Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "Le Progrès" du 11 novembre 2003, sur la position de la France vis à vis de la situation actuelle en Irak, les cérémonies du 11 novembre, la restructuration de GIAT industries et les élections régionales de 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "Le Progrès" du 11 novembre 2003, sur la position de la France vis à vis de la situation actuelle en Irak, les cérémonies du 11 novembre, la restructuration de GIAT industries et les élections régionales de 2004.

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle, BROCHET Francis, LE STIR François.

FRANCE. Ministre de la défense

ti :
Le Progrès :
Comment jugez-vous la situation militaire en Irak?

Michèle Alliot-Marie :
Elle souligne la pertinence de notre analyse, qui est la nécessité de rendre le plus rapidement possible aux Irakiens la maîtrise de leur devenir et de leurs institutions. Beaucoup ont le sentiment de faire face à des armées d'occupation, et tant que ce sentiment persistera, il suscitera un soutien tacite ou explicite de la population à des actions contre ces armées. Le plus préoccupant est d'ailleurs que cette attitude de rejet, d'abord dirigée contre les seuls Américains, s'est étendue à toutes les forces coalisées, puis à l'ensemble du monde occidental.

Peut-on déjà parler d'un " enlisement " américain ?

La situation est très difficile. En Irak, mais aussi aux Etats-Unis pour George Bush : s'il se retire, il donne l'impression d'une défaite; s'il reste, il s'expose à l'enlisement... Mais nous, Français et Occidentaux, n'avons aucun intérêt à ce qu'émerge le sentiment d'une défaite de l'Occident en Irak.

A quoi servent toutes ces cérémonies du 11 Novembre, 85 ans après ?

D'abord à rappeler que la paix et la liberté ne sont jamais des acquis définitifs. Ensuite à souligner le sens du sacrifice individuel pour les autres. Je trouve chez les jeunes d'aujourd'hui un grand altruisme, mais ils manquent parfois de repères. Ces cérémonies doivent donc aussi permettre la transmission des valeurs générales de la Nation. Enfin, dans une période où l'on nous parle de déclin, elles nous montrent qu'il ne faut jamais baisser les bras.

Les syndicats de Giat menacent de bloquer les usines, en protestation contre le plan social. Votre réaction ?

Nous sommes dans une période pré-électorale (syndicale), propre à toutes tes surenchères. Mais soyons responsables. J'ai trouvé le Giat dans un état dramatique. On m'a même suggéré de le vendre par appartements. J'ai refusé, pour sauvegarder les compétences de Giat, et parce que la France a besoin d'une industrie de l'armement terrestre, quitte à l'insérer dans un ensemble européen. J'ai donc demandé à la direction de Giat de préparer un vrai projet industriel, afin de pouvoir répondre au plan de charge réel, pas imaginaire, qu'offre la loi de programmation militaire. II faut ensuite réduire les effectifs, comme le reconnaissent tous les experts, pour amener le nombre d'emplois au niveau des entreprises britannique (2 200 emplois) et allemande (2 400). Dans ce cadre, j'ai demandé que chaque employé de Giat ait plusieurs propositions de réemploi. Troisième volet du plan, l'aménagement du territoire, qui a déjà débouché sur des implantations nouvelles à Tulle, Roanne et Cusset. Et nous sommes en négociation sur un projet de plusieurs centaines d'emplois à Saint-Chamond. Je comprends l'inquiétude des personnels, mais cette fois, après tant de plans, on donne l'assurance de repartir sur de bonnes bases.

Et les protestations des élus de la majorité, comme du conseil régional, vous Ies attribuez aussi à la période préélectorale ?

Non, mais à une connaissance insuffisamment précise de la réalité.

Ils sont pourtant sur place !

Justement, ils ne voient pas forcément l'équilibre économique général. Si j'avais écouté les élus, chacun aurait conservé sa petite activité de Giat, alors que, pour faire face à la concurrence, Giat a absolument besoin de regrouper des activités. Je comprends la réaction des élus, mais l'enjeu est bien de sauver Giat.

Les élections régionales verront en Rh6ne-Alpes, comme dans beaucoup de régions, deux listes de la majorité en Iice. Qu'en pensez-vous ?

Je le regrette, car nos électeurs, qui en ont assez des bagarres de personnes, souhaitent l'unité pour répondre à leurs préoccupations et aux besoins du pays. On peut avoir des différences d'appréciation, mais je déplore le type d'attaques que l'on entend aujourd'hui.

Source http://www.defense.gouv.fr, le 18 novembre 2003)

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