Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur l'incendie d'un établissement scolaire juif à Gagny (Seine-Saint-Denis) et les mesures de lutte contre l'antisémitisme et les violences racistes, à l'Assemblée nationale le 18 novembre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, en réponse à une question sur l'incendie d'un établissement scolaire juif à Gagny (Seine-Saint-Denis) et les mesures de lutte contre l'antisémitisme et les violences racistes, à l'Assemblée nationale le 18 novembre 2003.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale 18 novembre 2003, question de M. Roger Pandraud (UMP). Incendie d'une école juive à Gagny (Seine-Saint-Denis) le 15 novembre

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,

Permettez-moi tout d'abord d'associer l'ensemble du Gouvernement au message de respect et de recueillement que vous avez adressé aux victimes de la catastrophe de Saint-Nazaire, victimes des familles, toute cette entreprise, cette ville, cette région qui ont été si profondément touchées.

Monsieur le député,

Le Président de la République l'a dit, hier, avec fermeté : "Toute agression contre la communauté juive est une agression contre la France". L'idée d'antisémitisme, est une négation de l'esprit, une négation de la République. Nous avons, dans le contexte que vous avez décrit, décidé d'organiser une mobilisation forte de l'action gouvernementale sous l'impulsion du président de la République qui a souhaité, d'une part, organiser un Conseil restreint sur le sujet, d'autre part, demandé au Gouvernement de mettre en place un comité interministériel rassemblant tous les ministres concernés, tous les mois, pour faire l'évaluation de la situation et l'évaluation des moyens mis en oeuvre pour lutter contre ce fléau inhumain.

Cette détermination nous conduit d'abord, dans une approche pénale, à renforcer nos moyens. Vous avez d'ores et déjà, avec la loi de février 2003, loi dite "Lellouche", donné à notre législation les moyens d'intervenir avec sévérité contre le racisme et contre l'antisémitisme. Instruction a été donnée par le Garde des sceaux aux procureurs pour qu'on puisse procéder avec fermeté, rapidité aux arrestations nécessaires, mais aussi à des sanctions sévères. C'est pour cela que je suis, aujourd'hui, heureux de vous annoncer que l'individu qui a agressé récemment à Ris-Orangis un rabbin, est aujourd'hui en prison. Et que sévérité est faite, et autorité exprimée contre tous ceux qui, s'attaquant à quelque citoyen, que ce soit en raison de sa religion, de sa race ou de la couleur de sa peau, doit être condamné avec la plus grande des sévérités.

Une action pénale d'abord, une action préventive et de sécurité ensuite, en Seine-Saint-Denis, comme ailleurs, partout où il y a menace, M. le député. Les moyens sont dégagés pour surveiller, avec encore plus de vigilance, les lieux de culte, les lieux d'éducation, tous les lieux qui peuvent être les cibles de ces actes de sauvagerie.

C'est pour cela que des moyens de sécurité sont mis en place et une directive a été adressée à l'ensemble des préfets pour que la mobilisation soit véritablement nationale, contre l'antisémitisme et le racisme.

Enfin, vigilance est également nécessaire dans l'Education. Et le ministre de l'Education s'est adressé à l'ensemble des recteurs pour que les mesures de sécurité dans les établissements soient engagées. Que les mesures de discipline soient également prises. Et comme il l'a fait récemment, également que, vis-à-vis de l'édition scolaire, on soit plus vigilants pour lutter contre toute banalisation de ces idées qui conduisent, à un moment ou à un autre, à accepter l'intolérable. C'est pour cela que nous serons particulièrement vigilants, dans les établissements, mais aussi dans tous les outils pédagogiques, y compris Internet, pour que la lutte contre le racisme, contre l'antisémitisme soit permanente.

Comme l'a souhaité le Président de la République, je réunirai donc tous les mois le Comité interministériel. Et je vous invite, tous, toute la représentation nationale, à nous mobiliser, aujourd'hui, sur ce combat qui est le combat de la République. N'oublions pas que toute société, qui oublie son passé, se condamne à le revivre. Et comme le dit un grand texte : "Souviens-toi du futur".


(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 19 novembre 2003)

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