Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à "France-Antilles" du 9 décembre 2003, sur le bilan de la consultation référendaire aux Antilles. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, à "France-Antilles" du 9 décembre 2003, sur le bilan de la consultation référendaire aux Antilles.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Brigitte, GALLION Gabriel.

FRANCE. Ministre de l'outre-mer

ti : France-Antilles : Considérez-vous ce scrutin comme une réussite alors que moins de la moitié de la population s'est exprimée ?

Brigitte GIRARDIN : Le taux de participation est supérieur à ce qu'étaient ceux des scrutins ultérieurs, notamment les régionales, législatives et cantonales. Je ne fais pas référence au référendum sur le quinquennat qui est particulièrement faible. Aussi, je considère que ce scrutin est une réussite parce que la participation témoigne de l'intérêt des électeurs pour un débat qui engageait l'avenir de leur île. Et cela est très important. C'est une réussite parce que les échanges se sont faits dans la sérénité, le calme et que les uns et les autres se sont respectés. Je suis particulièrement heureuse de voir cette manifestation de la démocratie d'autant que l'expression a été totalement libre. N'oublions pas que c'est la première fois que les électeurs s'exprimaient sur un sujet qui portait sur leurs institutions.

France-Antilles : Malgré le résultat négatif, ne peut-il pas être envisagée une réflexion sur la réforme administrative, une révision du fonctionnement de ces institutions ?

Brigitte GIRARDIN : Je rappelle qu'il y avait quatre consultations et que nous avons deux réponses positives et deux réponses négatives, sur deux types de questions différentes. Maintenant peut-on malgré tout simplifier le dispositif ? Je réponds non. Je rappelle qu'en 82 le conseil constitutionnel a censuré ce type d'entreprise. Depuis la révision de la Constitution, cela est possible mais avec consentement obligatoire des électeurs. Donc, rien n'est possible sans leur consentement et la réponse donnée est définitivement non. On pourrait certes les reconvoquer sur un sujet identique, mais cela implique une très large majorité des élus sur une proposition. Je constate aujourd'hui que les électeurs se sont prononcés et ont dit Non. Le débat qui durait depuis vingt ans est donc clos et tranché. Et je crois qu'il ne servirait à rien d'en discuter alors que la population s'est exprimée.

France-Antilles : Mme Michaux-Chevry a regretté hier que l'UMP ne se soit pas plus impliquée dans la campagne, alors que François Bayrou est venu sur place soutenir les partisans du Non. N'y a-t-il pas un déficit d'explication qui expliquerait le résultat ?

Brigitte GIRARDIN : C'est le projet des élus et il leur revenait de le défendre, de l'expliquer. Je ne vois pas pourquoi l'UMP serait venue dire aux électeurs de Guadeloupe et de Martinique comment voter. Je rappelle que, dans cette campagne, deux formations politiques nationales se sont impliquées ; ce sont l'UDF et le Front national qui ont appelé à voter Non. Or, nous étions dans la logique d'un scrutin local, sur un problème local et qui appelaient une réponse locale. Ce sont les élus qui étaient impliqués dans cette campagne et dans ce débat et je ne vois pas pourquoi l'UMP serait venue donner des leçons. Je pense plutôt que cela aurait été très mal perçu.

France-Antilles : Est-ce que vous regrettez quelque chose, une explication plus implicite de votre part ?

Brigitte GIRARDIN : Je ne regrette rien. Je me félicite que ce gouvernement ait enfin réglé une question latente depuis vingt ans. Je me réjouis que les électeurs se soient mobilisés pour répondre à une question à laquelle ils étaient invités à répondre pour la première fois. C'était un scrutin historique. Le sentiment de peur que d'aucuns ont agité n'a pas eu d'effet, sinon nous n'aurions pas un résultat aussi serré à la Martinique, un score aussi net à la Guadeloupe et les deux réponses données par les îles du nord que sont Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Lesquelles avaient à se prononcer sur un projet plus audacieux. Non, je ne regrette rien.


Propos recueillis par Gabriel Gallion


(source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 12 décembre 2003)

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