Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer sur le développement du transport fluvial ces cinq dernières années et son rôle dans l'ensemble des chaînes logistiques de transport, Paris le 13 novembre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer sur le développement du transport fluvial ces cinq dernières années et son rôle dans l'ensemble des chaînes logistiques de transport, Paris le 13 novembre 2003.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Colloque sur le transport fluvial à Paris le 13 novembre 2003

ti :
Après vos tables rondes sur la place du transport fluvial dans la stratégie des entreprises, c'est avec grand plaisir que je viens ouvrir la seconde partie de votre colloque centrée sur les politiques publiques.

Beaucoup d'entre vous ont suivi ou se sont impliqués dans les rapports très complets et dans les débats qui se sont succédés depuis quelques mois sur les transports.

Nous arrivons maintenant au temps des bilans et surtout au temps des décisions dans le cadre, ici bien choisi, du développement durable.

Qui mieux que le fluvial peut en effet présenter un meilleur bilan pour les transports et le développement durable sur ces cinq dernières années ?

D'une part, sur le réseau au grand gabarit et ses affluents, le trafic s'est accru de 22 % ces dernières années, utilisant des infrastructures loin d'être saturées et permettant aux marchandises d'aller au coeur des agglomérations, là où justement les populations ne souhaitent pas d'excès de camions.

D'autre part, le transport fluvial a montré son dynamisme en gagnant de nouveaux marchés et en y prenant une place non seulement de transporteur mais aussi d'organisateur en évitant par exemple le dédouanement aux ports maritimes.

L'exemple récent du succès des conteneurs sur le Rhône et les lignes nouvelles sur la Seine jusqu'à Nogent sur Seine ou Bonneuil montre que le transport fluvial peut avoir une place dans l'ensemble des chaînes logistiques complexes et pas seulement pour les matériaux de constructions ou les céréales. Les témoignages de la journée nous le confirment. L'État se doit d'impulser, par ses aides au transport combiné, cette croissance du conteneur.

Certes, nous ne sommes pas au niveau du Rhin, fleuve d'excellence pour l'ensemble des marchés fluviaux.

Pour les produits chimiques par exemple le Rhin transporte près de 20 % des tonnages alsaciens alors qu'aucun des autres grands bassins fluviaux français ne dépasse les 10 %. Nous sommes sur les mêmes ordres de grandeur pour les produits agricoles. Beaucoup de chiffres de même nature pourraient être présentés et indiqueraient la grande capacité disponible sur la voie d'eau, à condition d'être dans un réseau à grand gabarit et d'avoir des acteurs portuaires efficaces aux extrémités.

Le transport fluvial n'est pas l'acteur majoritaire du marché des transports de marchandises. Il ne s'agit donc pas d'être incantatoire, mais de permettre aux acteurs économiques du fluvial de développer leurs activités. L'ensemble des actions sur les embranchements fluviaux de VNF par exemple, va dans ce sens, en contractualisant avec les partenaires industriels et fluviaux.

Certes, pour les voies navigables, les enjeux se situent dans un premier temps dans la restauration et la sauvegarde du patrimoine existant. Le réseau est en effet encore en mauvais état sur une part importante. Il ne faut pas le nier. Le contrat d'objectifs et de moyens, en cours d'élaboration avec VNF et l'État, permettra, je le souhaite, d'indiquer pour le réseau magistral des transports de marchandises, le niveau de qualité que vous attendez pour encore accroître vos acheminements fluviaux.

Les acteurs industriels ou artisans de la voie d'eau, ainsi que leurs partenaires, devront être intégrés lors de cette élaboration. Il s'agit là, de se rapprocher de la qualité et de la fiabilité de la production industrielle et franchir une étape pour consolider la confiance réciproque entre les industriels, les transporteurs et VNF.

Cette étape permettra, je n'en doute pas, d'aborder de nouveaux trafics ou de consolider ceux existants. L'État assumera aussi son rôle, via son établissement public, éventuellement modernisé dans ses missions de développement du transport par voie d'eau.

C'est également à nous de préparer ensemble les choix futurs qui se font dans un contexte évidemment européen.

Le gouvernement a ouvert le débat avec un audit factuel et nécessaire avant toute décision. Je me répète ici, mais il ne s'agit plus d'agir par incantation mais bien avec tous les éléments économiques, financiers et politiques.

Je dois remercier, dans ce cadre, Nicolas JACQUET et la DATAR d'avoir complété et replacé au niveau européen, les projets et notamment Seine-Nord.

Ensuite, nous avons bien entendu, le débat au Parlement qui nous a demandé de concentrer une grande part de l'action gouvernementale sur de grandes infrastructures -en particulier le projet de canal Seine-Nord Escaut pour le fluvial- tout en nous rappelant la nécessité d'un engagement gouvernemental raisonné en termes de financement. Ce dernier point reste encore difficile à équilibrer, mais il est essentiel.

Enfin, au niveau communautaire, si dans le projet de révision des réseaux trans-européens, la commission n'avait pas retenu le projet Seine-Nord Europe dans ses premières esquisses, j'ai immédiatement proposé à deux de nos partenaires, la Belgique et les Pays-Bas, de mener une action commune en faveur de l'évolution de cet axe qui se prolonge en Belgique.

Nous avons remis ensemble un courrier à la Commission, nous avons défendu conjointement le projet au conseil transport, et je pense que ces actions ont été comprises et que ce projet rejoindra le peloton de tête des projets prioritaires pour l'Europe.

Je crois essentiel que les premiers travaux exploratoires concernant le financement de Seine-Nord Europe aient permis d'indiquer que le péage pourrait au moins assurer l'équilibre des coûts d'exploitations ainsi qu'une part des investissements. Il conviendra d'approfondir ces éléments de financement lorsque les grandes décisions seront prises.

Pour ma part, je suis convaincu qu'un ouvrage de cette nature, en terme d'aménagement du territoire, de développement économique, et de transport durable est essentiel pour l'Europe.

Vous comprendrez bien qu'il en est de même au niveau français. Cet après-midi, les parlementaires témoins nous confirmeront une fois encore l'importance qu'ils apportent à ce projet. Je pense notamment à mon ami Philippe MARINI et au Sénateur Daniel PERCHERON, qui, confrontés l'un et l'autre à la croissance de la route et de l'encombrement des axes routiers, notamment dans les agglomérations, ont aussi témoignés en juin, devant le Premier Ministre de l'importance de ce projet.

Il y a là, au delà de la croissance récente du fluvial, les vrais signes de la confiance que porte la société française et ses représentants au transport fluvial, fixant ainsi le cadre qu'il mérite et, je le confirme, la volonté politique en faveur du fluvial.

Les décisions sont en cours de préparation par le gouvernement. Elles seront prises lors d'un CIADT à la mi-décembre. C'est presque trop tôt que VNF a organisé cette journée. Vous savez tout de même quel est mon voeu et combien nous sommes vigilants aux bonnes conditions du développement du transport fluvial.

Je vous remercie de votre attention et bonnes tables rondes pour cet après-midi.

(source http://www.equipement.gouv.fr, le 14 novembre 2003)

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