personnelle, pour vous offrir les raisons de l'espérance, pour démontrer que notre République parvient encore à intégrer toutes celles et tous ceux dont la diversité fonde la richesse.

A cet égard, l'école doit pleinement assumer son rôle de transmission des savoirs et d'intégration citoyenne, en permettant au plus grand nombre de prendre " l'ascenseur social " trop souvent en panne.

Aujourd'hui, il s'agit de savoir de quel modèle de société nous voulons. Après le 21 avril 2002, nous devons engager, sans délais, un débat responsable pour bâtir ensemble une nouvelle République, une République réconciliée, une République pacifiée. Il en va de notre responsabilité en tant qu'élus d'apporter une réponse claire et sans ambiguïté à ceux dont le seul programme politique se résume à l'anathème, à l'exclusion et à l'ostracisme.

C'est pourquoi, encore une fois, je vous redis ma fierté d'accueillir cette première rencontre, dont je sais qu'elle ne restera pas sans lendemain.

Je souhaite plein succès à vos travaux.


(Source http://www.senat.fr, le 14 novembre 2003)


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