Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, en réponse à une question d'actualité sur le Conseil européen de Bruxelles des 12 et 13 décembre 2003 consacré à l'examen de la Constitution européenne, à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, en réponse à une question d'actualité sur le Conseil européen de Bruxelles des 12 et 13 décembre 2003 consacré à l'examen de la Constitution européenne, à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2003.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie

ti : Nous en conviendrons tous : le Sommet de Bruxelles fut un rendez-vous manqué, mais l'esprit exigeant de l'Europe a été préservé, et nous sommes tous déterminés à aboutir.

L'Europe a déjà connu de tels revers - rappelons-nous du "chèque britannique", de la difficile adoption du premier "paquet Delors", des marathons agricoles - mais elle a toujours surmonté ces difficultés et continue d'avancer. La Conférence intergouvernementale reprendra sous la présidence irlandaise.

Trois leçons s'imposent après ce Conseil européen. D'abord, il n'y a pas eu de division entre une "ancienne" et une "nouvelle" Europe et c'est une bonne nouvelle. Sur les grands sujets - votes au Conseil, composition de la Commission, champ de la majorité qualifiée - se sont retrouvés d'"anciens" et de "nouveaux", des "petits" et des "grands" pays. La vraie ligne de partage, c'est l'ambition que nous avons pour l'Europe.

En second lieu, le moteur franco-allemand fonctionne. Depuis plus d'un an, les deux pays sont à l'origine de toutes les percées européennes. Vous ne pouvez pas dire que la France n'a pas pris d'initiatives sur l'agriculture, dans le contexte de l'élargissement, sur la Turquie, sur la défense européenne et, - c'est sans doute l'un des grands aboutissements de nos travaux et de nos efforts -, sur la non-prolifération en Iran. Ce sont les propositions françaises et allemandes qui ont servi de référence aux travaux de la Convention. A Bruxelles, la France comme l'Allemagne on clairement marqué, comme la majorité des membres, qu'elles ne voulaient pas d'une Europe au rabais. Vous ne pouvez pas dire que l'égoïsme a motivé notre position sur le pacte de stabilité. Nous avons défendu les nécessités de la croissance. C'est vrai pour la France, pour l'Allemagne, pour l'ensemble de l'Europe.

Enfin, nous devons relever les nouveaux défis de l'Europe élargie : le défi de l'hétérogénéité d'une Europe très diverse, le défi institutionnel afin de tenir compte du nombre accru des Etats, le défi politique du passage d'une "Europe espace" à une "Europe puissance"

Face à ces défis, il faut tout faire pour que l'Europe puisse se doter d'une Constitution. Nous voulons le faire en préservant la flexibilité, la nécessité d'une Europe capable d'avancer chacun selon ses rythmes et donc travailler dans le cadre des coopérations renforcées. C'est bien l'esprit de l'Europe que nous voulons défendre.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 décembre 2003)

Rechercher