Interview de M. Alain Juppé, président de l'UMP, au journal "Métro" du 3 décembre 2003, sur la popularité du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le débat sur le voile et la laïcité, la préparation aux élections régionales de 2004, la proposition d'établir un service garanti dans les transports en période de grève. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Alain Juppé, président de l'UMP, au journal "Métro" du 3 décembre 2003, sur la popularité du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le débat sur le voile et la laïcité, la préparation aux élections régionales de 2004, la proposition d'établir un service garanti dans les transports en période de grève.

Personnalité, fonction : JUPPE Alain, VERMELIN Jérôme.

FRANCE. UMP, président

ti : QUESTION.- Quel est votre message aux électeurs de l'UMP à l'heure où Jean-Pierre Raffarin connaît des difficultés dans les sondages ?

A. JUPPE.- Il faut savoir prendre les sondages avec distance et sérénité. Depuis un an et demi, le gouvernement a beaucoup travaillé. Que ce soit les retraites, la sécurité, la défense nationale ou les 35 heures, beaucoup de réformes positives ont été engagées. Et il y a de vraies avancées. Aujourd'hui, quelqu'un qui a commencé à travailler à 14 ou 15 ans et qui a cotisé 40 ans peut partir à la retraite avant 60 ans. Nous allons continuer à réformer notre pays avec trois grands objectifs : l'Education nationale, l'assurance maladie, et la réforme des administrations publiques afin d'éviter les gaspillages et d'améliorer le service aux Français.

QUESTION.- Vous avez évoqué le débat sur l'école. Quelles doivent être les priorités du gouvernement ?

A. JUPPE.- La première priorité, c'est de s'assurer qu'à la fin de l'école élémentaire, tous nos enfants sachent lire, écrire et compter. Pour cela, il faut se concentrer sur ce que l'on appelle les savoirs fondamentaux et choisir le bon moment pour évaluer les connaissances, à la fin du CE2 et à l'entrée en 6e. Les professeurs savent parfaitement repérer les enfants en difficulté, et il s'agit là de renforcer un soutien scolaire spécifique. La deuxième priorité, c'est de remettre à l'honneur les filières professionnelles et l'enseignement en alternance. Tout le monde n'est pas fait pour s'engager dans de longues études à caractère général : chacun doit trouver sa place. La troisième priorité enfin, c'est de redonner aux enseignants la confiance et le respect de toute la collectivité nationale.

QUESTION.- Le débat sur le voile à l'école ne risque-t-il pas d'occulter le débat sur l'école ?

A. JUPPE.- Je ne crois pas. Le débat sur le voile concerne l'école mais il met aussi en cause beaucoup d'autres choses, comme la condition de la femme et l'égalité entre les sexes. Lors du conseil national de l'UMP, nous avons rappelé qu'en matière de laïcité la loi existait déjà. En revanche s'agissant des enfants en primaire, au collège et au lycée, il faut clarifier le droit car la jurisprudence du Conseil d'Etat n'est pas claire, annulant parfois les décisions de certains chefs d'établissement. Il faut donc que le port ostentatoire de signes politiques ou religieux soit prohibé. Ostentatoire parce qu'il y a des choses qui ne choquent personne : une petite croix, une main de fatma, une étoile de David. En revanche, certains signes sont provocateurs, révèlent un engagement politique qui crée un trouble à l'ordre public.

QUESTION.- Qui est le véritable adversaire de l'UMP en vue des régionales. Le PS ou l'UDF ?

A. JUPPE.- C'est la gauche naturellement, tous ceux qui combattent le président de la République et le gouvernement. C'est aussi bien le PS, le PCF, les Verts, que l'extrême droite et les extrémismes en général. Nous souhaitons que François Bayrou et ses amis se positionnent clairement dans la majorité.

QUESTION.- Le service garanti dans les transports va-t-il voir le jour ?

A. JUPPE.- Oui. Notre groupe à l'Assemblée nationale va demander au gouvernement de régler le problème dans les six mois. Il faut d'abord ouvrir l'espace à la négociation, que la discussion s'enclenche avec les partenaires sociaux dans les entreprises concernées, la RATP, la SNCF, pour trouver un mécanisme de régulation. Il existe bien à EDF où on peut faire grève sans couper le courant !

QUESTION.- L'amendement Garraud créant l'interruption involontaire de grossesse (IIG) a ému jusque dans les rangs de l'UMP. Des groupes de pression auraient-ils agi dans le dos de votre parti ou s'agit-il d'un malentendu ?

A. JUPPE.- C'est un malentendu. Les groupes de pression existent, mais la position de l'UMP est très claire : l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une conquête de la droite, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing et de son Premier ministre Jacques Chirac. Elle a profondément modifié la condition de la femme dans la société française. Il n'est pas question de la remettre en cause. Il semble qu'il y ait un vide juridique dans des cas qui ne relèvent absolument pas de l'IVG. Je reconnais qu'il y a une ambiguïté, qu'un problème de responsabilité se pose vis-à-vis du corps médical. Soit on arrive à clarifier le texte comme le souhaite le garde des Sceaux, Dominique Perben, soit il doit être abandonné.

(source http://www.u-m-p.org, le 3 décembre 2003)

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