Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à l'AFP du 4 décembre 2003, sur les référendums de la Guadeloupe et de la Martinique. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à l'AFP du 4 décembre 2003, sur les référendums de la Guadeloupe et de la Martinique.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Brigitte, DELPUECH Corinne.

FRANCE. Ministre de l'outre-mer

ti : En quoi les scrutins des Antilles diffèrent-ils de celui de juillet en Corse ?

Brigitte GIRARDIN : La comparaison avec la Corse n'a pas lieu d'être, pour deux raisons essentielles. D'abord, la création d'une collectivité unique se substituant à la région et au département n'est pas un projet du Gouvernement ; c'est une proposition des élus locaux visant à trancher un débat vieux de plus de vingt ans. Le Gouvernement n'a pas de position, le temps est fini où Paris décidait de tout. Le choix appartient aux électeurs de la Guadeloupe et de la Martinique et à eux seuls.

Ensuite, la consultation organisée en Guadeloupe et en Martinique est fondée sur une procédure constitutionnelle spécifique à l'outre-mer. La décision de consulter les électeurs est un pouvoir propre dévolu au Président de la République qui peut le décider sans qu'il y ait lieu de soumettre préalablement un projet de loi au Parlement.

Le Gouvernement a nécessairement une préférence pour un des deux modèles institutionnels proposés. Pourquoi ne l'exprime-t-il pas ?

Brigitte GIRARDIN : Je vous assure que le Gouvernement n'a vraiment aucune préférence. Quel qu'il soit, le choix des électeurs n'aura aucun effet sur les liens qui unissent les Antilles à la République.

Je ne vois pas pourquoi il faudrait que Paris donne son avis sur tout et particulièrement dans ce débat strictement local.

Pourquoi Guyane et Réunion ne participent-elles pas au processus ?

Brigitte GIRARDIN : La Réunion n'a rien demandé. Quant à la Guyane, le projet politique n'est ni finalisé formellement, ni adopté par une large majorité des élus de chacune des assemblées locales (Conseil général et Conseil régional). Avant d'engager la procédure pour consulter les populations, il est indispensable de constater un large accord politique local sur un document d'orientation qui ne pose aucun problème juridique ou de constitutionnalité.


Propos recueillis par Corinne DELPUECH

(source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 5 décembre 2003)

Rechercher